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Norm Van Lier

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Norm Van Lier
Né le : 1 Avril 1947
Taille / Poids : 1m85 , 78kg

Tout un symbole !! Si les Chicago Bulls sont connus aujourd’hui comme une Franchise qui a toujours pratiqué une défense de fer et jouer avec les tripes, c’est en grande partie grâce à Norm Van Lier, un meneur teigneux, dur au mal et agressif qui, avec Jerry Sloan, a posé les bases de cet esprit combatif qu’on retrouve encore dans l’équipe d’aujourd’hui. Retour sur la carrière de ce joueur pour qui tout commence avec le coeur.

Norman Allen Van Lier naît le 1er avril 1947 à East Liverpool, dans l’Ohio, et est déjà un petit miraculé car s’il a 3 grands frères et 1 grande sœur, 3 autres enfants du couple Van Lier sont mort à la naissance !! Malgré le peu d’argent de la famille, Norm connait une enfance joyeuse et sans grand tumulte. Il adore tout les sports et les pratique avec succès : en High School à Midlands en Pennsylvanie, son équipe de Basket est invaincue sur la saison 65-66 (28-0) et remporte aisément le championnat de l’état. Van Lier brille également en Baseball et en Football, ou il joue soit Safety soit QuarterBack. Il reçoit des offres de plusieurs facs mais aucune ne veut le faire jouer QuarterBack. Il décide alors de privilégier le Basket.

Il rejoint St Francis University, en Pennsylvanie et se distingue déjà comme un défenseur de premier ordre, teigneux, acharné et qui n’hésite pas à aller au contact, jouer des épaules et presser comme un dératé, une attitude qui fera sa réputation par la suite. St Francis n’étant pas une fac très réputée, les victoires ne sont pas monnaie courante mais Van Lier parvient quand même à se faire un nom et intéresse pas mal d’équipes lors de la Draft NBA 1969.

Ce soir là il est sélectionné au 3ème tour, avec le pick 34 par … les Chicago Bulls. Mais ces derniers le trade avant le début de la saison régulière à Cincinnati contre Walt Wesley. Quelques jours plus tard lors d’un match de pré-saison entre Cincinnati et Chicago, Van Lier et Jerry Sloan finissent par en venir aux mains après s’être cherché tout le match. « On a commencé à se battre tout les 2 pendant que l’action continuait de l’autre côté du parquet » raconte Van Lier. « Puis les autres joueurs se sont arrêtés et nous cherchait. On continuait à se battre dans les couloirs de la salle. Il me semble qu’on a même assommé un vendeur de Popcorn par mégarde. ». Lorsque les Bulls cherchent à récupérer Van Lier 2 ans et demi plus tard, ils demandent d’abord son avis à Sloan, qui répond : « N’importe quel type capable de se battre comme Van Lier peut jouer à mes côtés ».

New York Knicks vs. Chicago Bulls

Mais avant de retrouver Chicago, Van Lier débute sa carrière NBA chez les Royals. La bas, son caractère impulsif et sa hargne de tout les instants lui jouent des tours. Il n’est pas rare de le voir sortir pour 6 fautes, mais il reste néanmoins un solide titulaire au poste 2 (la place de meneur est propriété d’un certain Oscar Robertson) qui apporte une énergie folle des 2 côtés du parquet. Vif, agile et avec un 1er pas ultra rapide, il parvient souvent à se frayer un chemin jusqu’à la raquette adverse, ou il est capable de finir en Lay-up ou attirer le pivot adverse et servir le sien, désormais démarqué. Pas d’une adresse diabolique, il reste une menace constante et surtout un compétiteur acharné lorsqu’il s’agit de freiner par tout les moyens possible l’arrière ou le meneur adverse. En fin de saison, il signe ses meilleures perfs au scoring (23pts contre Atlanta, 20 à Milwaukee, 21 contre Boston et 22 contre San Diego), et malgré une 1ère année honnête (9.5pts, 5.0rbs, 6.2asts, 10ème de la ligue dans ce classement), les Royals manquent les Play-offs (36-46).

Oscar Robertson parti, Van Lier hérite des clés de l’équipe au poste de meneur et s’est peu dire qu’il en profite. Plus responsabilisé en attaque, il explose ses records personnels, signant un Carrer High de 31pts à … Chicago en décembre 1970. Un record qu’il battra 1 mois plus tard, passant 34pts aux Suns. Mais Norm est avant tout un joueur altruiste, qui cherche les autres avant de penser à shooter. Et si les Royals manquent encore les PO, Van Lier termine meilleur passeur de la ligue avec 10.1 caviars par match. Mais peut être que sa stats la plus impressionnante cette année là, c’est sa moyenne de rebonds : 7.1. Pour un meneur, c’est phénoménal surtout avec les grands gabarits de l’époque. Une preuve de plus de l’extrême combativité de Van Lier, toujours à l’affût aux 4 coins du parquet, ce qui lui permet d’être sélectionné dans la All Défensive Second Team … en compagnie de Jerry Sloan !!

