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Nwaba : l’ascension fulgurante !

Le 7 janvier dernier, le contrat de David Nwaba est devenu garanti jusqu’à la fin de la saison, une décision justifiée vu les prestations de l’arrière depuis son arrivée sur les bords du Lac Michigan, mais aussi une belle récompense vu le parcours qu’il a connu pour en arriver là ! Le nouveau chouchou du United Center a du s’accrocher pour avoir son opportunité en NBA et surtout pour la conserver.

Malgré des moyennes de 22.3pts et 11.5rbs au Lycée, les recruteurs ne se bousculent pas à sa sortie d’University High, à Los Angeles, peu réputée pour ses programmes sportifs. Ainsi la seule offre qu’il reçoit vient d’Hawaii Pacific University, en Division II. Nwaba pensait mériter mieux mais fini par y aller, vu que personne d’autre ne le contacte. Il reviendra rapidement sur sa décision, estimant qu’il n’a rien à faire en Division II et contacte plusieurs coachs d’équipes évoluant au niveau supérieur pour proposer ses services, sans succès.

Il atterrit finalement à Santa Monica, à 5 mins en voiture de chez ses parents et y passe une saison avant de rejoindre Cal Poly, une équipe qui affronte souvent des Universités bien plus réputées telles qu’Arizona ou Gonzaga. Des matchs qui motivent Nwaba, qui veut prouver qu’il a le niveau pour rivaliser avec les joueurs de ces Universités plus prestigieuses. Déjà à ce moment là il se distingue par son énergie de tout les instants, ses qualités athlétiques et ses talents de slasher. Il commence à se faire un petite réputation mais lorsque son parcours se termine et qu’il n’est invité à aucun Draft Workout, ni dans un roster de Summer League, ni à un Training Camp, il réfléchi à devenir joueur pro en Europe.

Il effectue plusieurs workouts pour des équipes européennes mais les rares offres qu’il reçoit ne lui paraissent pas satisfaisantes : aucune d’entre elle ne propose un salaire supérieur à $700 par mois ! Heureusement le GM des LA D-fenders, l’équipe de G-League affiliée aux Los Angeles Lakers, était présent lors d’un de ces Workouts et lui propose un Tryout. Coby Karl, fils du légendaire coach NBA George Karl et accessoirement coach des D-fenders, lui offre un spot dans l’équipe. Nwaba passe la saison a guetter un appel de la NBA mais au fil des matchs, malgré de bonnes performances, le téléphone ne sonne pas. Même Vander Blue, qui a obtenu des 10 day contracts avec Boston et les Lakers lors des années précédentes, ne reçoit aucun appel. Nwaba commence à désespérer, si bien que quand Karl le convoque dans son bureau mi février 2017, il s’imagine qu’il a été tradé. Mais Karl lui annonce qu’il va tout simplement réaliser son rêve de jouer en NBA : les Los Angeles Lakers lui offrent un contrat de 10 jours !

Bien décidé à ne pas laisser passer cette opportunité, Nwaba donne tout des ses premières secondes sur un parquet NBA, ou il se retrouve en défense sur Kemba Walker. 5 minutes intenses ou le jeune arrière presse le vétéran des Hornets et a la conviction qu’il a le niveau pour jouer dans cette ligue. Son intensité, sa combativité sur chaque rebond, sa défense énergique et quelques Dunks spectaculaires lui permettent de signer un 2ème contrat de 10 jours puis de finalement finir la saison avec le club de sa ville natale. Il y obtient plus de minutes et y montre tout ce qu’on n’apprend pas dans les écoles de Basket, la volonté, la hargne, l’abnégation. Piètre shooteur, Nwaba est par contre un formidable athlète et une boule d’énergie qui semble infatigable. Il termine la saison avec 20 matchs disputés, dont 2 dans le Starting 5, pour des moyennes de 6.0pts 3.2rbs en 19.9mins.

