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Toni Kukoc

Toni Kukoc
Né le : 18 septembre 1968
Taille / Poids : 2m11, 107kg

The Waiter, The Pink Panther, The White Magic Johnson, The Croatian Sensation … la liste des surnoms de Toni Kukoc est longue mais n’est rien comparé à son palmarès monumental. Le Croate fût un joueur majeur de la scène Européenne, raflant tout les titres et récompenses possibles en club et en sélection avant de devenir le premier joueur issu du vieux continent à enchaîner les titres en NBA, s’imposant dans la plus belle équipe de tout les temps. Retour sur la carrière phénoménale d’un véritable artiste de la balle orange.

Kukoc naît à Split en 1968 et devient rapidement un amoureux de sport, de tout les sports, grâce à son père, ancien gardien de but local et fanatique de sport lui aussi. Il s’essaie avec succès au tennis de table, ou il va gagner de nombreux tournois de jeunes, puis au Football, intégrant l’équipe de jeune de l’Hadjuk Split au poste d’ailier gauche. On l’annonce bon, capable de passer pro un jour puis une croissance rapide (1m90 à 13 ans) le pousse presque naturellement vers le BasketBall. Et c’est peu dire qu’il a bien choisi : dés ses premiers dribbles, le jeune Kukoc impressionne son monde par sa vivacité, son adresse, sa technique de gaucher pur et sa vision du jeu. Malgré un physique frêle (ses coéquipiers le surnomme Olive, du nom de la femme de Popeye, à cause de sa minceur), il est déjà un passeur hors pair et un meneur de jeu / arrière redoutable dans les équipes de jeunes de la Yougoslavie en compagnie de son grand ami Vlade Divac. Ils remportent ensemble le Championnat d’Europe des U16 en Bulgarie en 1985, quelques mois avant les débuts professionnels de Kukoc au Jugoplastika de Split.

Il joue assez peu lors de sa première saison chez les pros, ne tournant qu’à 2.6pts par match en 20 rencontres mais il va vite grappiller des minutes et surtout de la confiance grâce à la sélection, avec qui il remporte à nouveau le Championnat d’Europe, en U18 cette fois (Il fini MVP du tournoi), puis le championnat du Monde 1987 en U19 (De nouveau MVP du tournoi). Cette sélection de U19, avec Kukoc, Raja, Djordjevic et Divac, tourne à 112pts de moyenne et écrase tout sur son passage, même les USA avec des joueurs comme Gary Payton, Stacey Augmon, Scott Williams ou Larry Johnson. Face à eux, TK7 prend feu comme rarement : 37 pts à 11/12 à 3pts !! « Jamais de ma vie je n’avais approché de tels chiffres. J’avais du rentrer 5 ou 6 3pts un jour mais là … J’ai rentré les 2 premiers et j’étais en confiance. Je shootais par dessus mon défenseur et même en contre attaque je m’arrêtais derrière la ligne pour dégainer. »

En club, les renforts de Dino Radja et Sasha Djordjevic, plus un certain Bozidar Maljkovic sur le banc et un Kukoc stratosphérique offrent de grandes ambitions au jugoplastika, qui va enchaîner les trophées : Champion de Yougoslavie en 88, de nouveau champion en 89 avec en plus une victoire au Final Four de l’Euroleague face à Tel Aviv (75-69, 18pts pour Kukoc), Un Triplé Championnat + Coupe + Euroleague en 90 (Kukoc MVP du Final Four avec 20pts contre le FC Barcelone) et le même triplé en 91, malgré les départs de Djordjevic et Maljkovic, avec une nouvelle victoire au Final Four face au Barça … coaché par Maljkovic !! Kukoc inscrit 14pts ce soir là (MVP du Final Four) et son ancien coach déclare que Toni est le meilleur joueur qu’il ait coaché de sa carrière. Lors de la finale du championnat de Yougoslavie 91, face à l’ennemi de toujours du Partizan Belgrade, le Yugoplastika remporte les 2 premiers matchs à la maison avant d’aller chercher le titre à Belgrade au G3. A quelques minutes de la fin de ce match déjà plié, Kukoc retourne sur le banc sous une ovation monstrueuse du public adverse, conscient qu’il ne reverra peut être pas Toni de sitôt.