La saison 71/72 démarre au petit trot pour les Royals (1-7) et Van Lier (7.3pts, à 31.1%) mais un coup de fil en provenance de Chicago va tout changer. Le 9 novembre, il est tradé aux Bulls contre Jim Fox et un second tour de Draft 72. A Chicago, il retrouve Jerry Sloan et les 2 joueurs vont former le backcourt le plus vicieux, tenace et combatif des années 70. Toutes les équipes craignent d’affronter ce duo qui va vite être baptisé « The Bruise brothers » car après les avoir affronté, on en ressentait les conséquences « Ces mecs sont des tarés » disait le légendaire Rick Barry « Ils se jettent au sol sur chaque balle, ils encaissent les contacts pour provoquer des fautes offensives, ils sont à fond tout le temps … » l’arrière des Bucks Bob Dandridge ne dit pas autre chose : « Jerry et Norm étaient des Basketteurs, mais quand on les voyait débarquer avec leurs bandages partout, leurs cicatrices, on se demandait si on allait jouer au Basket ou au Foot US. Ils avaient un style rentre dedans, violent, qui n’était pas dans les moeurs de la NBA à l’époque ». Pour leur coéquipier Bob Love, c’est comme si : « Le ballon était un bout de fromage et eux 2 rats, près à tout pour s’en emparer. Je suis vraiment heureux qu’ils aient jouer dans mon équipe et pas celle d’en face. »

Ce trio Van Lier – Sloan – Love va truster les places des défensives teams année après année. Van Lier étant systématiquement désigné dans l’une des 2 teams lors de chacune de ses 7 saisons passées chez les Bulls (3 fois en 1ère team, 4 fois en 2ème). Ce style rugueux fait peur aux autres équipes mais plait aux fans qui viennent de plus en plus nombreux au Chicago Stadium, notamment quand Milwaukee et les Lakers, les 2 ennemis intimes, sont en ville. En 73, Chicago arrache un Game 7 contre les Lakers et malgré un énorme Van Lier (28pts, 14rbs), LA s’impose en toute fin de rencontre. Norm raconte : « On pensait vraiment pouvoir les battre. Le fait d’avoir déjà battu LA 3 fois nous rendait confiant et on voulait tout donner sur ce match, même si c’était chez eux. A 3mins de la fin, on menait 90-83 et on commençait à se dire que c’était fait, enfin on allait remporter une série de Play-Off, contre les Lakers qui plus est. Mais on a commencé à jouer le chrono et même si d’habitude on était bons à ce petit jeu, on a commis des erreurs terribles et on a encaissé un 12-2 fatal. Même quand on était mené 93-92 avec quelques secondes à jouer, je me disait qu’on pouvait encore le faire. Le Coach Dick Motta m’avait désigné pour prendre le dernier tir, celui de la gagne, avec un système pour me libérer. J’ai pris un bon tir, je savais qu’il allait rentrer, en retombant au sol je me suis dit que c’était bon, mais Chamberlain a surgi de nulle part et a contrer mon tir (aujourd’hui on aurait considéré ça comme un goaltending mais à l’époque ça n’existait pas), puis servi Goodrich qui a marqué le lay-up pour leur victoire. On est passé de potentiellement +1 à -3 en un éclair. »

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Il faudra attendre la saison suivante pour que les Bulls remportent enfin une série de PO, disposant des Detroit Pistons au 1er tour, avant de se faire sweeper par Milwaukee malgré 26 et 27pts de Van Lier, devenu All Star cette saison là, aux G1 et 2.

Arrive la saison 74/75, qui est considérée comme la dernière chance pour cette génération de Bulls de remporter un trophée. L’arrivée de Nate Thurmond apporte un brin d’optimisme et Chicago, mené par un Van Lier de gala (15.0pts, 4.7rbs, 5.8asts, 2.0stls, une pointe à 42 unités contre Seattle), remporte sa Division malgré une saison à moins de 50 victoires (47-35), une première depuis 5 ans. Kansas City rapidement éliminé au 1er tour, voilà les Warriors qui se dressent sur le chemin des Taureaux de l’Illinois, qui vont parvenir à prendre l’avantage du terrain au G5. De retour à Chicago avec l’occasion de se qualifier pour les 1ère finales de leur histoire pour le G6, la confiance est énorme et la salle pleine, mais Rick Barry arrache un G7 avec 36pts. De retour à San Francisco, les 2 équipes se tiennent tête pendant un peu plus d’une mi-temps avant que le destin ne s’en mêle. Vers la fin du 3ème quart, Van Lier est sanctionné d’un passage en force et ne réalise pas que pendant qu’il se plaint à l’arbitre, Sloan est rentré sur le parquet à sa place. Du coup quand Golden State fait la remise en jeu, il y a 6 Bulls sur le parquet et les arbitres sifflent une faute technique qui offre un lancé aux Warriors et rend les Bulls furieux. Ces derniers ne s’en remettront pas et subiront la loi des locaux dans le dernier quart (24-14) pour finalement perdre de 4 petits points (83-79) …

