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John Paxson

John Paxson
Né le : 29 Septembre 1960
Taille / Poids : 1m88, 84kg

Tour à tour joueur, assistant coach, commentateur radio, General Manager puis Vice président des opérations Basket, John Paxson est un nom incontournable de la franchise de l’Illinois sur ces 30 dernières années. Une présence continue qui pourrait presque lui valoir le surnom officieux de « Mister Chicago Bulls 2.0 », le premier étant et restera Jerry Sloan. Les bas-fonds, les titres, les reconstructions, retour sur le parcours d’un joueur qui aura absolument tout connu avec les Bulls et qui pourrait ce soir encore faire bouger les choses !!

John Paxson naît le 29 septembre 1960 à Dayton dans l’Ohio. Son père Jim vient de mettre un terme à sa carrière à 25 ans seulement après 2 ans en NBA, mais il apprend rapidement les rudiments du BasketBall à John et son grand frère Jim, de 3 ans son aîné. Les 2 passent leur enfance à se défier encore et encore sur les playgrounds, se forgeant en même temps un caractère bien trempé. Ils ont le même rêve d’un jour s’affronter sur les parquets NBA et Jim y a déjà fait ses débuts, avec Portland, lorsque John démarre son cursus Universitaire à Notre Dame dans l’Indiana.

Juste avant ça il a participé au tout premier McDonald’s All American game, en compagnie de joueur tels qu’Isiah Thomas, James Worthy et Byron Scott !! Considéré comme l’un des meilleurs du pays sur les postes arrières à sa sortie du Lycée, Paxson peine pourtant lors de sa 1ère année Universitaire, n’affichant qu’un faible 4.6pts en 17 mins. Mais le garçon est un fou de travail, ainsi qu’un teigneux et il ne lâche rien, bosse sans relâche et progresse saison après saison (9.9pts à 51.8% sa 2ème année, puis 16.4pts à 53.5%, jusqu’à 17.7pts à 53.3% lors de sa dernière année), ou il décroche aussi son diplôme en Business Administration. En 4 ans il aura emmené 2 fois son équipe à la March Madness et finira avec 12.2pts à 52.6% aux tirs.

Lorsqu’il se présente à la Draft 1983, il espère être choisi par les Blazers en 14ème choix, afin d’y rejoindre son frère, mais Portland jettera son dévolu sur un certain Clyde Drexler. Ce sont finalement les San Antonio Spurs qui choisiront Paxson avec le 19ème pick. Dans le Texas, barré par John Lucas (10.9pts, 10.7asts en 83/84) et Johnny Moore, le jeune Paxson peine à trouver sa place et n’apparait que sporadiquement lors de son année Rookie, à peine 9 mins par matchs quand on veut bien le laisser se dégourdir les jambes (49 matchs). A son année sophomore, il bénéficie du départ de John Lucas pour obtenir plus de temps de jeu et surtout jouer plus régulièrement (78 matchs) pour une saison à 6.2pts et 2.8asts, puis 10.2pts et 4.2asts en 5 matchs de PO. Pas de quoi convaincre les dirigeants des Spurs de conserver le meneur, qui devient Free Agent.

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Chicago flaire le bon coup et l’engage pour en faire la doublure de Kyce Macy. Si la saison des Bulls prend une tournure délicate avec la blessure au pied de Michael Jordan à Golden State, Paxson prend ses marques et se montre efficace en relai de Macy, grâce à son adresse, sa capacité à se faire oublier pour ensuite dégainer tranquillement, et sa défense. Il deviendra titulaire lors des 3 derniers matchs de la saison, signant une pointe à 23pts à 9/13 et 9asts contre Washington. En PO face à Boston, si tout le monde se souvient du légendaire G2 avec les 63pts de Jordan, Paxson signe une splendide perf au G3 à Chicago (23pts à 6/10 et 11/15 aux lancés), mais les Bulls seront balayés par les Celtics.