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Car entre temps, l’ailier (2m08 désormais) a été Drafté par les Chicago Bulls en 1990 avec le pick #29. Après avoir tout, absolument tout remporté en Europe, en club comme en sélection (Les EuroBaskets de 89 et 91 plus le Championnat du Monde FIBA 1990, terminant MVP des 2 derniers tournois), et surtont en dominant chaque tournoi de la tête et des épaules, la NBA lui tend les bras, surtout que les Bulls viennent de remporter le titre 1991 avec Michael Jordan, Scottie Pippen, Horace Grant et Phil Jackson. Tout le monde rêve de rejoindre cette armada mais Kukoc décide de passer par l’Italie et le Benetton Trévise, qu’il mène à la victoire finale dans le Championnat d’Italie 1992, le premier trophée de l’histoire du club !!

TK est alors une véritable légende en Europe, un artiste de la balle orange avec son touché de balle soyeux, la beauté de son shoot ou sa capacité à trouver la bonne passe et toujours impliquer ses partenaires ou dominer les rencontres par sa versatilité offensive. Capable d’attaquer le cercle, de jouer au poste, de dégainer de loin, d’aller chercher les rebonds, de sortir une multitude de feintes ou de jouer aux 5 postes avec un égal bonheur, il incarne le beau Basket, collectif et complet. Il déclarera d’ailleurs : « Inscrire un panier, ça rend un joueur heureux, mais faire une passe décisive, ça en rend 2 heureux. »

Arrive alors les Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone. Avec tout les succès de la Yougoslavie lors des années précédentes, ils sont considérés comme l’autre grand favori de la compétition avec Team USA, qui présente sa Dream Team (Jordan, Pippen, Barkley, Malone, Stockton, Bird, Magic, Drexler …) au monde entier. Jordan et Pippen, de nouveaux Champions NBA en 92, ne sont pas enchantés par le fait que Kukoc puisse rejoindre les Bulls et y gagner plus d’argent que Pippen, en guerre perpétuelle avec Jerry Krause, le GM de la Franchise, qui a fait de Toni son chouchou. Le duo décide de donner la leçon au jeune Yougoslave et lors de leurs 2 confrontations (en poule et en finale), les 2 Bulls font vivre un calvaire au malheureux Kukoc qui ne bénéficie pas du moindre espace ni de la moindre seconde pour souffler. Les USA remportent l’Or en détruisant toute opposition. Même Kukoc (11.5pts, 3.1rbs, 6.0asts sur le tournoi) ne peut rien et repart avec la médaille d’Argent, sa 2ème après Seoul en 88.

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De retour en Italie, il remporte la Coppa Italia 93 mais échoue en finale de l’Euroleague face à Limoges, qui devient le 1er club Français à remporter une Coupe d’Europe, tous sports confondues. Il est néanmoins nommé MVP du Final Four pour la 3ème fois et décide qu’il est temps pour lui de franchir l’Atlantique et signe chez les Bulls. Il quitte la botte avec des moyennes de 19.8pts, 6.0rbs et 5.8asts en 2 saisons.

Malgré la déception de ne pas pouvoir évoluer aux côtés de Michael Jordan, qui vient d’annoncer sa retraite, Kukoc arrive quand même dans une équipe qui a remporté les 3 derniers titres NBA et continue d’avoir de l’ambition. Remplaçant lors de sa 1ère saison, il apporte un scoring intéressant en sortie de banc et même si on lui reproche pas mal de trous défensifs, surtout à cause de son physique assez frêle, sa saison Rookie reste correcte, au point d’intégrer le 2ème meilleur 5 des Rookies (10.9pts, 4.0rbs, 3.4asts).

Mais le point d’orgue de cette saison arrive au second tour des Play-Offs, face aux Knicks de New York. Après avoir perdu les 2 premiers matchs au Madison Square Garden, Chicago doit absolument prendre le G3 à la maison. 102 partout et quelques petites secondes à jouer, Coach Phil Jackson annonce un système ou Kukoc hérite du dernier tir. Fou de rage, Scottie Pippen, le leader de l’équipe et jaloux de Kukoc depuis toujours, refuse de retourner sur le parquet, Jackson ne bronche pas et maintient son système initial. Kukoc, 1/5 ce soir là avant ça, prend le tir tête de raquette au buzzer et offre la victoire aux siens 104-102. NY finira par s’imposer en 7 matchs, mettant fin à la saison des Bulls.