C’est alors la fin d’une ère à Chicago. Si Van Lier redevient All Star en 75/76 et signe une saison de haute facture (12.6pts, 5.4rbs, 6.6asts, 2.0stls), l’équipe n’y est plus. Bob Love reste précieux mais a 33 ans, Sloan ne joue que 22 matchs à cause d’une blessure, Chet Walker prend sa retraite et la Franchise passe de 47-35 à 24-58 !! A la fin de cette année noire, Sloan prendra sa retraite puis Dick Motta sera viré. A 28 ans, Van Lier fait encore parti des plans du club, qui tente de vite remonter avec l’arrivée du pivot Artis Gilmore, mais Bob Love va subir une grave blessure et sera envoyé aux Knicks et malgré un Van Lier encore solide pendant les 2 saisons suivantes (de nouveau All Star et 2ème meilleur passeur de la ligue en 77), Chicago ne connaîtra pas mieux qu’un sweep contre le futur champion Portland en 77.

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A l’été 78, il est viré par les Bulls qui souhaitent rajeunir leur effectif et signe aux Bucks de Miwaukee ou il ne restera qu’une demi saison, agacé par un rôle de remplaçant et un temps de jeu limité (14.6 mins). Il est coupé par les Bucks en janvier 79 et il annonce sa retraite dans la foulée, à 31 ans seulement. Il est alors le 4ème meilleur scoreur de l’histoire des Bulls, ainsi que le meilleur passeur et intercepteur (les interceptions n’ont été comptabilisés qu’à partir de la saison 73/74) et à part sa 1ère saison à Chicago, il a toujours terminé parmi les 5 meilleurs passeurs de la ligue lors de son passage dans l’Illinois.

L’après carrière de Van Lier sera quasiment toujours lié aux Chicago Bulls. Après 2 ans à assurer les commentaires des matchs pour une radio locale, il partira quelques temps pour devenir assistant coach dans une équipe de High School, les Worcester Counts, avec qui il atteindra la finale de l’état du Massachusetts lors de la saison 89-90. Très apprécie des fans, il revient à Chicago et débute en 1992 une carrière de consultant à la télévision, il apparaît régulièrement pour analyser les Bulls dans les avant matchs et les après matchs. Toujours très proche de l’organisation, il vit avec un plaisir non dissimulé les 6 titres des années 90 avec Michael Jordan et Scottie Pippen, tout comme il vit avec tristesse la période 99-2002 ou Chicago se fait malmené par toutes les autres équipes de la NBA. Il sera également très impliqué dans la communauté et participera à de nombreuses actions de charité en faveur des plus démunis.

Le 25 février 2009, il est étrangement absent d’une retransmission télé à laquelle il était prévu qu’il participe. Pour quelqu’un qui a toujours eu horreur d’être en retard, cette absence inquiète ses collègues. Le lendemain, un employé de la chaîne se rend chez Norm, non loin du United Center, et le découvre inanimé. Après lui avoir permis de réaliser une carrière hors norme, son cœur à fini par lâché. A peine quelques heures plus tard, Johnny « Red » Kerr, légende des Bulls et du Basket dans l’Illinois, décède à son tour !! Une journée très sombre de l’histoire des Chicago Bulls, qui perd coup sur coup 2 de ses anciens les plus aduler.

Van Lier restera dans l’histoire des Bulls comme l’une des premières figures marquantes du club, avec plusieurs saisons de haut niveau à Chicago dans la 1ère partie des années 70. Un personnage haut en couleur et qui aura toujours tout donné pour son club, un guerrier, un dur au mal mais aussi un formidable athlète et un véritable amoureux de Chicago et de son club de Basket, qui le lui a bien rendu.

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Stats en carrière (entre parenthèse ses stats à Chicago)

Matchs : 746 (535)
Points : 8770 (6505)
Rebonds : 3596 (2506)
Passes : 5217 (3676)
Interceptions (comptabilisées à partir de la saison 73/74) : 767 (724)

Palmarès :

3x All Star (74, 76, 77)
All NBA 2nd team (74)
3x All Defensive 1st team (74, 76, 77)
5x All Defensive 2nd team (71, 72, 73, 75, 78)

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