Lors de la saison suivante, John Paxson devient le titulaire du poste de meneur et forme le Backcourt avec Michael Jordan. Si son début de saison est parfois poussif, il progresse au fil des semaines et emmagasine de la confiance, notamment après un splendide match à Seattle (24pts, 6rbs, 6asts, 5stls). En plus de sa défense, il devient un menace de plus en plus crédible à 3pts et les enchaîne au fil de la saison : 4/6 à New Jersey, 3/3 vs Detroit et à Sacramento ou encore 2/4 contre Boston, 3/5 contre les Knicks ou 3/6 à Philadelphie. Au final il signe la meilleure saison de sa carrière avec, en 82 matchs joués, des moyennes de 11.3pts à 48.7% dont 37.1% à 3pts, 5.7asts. Chicago est encore une fois sweepé par Boston mais la progression de Paxson est motif d’espoir … Sauf qu’en cours de saison suivante, Paxson se fait piquer sa place de titulaire par Sam Vincent, arrivé dans l’équipe fin février via trade. Pendant 1 an 1/2 Vincent occupera la place de starter de l’équipe et les résultats de l’équipe (1/2 finale puis finale de conférence en 88 puis en 89) donnent raison au coach.

Au final Sam Vincent sera sélectionné par la toute nouvelle franchise du Magic d’Orlando lors de l’Expansion Draft de 89. Du coup Paxson redevient le titulaire de Bulls de plus en plus ambitieux aux côtés d’un Jordan déjà megastar et de jeunes pousses prometteuses telles que Scottie Pippen et Horace Grant. Il score ce qui est alors son Career High avec 27pts à Utah et prend le Rookie BJ Armstrong sous son aile. Avec son caractère bien trempé et son leadership, il en impose et devient l’un des principaux taulier du vestiaire. Il faut au moins ça pour exister aux côtés de Jordan. Il signe une saison de très bon niveau (10.0pts à 51.6%, 35.9% à 3pts, 4.1asts) et n’est pas étranger à la bonne marche de l’équipe, qui fini à pas grand chose des premières NBA Finals de l’histoire de la Franchise, encore battus par les Pistons en finales de Conférence.

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Pendant les 3 dernières saisons, à chaque fois les Bulls ont buté sur les Detroit Pistons, au terme de matchs physiques, accrochés, remplis de coups bas et de coups, tout court. Paxson est de ceux qui n’hésitent pas à répondre au défi physique et résiste du mieux qu’il peut à Isiah Thomas. Lorsque les Bulls finissent enfin par se débarrasser des Pistons en Finales de Conférence 91, c’est un véritable soulagement et il fait partie des joueurs qui diront que c’était pratiquement comme gagner le titre !! Mais pour ça, reste encore à battre les Los Angeles Lakers de Magic Johnson. Un match-up compliqué pour Paxson, Magic étant trop grand, trop rapide, trop fort pour qu’il puisse le contenir. L’une des clés de la série sera l’ajustement défensif fait par Phil Jackson, qui met Scottie Pippen en défense sur Magic. Mais Paxson aura malgré tout un énorme influence sur le résultat final : Game 5 Forum d’Inglewood, Chicago serait champion en cas de succès mais LA mène à 6 mins de la fin. Phil Jackson prend un temps mort et questionne Jordan : « Quand tu subis des prises à 2, tu sais qui est démarqué ? » « Pax » répond MJ. « File lui la balle alors » répond le Zen Master. Aussitôt dit, aussitôt fait, Paxson enchaîne les jumpers gagnant et crucifie LA, terminant le match avec 20 points et une victoire 108-101 qui offre le 1er titre NBA de son histoire aux Bulls de Chicago !!

C’est le début d’une ère exceptionnelle pour la franchise. Michael Jordan et Scottie Pippen sont les figures du proue d’une équipe qui détruit tout sur son passage, avec des joueurs de devoir comme Horace Grant, John Paxson, Bill Cartwright ou le jeune meneur remplaçant BJ Armstrong. Mais plus remplaçant pour bien longtemps, car si Paxson reste le starter lors de la saison 91/92, conclue par un 2ème titre consécutif pour les Bulls en battant Portland, BJ Armstrong prend le pouvoir à l’entame de l’exercice 92/93, Phil Jackson préférant le style plus percutant d’Armstrong, qui frappait déjà à la porte les saisons précédentes. Pas de quoi décourager ou miner Pax qui, à 32 ans, sait qu’il a déjà fait l’essentiel de sa carrière … mais il en a encore sous le coude et va le prouver. Il tourne à 46.3% à 3pts, sa meilleure saison à ce niveau et reste une menace constante pour qui oublierait de le marquer de près. En PO, il inscrit 14pts au G3 des finales de conférence contre les Knicks, pour aider à obtenir le 1er succès de la série. Chicago se qualifie finalement et affronte les Suns de Phoenix de Charles Barkley. La bataille est rude et malgré un Jordan à 41 pts de moyenne sur la série, les Suns s’accrochent et arrachent un Game 6 chez eux.

