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Bob Love

Bob Love
Né le : 8 Décembre 1942
Taille/Poids : 2m03, 98kg

Dans l’imaginaire collectif, les Chicago Bulls, c’est Michael Jordan, Scottie Pippen, Phil Jackson et les 6 titres des années 90. Mais avant ça, les Bulls, c’était Bob Love !! Bob Love, c’est MJ avant MJ, les titres en moins. Une machine à scorer, un Ailier Fort gracieux avec un shoot dévastateur, un joueur vedette qui aura largement contribué à placer les Bulls sur la carte de la NBA, devenant le détenteur de nombreux records que seuls les 2 joueurs cités plus haut feront tomber avec les années. Portrait d’un joueur d’une efficacité qui n’avait d’égal que sa discrétion et qui a pris une belle revanche sur la vie.

Robert Earl « Butterbean » Love voit le jour le 8 décembre 1942 en Louisiane et passe son enfance dans une ferme, élevé par ses grands-parents avec ses 13 frères et soeurs. Dés son plus jeune age il souffre d’un bégaiement très prononcé qui l’empêche presque d’aligner 2 mots, ce qui aura pour conséquence d’en faire quelqu’un de très discret et effacé, ne souhaitant pas que ça se sache trop. Passionné par le Football, il se dit que devenir célèbre par le sport lui permettrait de mieux faire accepter ses difficultés pour parler et fait ses débuts dans le sport en tant que Quarterback, battant tout les records de son lycée à la passe et décrochant ainsi sa bourse sportive pour Southern University. Une fois la bas, et alors qu’il dépasse déjà les 2 mètres, il décide de passer au BasketBall et cartonne au point de se présenter confiant à la Draft NBA 1965, malgré un vécu Basket assez restreint jusqu’ici. Il est sélectionné avec le 33ème choix (4ème tour) par les Cincinnati Royals mais n’est pas retenu dans le Roster final pour la saison régulière.

Il va alors passer la saison 65/66 aux Trenton Colonials en Eastern BasketBall League, ligue pro qui sert officieusement d’antichambre à la NBA et l’ABA, un peu comme la D-League aujourd’hui. En une saison la bas, il tourne à 25pts de moyenne et est élu Rookie de l’année. De quoi lui donner assez de confiance pour de nouveau tenter sa chance à Cincinnati, et cette fois il est retenu dans l’équipe, devenant le back-up au poste d’Ailier Fort d’un certain Jerry Lucas, qui tourne à plus de 20pts / 20rbs par saison !! Avec Oscar Robertson pour diriger l’équipe et Lucas et point d’encrage intérieur, les Royals ne parviennent pourtant pas à décoller, se faisant sortir aux 1er tour par les 76ers en 1967 puis loupant carrément les PO en 68. Lors de ces 2 saisons, Love joue peu, à peine 15 minutes par matchs, mais se montre plutôt productif avec des moyennes de 6.6pts et 3.5rbs.

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Pas de quoi impressionner Cincinnati et lorsque la Franchise doit sélectionner un joueur de son équipe qui peut être choisi par les Milwaukee Bucks via une Expansion Draft, ils n’hésitent pas longtemps à mettre Love sur la liste. Les Bucks prennent donc Love mais là non plus la greffe ne prend pas et après à peine 14 matchs, il est envoyé avec Bob Weiss aux Chicago Bulls en échange du meneur Flynn Robinson. Love y fini la saison mais là encore il peine à s’imposer, ne jouant que 9 minutes par matchs en relais d’un autre Bob, Bob Boozer, le titulaire du poste et All Star la saison précédente. Néanmoins, Dick Motta, le Coach des Bulls, fonde de gros espoirs en lui et est sous le charme de ce joueur versatile, délié, longiligne, qui parvient à se frayer aisément un chemin jusqu’au cercle par sa vitesse et sa capacité à finir les actions main droite ou main gauche. Le tout sans oublier de défendre dur de l’autre côté, une marque de fabrique de ces Bulls, avec des Sloan, Van Lier et Boerwinkle en tête de gondole.

Du coup, Motta trade Bob Boozer à Seattle et impose Love dans son Starting 5. Dés le 3ème match de la saison, Boozer affronte ses anciens partenaires et Love le domine, provoquant sans cesse pour obtenir la sortie de Boozer pour 6 fautes. En Prolongation, Chicago remporte son 1er match de la saison mais peine à décoller malgré les performances énormes de Love, qui forme avec Chet Walker un duo d’Ailiers diabolique capable de scorer à l’envie. Les 2 tournent à plus de 20 pts par matchs et malgré quelques cartons les succès sont peu nombreux. Ce n’est qu’en fin de saison que l’alchimie se met en place et les Bulls signent 7 victoires sur les 9 derniers matchs pour se qualifier In Extremis en PO, avec une pointe à 47pts pour Love face à … Milwaukee. L’aventure des Play-Offs tourne court car Atlanta est largement supérieur et remporte les 3 premiers matchs. Seul une pointe à 39 pts de Chet Walker au G4 évite le Sweep mais les Hawks s’imposent 4-1 sans grands soucis, cependant Bob Love a prouvé à Dick Motta qu’il avait raison de lui faire confiance : une saison à 21.0pts à 46.6%, 8.7rbs, soit +15.9pts, +5% et +6.2rbs par rapport à la saison précédente !!

