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Artis Gilmore

Artis Gilmore
Né le : 21 Septembre 1949
Taille/Poids : 2m18, 109kg

A l’heure ou le Français Joakim Noah s’impose de plus en plus dans l’histoire des Chicago Bulls par ses performances hors norme et qu’il semble se rapprocher petit à petit du titre officieux de meilleur pivot de l’histoire de la Franchise, cette place reste solidement la propriété d’un certain Artis Gilmore. Artis Gilmore ? Un phénomène. L’un des meilleurs de son époque, un joueur qui aura eu une carrière en tout point remarquable et qui aura marqué les Bulls (et toutes les équipes ou il a joué) de son empreinte. Ne pas voir son maillot retiré par la Franchise de l’Illinois reste une énigme absolue et une nouvelle preuve du manque de reconnaissance légendaire du club envers ses glorieux anciens. Découverte d’un joueur qui aura marqué son époque :

Né à Chipley en Floride, Artis Gilmore a rapidement été au centre des attentions, sa grande taille ne passant pas inaperçu dans son petit patelin de 5000 âmes : En High School, il mesure déjà 1m95 et ne trouvait plus de chaussures à sa pointure (déjà du 48) dans les boutiques du coin, ce qui l’oblige à régulièrement se déplacer pieds nus. Plus attiré par le Foot, on lui conseille de se mettre au Basket et c’est peu dire qu’il en a profité. Dés ses années High School à Gothan dans l’Alabama, sa technique de gaucher et sa mobilité pour sa taille font parler. En 1967, il part à Gardner-Webb, en Caroline du Nord, pour débuter son parcours Universitaire mais après 2 saisons il décide de se rapprocher de sa famille en venant à Jacksonville. Dés sa 1ère saison, il mène les Dolphins jusqu’à la finale NCAA 1970, mais c’est UCLA qui remportera le titre (80-69). Jacksonville ne parviendra pas à retrouver un tel niveau la saison suivante mais Gilmore sait que son avenir professionnel est assuré. Après tout, l’énergumène est l’un des 5 joueurs de l’histoire à signer une carrière NCAA à plus de 20 points et 20 rebonds de moyenne. D’ailleurs ses 22.7 prises par match sont la meilleure moyenne de l’histoire du championnat Universitaire !!

Son avenir est tellement assuré que les clubs se l’arrachent : Lors de la soirée de la Draft en ABA, il est précisé aux équipes que Gilmore est disponible pour chaque franchise dont les finances permettent son acquisition. Seuls les Kentucky Colonels disposent d’assez d’argent et récupèrent le gros lot, lui signant un contrat de 2.5 millions de dollars sur 10 ans, malgré que Gilmore ait également été drafté la même année par … les Chicago Bulls en NBA !!

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Les Kentucky Colonels sortent d’une saison ou ils ont atteint les Finales, s’inclinant au Game 7 face aux Utah Stars et associer Gilmore à Dan Issel, autre intérieur dominant, permet à la franchise d’espérer faire encore mieux. En amical d’avant saison, les Colonels deviennent la 1ère équipe de l’histoire de l’ABA à battre une équipe NBA, triomphant des Baltimore Bullets 111-85. Quelques jours plus tard, nouveau match de pré-saison, cette fois contre les Milwaukee Bucks de Kareem Abdul Jabbar. L’opposition entre les 2 pivots est énorme et observé : plus de 18.000 spectateurs sont présents !! Gilmore signe 18pts, 16rbs, 5 contres tandis qu’Abdul Jabbar inscrit 30pions, prend 20 rebonds et contre 3 tirs pour assurer la victoire des siens, 99-93. Les duels Abdul Jabbar – Gilmore qui suivront en NBA font partie des « classics » de l’époque !

En saison régulière, celui qu’on surnomme « A-Train » ne met pas longtemps à poser son empreinte sur la ligue, terminant à la fois meilleur Rookie et MVP de la ligue !! Il faut dire que ses stats sont éloquentes : 23.8pts à 59.8% (meilleur pourcentage de la ligue), 17.8 prises (meilleur rebondeur de la ligue) et 5.0 contres !! Ses qualités athlétiques hors normes, son sens du rebond, sa mobilité pour attaquer le cercle ou se montrer redoutable défensivement, sa rapidité d’exécution et son aisance poste bas mais surtout sa régularité en font l’une des figures de proue de la ligue, le tout à seulement 22 ans !! Dans son sillage, Kentucky signe le meilleur bilan de l’histoire de l’ABA avec 68 succès pour 16 petites défaites. Leur élimination 4-2 dés le 1er tour des PO face aux New York Nets constitue une incroyable surprise !!