On rentre dans la dernière minute de jeu de ce G6 et Phoenix mène de 4 pts lorsque Jordan intercepte un ballon et file inscrire un lay-up. Dan Majerle envoie un air ball et les Bulls prennent un temps mort. 14.4 secondes à jouer, Jordan, qui a inscrit tout les pts de Chicago dans ce dernier quart, remonte la balle et trouve Pippen tête de raquette, ce dernier pénètre et décale Horace Grant près du cercle, qui voit la prise à 2 venir et ressort pour Paxson, totalement seul derrière la ligne à 3pts. Son tir fait mouche, mettant les Bulls devant à 3.9secs de la fin (99-98) et faisant hurler à George Eddy l’une de ses phrases les plus célèbre : « 3 POINTS POUR UN TITRE, DE JOHN PAXSOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON » !!

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Les Bulls réalisent le Three-Peat et deviennent l’une des équipes les plus légendaires de la NBA. Personne à l’époque ne voit une équipe capable de les arrêter, mais quelques semaines après ce 3ème titre, Michael Jordan annonce sa retraite des parquets, très touché moralement par le décès de son père, assassiné sur une aire d’autoroute en Caroline du Nord. Chicago reste néanmoins une équipe de très haut niveau avec Pippen qui prend les rênes de l’équipe et l’arrivée de Toni Kukoc. John Paxson lui, est sur la fin. Blessé à plusieurs reprises, il jouera son 1er match de la saison mi janvier et ne parviendra jamais à retrouver le rythme, ne signant qu’un match à 10pts et n’inscrivant que 6pts sur l’ensemble des PO, tous dans le même match, face aux Knicks au G4. Après l’élimination, il annonce sa retraite, après 645 matchs sous le maillot des Bulls, 5ème all time de ce classement (seul Kirk Hinrich l’a dépassé depuis, avec 647).

Après une année sabbatique pour rester avec sa famille, il devient assistant coach de Phil Jackson pour la saison 95/96. Michael Jordan est de retour sur les parquets, les Bulls engagent Dennis Rodman et remportent de nouveau le titre NBA, mais Paxson met vite un terme à l’expérience « J’ai réalisé à quel point c’était usant d’être assistant coach, c’est un boulot monstre, on n’a presque pas de temps pour la famille et moi ça ne me convient pas trop donc j’ai décidé d’arrêter. » dira t’il. Quand Michael Jordan devient président des opérations Basket des Washington Wizards en 2000, il appelle Paxson pour lui offrir le poste de coach mais il refusera pour les mêmes raisons.

Du coup Paxson devient commentateur radio pour les Bulls en compagnie de Neil Funk, qui est aujourd’hui commentateur télé avec Stacey King, autre vainqueur des 3 premiers titres des Bulls. Pendant plusieurs années il décrypte et analyse le jeu des Bulls pour la radio locale. Les titres de 97 et 98, la terrible saison 99, la reconstruction petit à petit de la franchise, Paxson aura tout vécu de très près. Si bien que quand Jerry Krause fini par quitter Chicago en avril 2003, c’est Paxson qui devient le nouveau GM de la franchise.

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Les Bulls sont une équipe jeune qui tente petit à petit de retrouver des jours glorieux, mais à peine 2 mois après la nomination de Paxson, il doit faire face à un sacré problème. Jay Williams, le meneur de l’équipe qui a signé une année Rookie relativement correcte, est victime d’un accident de moto très sévère et est presque déclaré perdu pour le Basket. Lors de la Draft quelques semaines plus tard, Paxson va sélectionner Kirk Hinrich avec le pick 7, un joueur dont le profil n’est pas sans rappeler Paxson d’ailleurs. Désireux d’amener un peu d’expérience au groupe, il signe les FA Scottie Pippen et Kendall Gill mais le début de saison est poussif, trop au goût du nouveau GM, qui n’hésite pas à trancher sec : exit Jalen Rose, meilleur scoreur des Bulls depuis son arrivée un an et demi plus tôt et Donyell Marshall, envoyés à Toronto contre Antonio Davis, Chris Jefferies et Jerome Williams !! Un message fort pour bien faire comprendre que personne n’est intouchable. Nouvelle preuve avec le renvoi quelques semaines plus tard de Bill Cartwright, le coach et son ancien partenaire lors du 1er Three-Peat de la Franchise !! Scott Skiles débarque dans l’Illinois mais le mal est fait sur cette saison, ou Chicago finira à 23-59 alors qu’ils étaient à 30-52 la saison précédente. Dire que Paxson annonçait un retour en PO …