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Dés lors, Bob Love fait partie à 28 ans des joueurs de base de Chicago. il devient le leader offensif de la franchise, prenant plus de 20 tirs par matchs et alignant les cartons (42pts à Baltimore, 39 vs Atlanta, 36 vs Portland, 37 vs Philadelphie …). Sa palette offensive est riche : sky hook main droite, main gauche, jumper sur les ailes, feintes diverses … sa rapidité et sa capacité à s’éloigner du cercle (rare pour un poste 4 à l’époque de shooter à plus de 3 mètres) compensent son manque de puissance face à des vis à vis régulièrement plus costauds que lui. Ses 40 pions au Madison Square Garden début février lui permettent d’obtenir sa place au All Star Game 2 semaines plus tard, ou il inscrit 16pts en 21mins !! Il finit la saison à 25.2pts et 8.5rbs de moyenne ainsi qu’une nomination dans la All NBA Second Team et Chicago cartonne, signant la 1ère saison de son histoire à 50 victoires (51-31) mais finissent 2ème de leur Division, ce qui explique pourquoi ils n’ont pas l’avantage du terrain face aux Lakers malgré un moins bon bilan. Surprise, Los Angeles gagne les 2 premiers matchs à LA malgré 34pts de Love au G2. Il prendra sa revanche au G4 avec 36pts pour égaliser à 2-2. La série ira jusqu’au Game 7 à LA mais ce sont ces derniers qui se qualifient (109-98) et mettent fin aux espoirs des Bulls.

La saison suivante est quasi similaire avec Bob Love qui cartonne (25.8pts, une 2ème sélection au All Star Game et une nouvelle nomination en All NBA 2nd Team) et des Bulls au dessus des 50 victoires (57-25) et nouvelle série face aux Lakers pour débuter les PO … mais cette fois les Angelinos sweepent Chicago à la surprise générale. Cet affrontement Bulls/Lakers devient une rivalité intense et un classique de la NBA de l’époque. Après une nouvelle grosse saison des Bulls (51-31) et de Bob Love (3ème fois All Star, 23.1pts de moyenne, 3 matchs de suite à 49, 49 et 44pts), un nouvel affrontement entre les 2 franchises a lieu au 1er tour des PO 1973. Une nouvelle fois la série va jusqu’au G7 avec un scénario similaire à la série de 71 : l’équipe qui joue a domicile l’emporte !! G7 à LA donc, et les Lakers sortent les Bulls pour la 3ème année de suite, 95-92 avec un 23-14 dans le dernier quart malgré 28pts de Norm Van Lier.

Le quatuor Love, Walker, Sloan, Van Lier n’en a néanmoins pas fini et continue de penser qu’ils peuvent faire mieux, tout comme Dick Motta et les dirigeants, qui décident de continuer l’aventure avec ce groupe. Une bonne décision puisque Chicago continue de sortir des saisons régulières de haut niveau (54-28 en 73/74, 4ème année de suite à plus de 50 victoires) et si cette fois Bob Love manque le All Star Game malgré 21.8pts et une défense toujours aussi acharnée (3ème nomination de suite dans la All Defensive Second Team), au moins les Bulls sont récompensés collectivement puisque pour la 1ère fois de leur histoire, les Chicago Bulls remportent une série de Play-Offs !! C’est Detroit qui fera office de 1ère victime historique, malgré une belle résistance puisqu’il faudra 7 matchs pour départager les 2 formations. Bob Love tourne à 23.7pts sur la série, avec 38 pts au G2, mais au tour suivant, les Bulls ne pourront rien face à Milwaukee et son duo légendaire Oscar Robertson / Kareem Abdul Jabbar. Malgré 30 et 32pts de Love aux Games 3 et 4 à la maison, rien n’y fait, c’est un sweep qui met fin à la saison des Bulls.