La saison suivante est moins forte en terme de bilan (56-28) mais Kentucky retrouvent les Finales face à l’équipe qui sera son plus féroce rival : les Indiana Pacers. Malgré l’avantage du terrain, les Colonels souffrent et Gilmore doit sortir le grand jeu (29pts/21rbs) sur le parquet d’Indiana pour arracher un G7 à la maison mais ce sont les Pacers qui finissent par remporter le titre 88-81 à Kentucky dans le match décisif. Gilmore signe une saison légèrement plus faible sur le plan statistique (20.8pts à 55.9%, 17.6rbs et 3.1blks). Il signera sa meilleure saison aux rebonds (18.3, une pointe à 40 prises, record historique de l’ABA) et à la passe (3.9) lors de sa 3ème année mais son équipe subit un violent Sweep face aux Nets dés le second tour des PO. Le nouveau coach, Babe McCarthy, est licencié après à peine une saison malgré avoir été élu Coach de l’année. Mais les PO lui ont été fatal et seul le titre intéresse Kentucky.

Dans ce but ils embauchent Hubie Brown pour driver l’équipe et Stan Albeck comme assistant (qui coachera les Bulls lors de la saison 85-86) et on retrouve les Colonels en finales ABA … de nouveau face à Indiana. Sauf que cette fois, Gilmore, Issel et compagnie ne font pas dans la demi mesure et détruisent les Pacers 4 à 1 pour enfin remporter le titre après lequel ils couraient tant et Gilmore est MVP des Finals. Hubie Brown déclare que c’est la meilleure équipe qu’il n’ait jamais coaché et les dirigeants proposent même 1 million de Dollar à la NBA pour organiser un match face à leur champion, les Golden State Warriors, avec en jeu un trophée de meilleure équipe du monde. La NBA et les Warriors refuseront.

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Néanmoins les Colonels et les Warriors s’affronteront bel et bien, mais uniquement lors d’un match de pré-saison en octobre 75 … remporté 93-90 par Kentucky. D’ailleurs lors de cette pré-saison, Kentucky battra 7 équipes NBA en 9 matchs !! Avec la perte d’Issel, le bilan des Colonels est en chute libre (46-38) et l’équipe est éliminée au second tour des PO en 7 matchs par les Denver Nuggets … de Dan Issel !! Il s’agit là du dernier match de l’histoire des Colonels, les difficultés financières de l’ABA les obligent à arrêter les frais et la ligue fusionne avec la NBA lors de l’été 1976. Si des équipes comme les Denver Nuggets, les San Antonio Spurs ou les Indiana Pacers intègrent la ligue, d’autres comme Kentucky cessent tout simplement d’exister.

En 5 saisons d’ABA, Artis Gilmore laisse une marque indélébile : 5 fois All Star (1 fois MVP), 1 titre de champion, MVP de la saison régulière, MVP des finals, Rookie de l’année, 5 fois élu dans le meilleur 5 de la ligue et 4 fois dans le meilleur 5 défensif !! Avec des moyennes de 22.3pts à 55.7%, 17.1rbs, 3.0asts et 3.4blks (meilleur contreur de l’histoire de la ligue avec 1431), beaucoup le considère comme le 2ème meilleur joueur de l’histoire de l’ABA, derrière Julius Erving et devant des légendes telles que Rick Barry ou George Gervin. Autre stat éloquente, il n’a manqué aucune rencontre en 5 saisons de 84 matchs.

Les Chicago Bulls se jettent sur l’occasion et récupèrent enfin ce pivot qu’ils désiraient temps. Il faut dire qu’ils ont tout fait pour l’obtenir. Lors de la fusion entre l’ABA et la NBA, ces derniers ont précisé qu’ils ne souhaitaient accueillir que 4 équipes dans leur ligue. Chicago a fait pression sur la ligue pour que Kentucky ne soit pas parmi ces 4 teams, car si ça avait été le cas, Gilmore serait resté aux Colonels. La Franchise n’ayant pas été choisie par la NBA, les Bulls profitent d’une Draft spéciale pour prendre des joueurs ABA et sélectionnent logiquement Gilmore, lui signant un contrat d’1.1 million de Dollar.