Mais la saison suivante Paxson va profondément changer le visage de l’équipe, faisant de la Draft sa spécialité. Lors de l’édition 2004, il repart avec Ben Gordon, Chris Duhon et Luol Deng, rien que ça !! Il signe ensuite l’Argentin Andrès Nocioni en provenance d’Espagne et cette équipe qui sera surnommé les « Baby Bulls » va beaucoup faire parler d’elle, débutant la saison par un 0-9 mais enchaînant les belles perfs par la suite pour se qualifier pour les premiers PO de la franchise depuis le titre de 1998, et avec l’avantage du terrain qui plus est !! Hélas le manque d’expérience (et les absences sur toute la série de Deng et Eddy Curry) vont être fatals à Chicago, qui gagne les 2 premiers matchs mais perd les 4 suivants face à Washington. Si Curry est absent, c’est à cause d’un problème cardiaque décelé quelques semaines avant les PO et Paxson décide de ne prendre aucun risque avec la santé du joueur. Au final, après un été à lui faire passer des examens et pas convaincu, il l’envoie à New York dans un trade.

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Mais l’ambition renaît sur les bords du Lac Michigan et Chicago, qui recrute à prix d’or Ben Wallace des Pistons et retourne en PO lors des 2 saisons suivantes, se qualifiant même pour le second tour en 2007 après un Sweep sur le Miami Heat, champion en titre, avant de sombrer contre les Pistons (4-2). La progression est linéaire au fil des ans mais la saison 2007/2008 sera catastrophique avec des querelles internes, les polémiques entre Ben Wallace et le Rookie Joakim Noah, des blessures importantes dans l’effectif, Scott Skiles viré la veille de noël, un bilan final de 33-49 et une absence des PO après 3 présences consécutives.

Mais cette saison malheureuse connaîtra une fin épique, puisque malgré 1.7% de chances de l’obtenir, les Bulls deviennent bel et bien propriétaires du premier choix de la Draft 2008 !! Leur choix se porte sur un certain Derrick Rose, natif de Chicago. Au niveau du coach, Paxson jette son dévolu sur Vinny Del Negro et les Bulls signent 2 saisons de suite à 41-41, se qualifiant in extremis en PO, sortant après un duel fantastique contre Boston en 2009 (4-3 dans une série avec 6 prolongations et des shoots clutchs dans tout les sens) et éliminé par Cleveland en 2010 (4-1). Au cours de la saison 2009/2010, Paxson, devenu Vice Président des Opérations Basket et remplacé par Gar Forman au poste de GM, s’en prend physiquement à Del Negro, débarquant dans son bureau après un match et le choppant par le col de la chemise, excédé par le temps de jeu que le coach donne à Noah, qui revient tout juste d’une blessure au pied. Cet accident fera grand bruit et Del Negro sera viré 2 jours à peine après l’élimination contre les Cavs.

Au final le bilan de Paxson en tant que GM est plutôt mitigé, avec de très bons coups (Drafts d’Hinrich, Gordon, Rose, trades pour récupérer Deng, Duhon, signatures de Nocioni, signature de Coach Skiles …) et d’autres moins fameux (draft de LaMarcus Aldridge envoyé immédiatement à Portland contre Tyrus Thomas, signature à prix d’or de Ben Wallace, choix de Del Negro en tant que coach …) mais globalement sa mission est réussie : il devait refaire des Bulls une équipe compétitive et cette franchise n’a manqué les PO qu’une seule fois depuis 2004 !!

Désormais VP des Opérations Basket, Paxson continue d’œuvrer en amont pour faire des Bulls une équipe qui vise haut. Les choses ne sont pas aisés entre les rumeurs Melo, Kevin Love, Aaron Afflalo et la Draft de ce soir avec les picks 16 et 19, il y a un sacré boulot à accomplir. Justement, si quelqu’un sait qu’on peut faire une grande carrière en étant choisi en 19ème de la Draft, c’est bien John Paxson !!

Carrière NBA (Entre parenthèses, ses chiffres aux Bulls) :

Saisons : 11 (9)
Matchs : 772 (645, 5ème de la Franchise)
Points : 5560 (4932)
Adresse : 49.9% (50.0%)
Passes : 2758 (2394, 6ème de la Franchise)
Interceptions : 517 (462, 9ème de la Franchise)

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