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Cette saison plutôt réussie donne de l’appétit et de l’ambition à Chicago, qui veut cette fois atteindre les Finals. Jerry Sloan et Bob Love dépassent tout les 2 les 10.000pts sous le maillot des Bulls cette année là et malgré une saison régulière moins tranchante (47-35), les Bulls remportent pour la 1ère fois leur division et arrivent en PO avec confiance et détermination. Face aux Kansas City/Omaha Kings, Love surclasse tout le monde et fait feu de tout bois : 38pts en ouverture, 31 au G3, 34 au G4 et 30 au G5 pour une qualification 4-2 et pile 30pts de moyenne sur la série pour « Butterbean ». Au second tour, il continue son festival avec 37pts au G1 à Golden State (17/17 aux lancés) pour une victoire improbable. Les Bulls vont mener 3-2 dans la série et peuvent accéder aux NBA Finals en cas de succès au G6 au Chicago Stadium, qui est rempli pour l’occasion (19.594 personnes). Hélas, les 36pts de Rick Barry arrachent un G7 à Golden State et les Warriors ne laissent pas échapper cette opportunité. Ils se qualifient pour les Finals dans un match serré et ultra défensif (83-79), où la encore Chicago s’écroule dans le dernier quart (24-14) après un incroyable coup du sort dans le 3ème quart : L’arbitre siffle un passage en force à Norm Van Lier, qui vient se plaindre mais ne réalise par que Sloan est entré sur le parquet pour le remplacer. Les Warriors font la remise en jeu avec 6 Bulls sur le parquet et les arbitres sifflent une technique et donc donnent un lancé à Golden State, ce sera le tournant du match …

Cette défaite aura un impact terrible sur les Bulls, qui vont imploser la saison suivante. Chet Walke rprend sa retraite, Jerry Sloan ne joue que 22 matchs à cause d’une grave blessure et on sent la fin de cycle. Chicago passe de 47-35 à 24-58 et loupe très largement les Play-offs après être passé à quelques minutes des NBA Finals 1 an plus tôt … Sloan prendra sa retraite à la fin de la saison, tandis que Dick Motta sera viré et malgré un Love encore précieux à 33ans (19.1pts, 6.7rbs), tout est à reconstruire. C’est la fin d’une belle époque à Chicago …

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L’ambition revient vite avec la signature d’Artis Gilmore, mégastar transfuge de la défunte ABA, mais Love fait une mauvaise chute à un entraînement et se blesse au dos et aux genoux. Son rendement n’est clairement plus aussi conséquent et les Bulls finissent par l’envoyer aux New York Nets contre un second tour de Draft. Love ne restera que 2 mois à New York avant d’être coupé mi-janvier et de signer à Seattle ou il finira la saison, la dernière de sa carrière, sans faire de bruit. Usé physiquement, il prendra à 34 ans une retraite bien mérité après une carrière ou il aura surtout laissé sa trace chez les Chicago Bulls, étant à l’époque le meilleur scoreur de l’histoire du club avec 12623 points, 1er aux lancés francs inscrits (2727) et 3ème rebondeur avec 3998 prises !!

Pourtant, après sa retraite des parquets, les choses ne vont pas aller fort. Lourdement handicapé par ses blessures, il se voit annoncer par les médecins qu’il pourrait bien ne plus jamais pouvoir marcher !! Sa femme décide alors de le quitter, ne voulant pas vivre « avec un handicapé qui bégaye » lui lance t’elle. En effet, son fort bégaiement, qui lui a déjà valu un sacré manque de reconnaissance lors de sa carrière, l’empêche de véritablement trouver du travail et il restera 7 longues années au chômage. On le retrouvera en train de faire la plonge et nettoyer les tables dans un restaurant de Seattle pour 4$45 de l’heure. Régulièrement il entend des clients dans son dos, et même des joueurs des Sonics ou d’autres joueurs de passage, se remémorer ses exploits de Basketteur, comme pour mieux constater la déchéance qu’est devenu Love …

Tout va changer lorsque son patron décide au bout de plusieurs années de lui payer des thérapies visant à améliorer sa diction. Et là, miracle, tout se passe à merveille, le travail fini par payer et Love, qui n’avait jamais aligné 3 mots sans bégayer, enchaîne des phrases entières comme lorsqu’il enchaînait les paniers quelques années plus tôt !! Sa timidité légendaire n’est plus et Love revit. Au point de devenir, en 1993, Directeur des relations avec la Communauté pour les Chicago Bulls, avec qui il est toujours resté en contact et ou il est resté très populaire auprès des fans. Régulièrement il se rend dans des écoles pour parler aux jeunes élèves de son parcours et de sa transformation, leur faisant comprendre qu’il ne faut jamais baisser les bras et que tout est possible. Il va également dans des entreprises en tant que « motivational speaker ».

Le 19 janvier 1994, son numéro 10 devient le 2ème numéro retiré par la Franchise de l’Illinois après le numéro 4 de Jerry Sloan. Mieux, le 8 décembre 1995, jour de ses 53 ans, Bob Love se marie … à la mi-temps d’un Bulls / Spurs au United Center !! Comme un symbole d’une vie qu’il aura su reprendre par le bon bout pour retrouver des sommets qu’il n’aurait jamais du quitter. En 1999, il publie même un livre retraçant son histoire, et quelle histoire !!

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Stats NBA (entre parenthèses, ses stats à Chicago) :

Matchs : 789 (592)
Points : 13895 (12623)
Rebonds : 4653 (3998)

Distinctions individuelles :

EBL Rookie of the year
3x NBA All Star
3x Élu dans la All NBA Second Team
2x Élu dans la All Defensive Second team

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