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A Chicago, Gilmore arrive dans une équipe désormais orpheline de Jerry Sloan, qui n’est plus dans l’effectif pour la 1ère fois de l’histoire du club. Il reste néanmoins quelques solides vétérans comme l’autre intérieur Tom Boerwinkle, Norm Van Lier ou encore Bob Love. Dés son 2ème match sous ses nouvelles couleurs il retrouve un vieil ennemi : les Pacers d’Indiana. Mais Gilmore score 25pts et offre un succès aux siens. Un succès bien rare car entre le déclin de Boerwinkle et la grosse blessure de Bob Love qui doit mettre fin à sa saison après 14 matchs, la saison est compliquée avec notamment une série de 11 défaites. Il faudra attendre 28pts de Gilmore à la Nouvelle Orléans pour briser la série et surtout lancer une dynamique positive puisque Chicago gagne 9 des 11 suivants !!

Une série sans lendemain et les défaites s’accumulent de nouveau et lorsque la coupure du All Star Game arrive, les Bulls ne sont pas au mieux (23-32). Mais à la reprise, tout s’inverse !! Emporté par un Gilmore qui a pris les rênes de l’attaque (21 pts de moyenne après le ASG, 18.3 sur la saison), Chicago s’envole et aligne les succès, 21 sur les 27 derniers matchs, avec une pointe à 42 pts pour Gilmore lors du match contre Kansas City qui équilibre le bilan à 35-35. Chicago est la seule équipe de la ligue qui encaisse moins de 100pts par match sur la saison (98.0) et se qualifie finalement pour les Play-offs, mais sont directement éliminés (2-1, 1er tour au meilleur des 3 matchs), par le futur champion, les Portland TrailBlazers, qui s’imposent in extremis au G3 (106-98) malgré les sorties pour 6 fautes de Bill Walton et Maurice Lucas. Gilmore termine la saison 4ème rebondeur (13.0) et contreur (2.5) de la ligue et a prouvé que la transition de l’ABA et la NBA n’était pas impossible. D’ailleurs 10 des sélectionnés au ASG cette année là arrivaient d’ABA. A quasi 28 ans, Gilmore a encore de belles années à offrir …

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Ce ne sera pas vraiment le cas des Bulls, qui échoueront 3 ans de suite dans la quête des Play-offs, malgré l’arrivée sur le banc de Jerry Sloan lors de la saison 1979/80 et les Drafts de l’arrière Reggie Theus en 78 (Pick 9) et l’ailier fort Dave Greenwood en 79 (Pick 2). Pendant ces 3 saisons, Gilmore est devenu le véritable patron de l’équipe avec toujours ce subtile mélange de force et de mobilité, d’adresse et d’efficacité (jamais en dessous de 55% d’adresse), sa présence défensive, ses qualités de finisseur près du cercle, son hook main gauche … Il est nommé en All Defensive 2nd Team en 78 et participe aux All Star Games de 78 et 79. Pour la 1ère fois de sa carrière, il connait une blessure au genou au début de la saison 79/80 et loupe 34 matchs, brisant une série de 670 rencontres jouées à la suite depuis ses débuts en ABA !! Lors de ces 3 saisons de disette pour les Bulls, Artis Gilmore a tourné à 22.0pts et 12.0rbs.

La saison 80/81 semble partir sur les mêmes bases assez faiblardes (11-16 après le traditionnel West Road Trip de fin novembre) mais à partir de la mi-décembre les choses vont s’accélérer et Chicago va gagner ses 6 derniers matchs de l’année 1980 avant qu’une autre série de 7 victoires mi-janvier / début février ne leur offre un bilan positif (28-27) mais c’est surtout la série de fin de saison qui est probante : 13-2 dont 7 victoires à l’extérieur !! Une série qui porte leur bilan à 45-37 et les qualifie en PO. Chicago crée la surprise en battant les Knicks au Madison Square Garden au G1 avant d’assure le sweep 2-0 à Chicago devant 19.900 spectateurs !! Ce match 2 a été remporté en prolongation (115-114) avec 37pts de Theus et 25 de Gilmore, mais par la suite, les Bulls ne pourront rien faire face aux terribles Boston Celtics (sweep 4-0), qui remporteront le titre quelques semaines plus tard. Encore une fois Gilmore n’a pas démérité, signant une saison à 17.9pts, 10.1rbs et 2.3blks mais surtout une pourcentage aux tirs de 67.0%, la 3ème meilleur marque de l’histoire de la ligue !!