Sa carrière NBA semble lancée, 12 mois après avoir envisagé partir en Europe ou trouver un job normal. Il participe à la Summer League des Lakers puis n’est finalement pas conservé, mais les Bulls, pour une fois, ont flairé le bon coup et se jettent sur Nwaba, qui signe un contrat d’un an partiellement garanti. Désormais Nwaba ne cherche plus avoir une chance, mais à devenir un membre régulier de la rotation. Dés le Training Camp et les premiers matchs de préparation, il montre qu’il a de l’énergie à revendre et compte bien revendiquer des minutes dans une rotation encore à définir. Capable de jouer en 3, son profil de slasher (avec un splendide jeu sans ballon que peu ont dans l’effectif des Bulls), lui permet d’obtenir des minutes, qu’il bonifie à chaque fois. Chaque entrée en jeu est une déferlante entre son activité défensive, des Hustle Plays dans tout les coins du parquet et des cuts au cercle puissants. Il signe un double double à 15pts et 11rbs lors de la première victoire de la saison des Bulls, face à Atlanta, avant d’inscrire 16pts lors du second succès des siens, un Blowout à Orlando. Hélas, lors de la réception des Pelicans, il se tord salement la cheville et restera un bon mois à l’infirmerie, ce qui correspond à la pire période de la saison pour les Bulls et ce n’est peut être pas un hasard (1-11 en son absence).

Il signe son retour avec 9pts et 9rbs dans une défaite d’un point à domicile contre Sacramento, puis la saison des Bulls va véritablement décoller avec le retour de Mirotic une semaine plus tard. Après une série de 10 défaites, les Bulls gagnent 7 fois de suite et surtout affichent un niveau de jeu bien plus impressionnant. Si les excellentes performances de Mirotic, l’insertion dans le 5 et les progrès de Dunn sont les principales raisons de ce renouveau, il ne faut pas oublier Nwaba, qui est un véritable Boost à chaque entrée en jeu. Si Mirotic et Portis apportent les points en sortie de banc, Nwaba apporte d’abord une intelligence et une vivacité défensive, couplée à des mouvements incessants en attaque avec des cuts qu’il peut finir main droite, main gauche, en reverse ou même monter au Dunk, ainsi que de la présence aux rebonds.

Fred Hoiberg n’hésite jamais à l’aligner dans les fins de matchs à la place de Valentine et Nwaba y est souvent déterminant, comme lors du tout dernier match, gagné en 2 OT à New York : Alors que Beasley est le principal danger côté Knicks, Nwaba se retrouve à défendre sur lui et fait rapidement le taf, avec un contre décisif sur le numéro 2 de la Draft 2008 à 22 secondes de la fin du temps réglementaire. « Denzel faisait un super match mais Beasley nous tuait et la meilleure solution était de mettre David sur lui pour le ralentir » expliquait ensuite Hoiberg, qui a maintenu Nwaba sur Beasley pendant les 2 prolongations, ou l’intérieur des Knicks n’a pas scoré et shooté à 0/4, après 10 pts dans le 4ème quart. « Le plus important est de ne pas le laisser avoir la balle trop près du cercle » explique tranquillement l’intéressé. « Il faut le forcer à aller d’un côté et rester droit, ne pas mordre sur les feintes car il sait provoquer le contact et obtenir la faute. Il aime partir sur sa gauche dont je l’ai empêché de faire ça et ça a marché. » Et voilà comment un joueur d’1m93 a pu stopper un scoreur de 2m06 !

Désormais bien installé dans la rotation des Bulls, chouchou du United Center et avec un contrat garanti jusqu’à la fin de la saison, David Nwaba a prouvé aux autres ce qu’il voulait se prouver à lui même : qu’il pouvait évoluer à ce niveau. Il lui reste à progresser ses lancers francs (un piètre 63.4%), ce qui serait une belle arme supplémentaire quand on attaque le cercle aussi souvent, mais ça fait partie de ces choses qui se travaillent et s’apprennent, au contraire de la détermination, de la volonté et la hargne qui font qu’il en est là aujourd’hui : quelqu’un qui vie son rêve.

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