C’est d’ailleurs la 1ère de 4 années consécutives ou il va dominer la NBA en terme d’adresse, à chaque fois au dessus de 62%. En 1982, à la sortie d’une nouvelle saison de haute volée sur le plan personnel (18.5pts à 65.2%, 10.2rbs, 2.7blks, nouvelle présence au ASG) mais pauvre sur le plan collectif (34-48, 3 coachs qui se succèdent sur le banc, nouvelle absence des PO), il demande à être transféré dans une équipe ayant un meilleur standing. Les Bulls, qui pensent qu’à 32 ans Gilmore va entamer son déclin, ne s’opposent pas à la volonté du joueur et il est envoyé à San Antonio en échange de Dave Corzine, Mark Olberding et de l’argent. Les Spurs, menés par George Gervin (tiens, tiens), Gene Banks et Mike Dunleavy, atteignent les finales de conférence mais chutent 4-2 face aux Lakers malgré de beaux duels entre Gilmore et Abdul Jabbar, comme à chaque fois qu’ils se rencontrent.

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Gilmore continuera d’aligner les stats de très haute volée lors des saisons suivantes, mais les Spurs sont sur un déclin plus prononcé que le sien, ne se qualifiant que 2 fois en PO en 4 ans pour 2 éliminations rapides. A 36 ans, il participe au All Star Game 86, son dernier, alors qu’il est dans la seconde saison de sa carrière qu’il ne conclu par en double double de moyenne (l’autre étant celle ou il manque 34 matchs pour sa blessure au genou) !! La saison 86/87 est celle ou son déclin est le plus évident. Logiquement, à 37 ans et des articulations qui grince, ça commence à faire beaucoup. Il ne tourne « plus qu’a » 11.4pts (59.7%), 7.1rbs et 1.2blk, ce qui reste très fort pour son age, d’autant que pour la 12ème fois de sa carrière, il dispute tout les matchs de la saison.

En fin de contrat, il signe de nouveau à Chicago et évolue quelques matchs aux côtés de Michael Jordan et 2 Rookies prometteurs : Scottie Pippen et Horace Grant !! Titulaire mais clairement mal en point (1 seul match à plus de 10pts avec 13 unités contre Washington, aucun match à plus de 9 rbs), il est coupé après 24 matchs. Boston le récupère jusqu’à la fin de la saison et en fait la doublure de Robert Parish. C’est sa dernière opportunité d’enfin remporter un titre NBA, mais les Celtics échouent face à Detroit en finale de Conférence. Il annonce sa retraite après l’élimination.

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Il disputera néanmoins une saison dans le championnat Italien, au Bologne Arimo, ou il jouera le All Star Game (à 39 ans) et signera une saison plus que correcte avec 12.3pts et 11.0rbs pour un dernier baroud d’honneur avant de définitivement raccrocher.

Artis Gilmore conclut donc une carrière professionnelle fabuleuse de 19 saisons entre ABA, NBA et Lega Italienne, une longévité hors du commun pour ce personnage toujours discret, qui ne donne jamais dans la polémique inutile et souvent accusé de laxisme vis à vis des autres grands pivots de sa génération, même s’il s’en défend bien entendu : « Le gars le plus grand reçoit toujours l’essentiel des critiques parce qu’il sort du lot. J’ai tout donné tout les soirs mais je n’ai jamais rien pu faire tout seul. Parfois même si toute l’équipe donne tout, ça ne suffit pas face à des équipes plus fortes. »

Il retournera vivre à Jacksonville ou il s’est beaucoup impliqué dans la communauté puis trouvera un poste dans son ancienne Université pour gérer les relations avec le public.

Ses Stats en carrière sont faramineuses :

ABA :
Matchs : 420
Pts : 9362
% d’adresse : 55.7% (3671/6588)
Rbs : 7169
Blks : 1431 (Record de l’ABA)

NBA :
Match : 909
Pts : 15579
% d’adresse : 59.9% (5732/9570, meilleur pourcentage d’adresse de l’histoire de la NBA)
Rbs : 6522
Blks : 1747 (dont 1029 aux Bulls, record de la Franchise)

5 fois All Star ABA dont 1 fois MVP, 6 fois All Star NBA, 1 titre ABA (MVP des Finals), MVP de la saison régulière en ABA, Rookie de l’année en ABA, 4 fois ABA Defensive 1st Team.

Une carrière de légende, récompensée plus que logiquement par une intronisation au Hall Of Fame du BasketBall en 2011.

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Vidéos Bonus :

Quelques highlights avec les Bulls et les Spurs : http://www.youtube.com/watch?v=M5EUU9UZWCc

Un énorme poster sur Kareem Abdul Jabbar : http://www.youtube.com/watch?v=zBFpWJAiAI4

Son speech au Hall Of Fame : http://www.youtube.com/watch?v=N7gJPFnDS4Q

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