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De retour aux USA après une médaille de Bronze aux Championnats du Monde lors de l’été 94, ce n’est qu’après noël 1994 qu’il devient régulièrement titulaire et enchaîne les matchs. Plus responsabilisé, en confiance et avec un physique un peu plus puissant, il signe de bien meilleurs stats (15.7pts à 50.4%, 5.4rbs, 4.6asts, 1.3stls) et avec le retour de Jordan en cours de saison, les ambitions de titre reprennent de plus belle. Hélas, Orlando aura raison des espoirs des Bulls au second tour des PO. Jordan prend cette défaite pour lui et jure qu’on ne l’y reprendra plus. Les Bulls veulent retrouver les sommets et vont y mettre les moyens.

Malheureusement pour le temps de jeu de Kukoc, tête de turc du trio Jackson, Jordan, Pippen, qui lui adresse régulièrement tout un flot de critiques, ça passe par l’arrivée du fantasque Dennis Rodman, le maître du rebond et le plus gros taré de la NBA. Rodman est le titulaire indiscutable dans les systèmes de Phil Jackson mais Kukoc profite des pétages de câble et suspensions du décoloré pour passer quelques matchs dans le 5. Mais comment se plaindre quand l’équipe signe le meilleur record de l’histoire de la NBA (72-10) et remporte son 4ème titre en 6 ans ? Malgré tout son apport est important, au point que la Panthère Rose est désigné Best 6th Man (13.1pts à 49.0%, 40.3% à 3pts, 4.0rbs, 3.5asts).

Il signera des stats similaires lors des 2 saisons suivantes (13.2pts, 4.6rbs, 4.5asts en 96/97 puis 13.3pts, 4.4rbs, 4.2asts en 97/98) et les Bulls vont remporter 2 nouveaux titres, devenant la franchise la plus iconique de l’histoire de la ligue, dans le sillage de Michael Jordan. Le dernier titre aura été le plus difficile pour le groupe, avec la constante pression des médias qui annoncent le démantèlement de l’équipe après la saison, les blessures et les adversaires de plus en plus coriaces. En PO, Indiana devient la 2ème équipe à pousser Chicago à un Game 7 lors des 6 campagnes victorieuses de la Franchise de l’Illinois, après les Knicks en 92. Au G7 justement, Pippen et Jordan passent au travers en attaque (15/43 aux tirs en cumulé), mais Kukoc, redevenu titulaire au fil des PO avec un Rodman qui peine à garder le rythme, prend les choses en main et enchaîne les paniers dans la 2ème mi-temps. Kukoc termine avec 21pts à 7/11 dont 3/4 à 3pts et qualifie les siens pour la finale contre le Jazz d’Utah (15.2pts, 4.7rbs, 2.7asts en finales).

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Mais comme annoncé, l’effectif part en éclat après ce titre. Phil Jackson prend une année sabbatique, Jordan prend une nouvelle retraite, Pippen part à Houston … Kukoc est l’un des seuls rescapé, avec Ron Harper, Dickey Simpkins et Randy Brown. Il hérite des clés de la franchise, lui qui rêvait de plus de responsabilités, frustré qu’il était dans les systèmes de Phil Jackson, qu’il n’a jamais compris. « Avec lui, c’est comme si je devais inscrire 10pts, prendre 5rbs, donner 5 passes et voler 3 ballons dans les 5 premières minutes que je passe sur le parquet, sinon je retourne sur le banc » lâchera t’il un soir de grande frustration. Dans une saison diminuée à cause du Lockout, les Bulls souffrent le martyr et prennent volées après volées contre des adversaires revanchards (13-37). Titulaire lors des 44 matchs qu’il joue, Kukoc se démultiplie pour tenter de sauver ce qui peut l’être (18.8pts, 7.0rbs, 5.3asts, 1.1stls) mais en vain. Mais dans un rôle de leader offensif, il continue de démontrer tout son talent soir après soir, sa polyvalence étant une référence et sa technique si gracieuse et précise continue de faire des ravages dans les défenses adverses.

Lors de la saison suivante, il continue de se démener mais avec des résultats toujours aussi décevants, Krause décide à contre coeur de le trader. Il est envoyé à Philadelphie dans un deal à 3 équipes qui voit Bruce Bowen et John Starks atterrir à Chitown !! Bowen sera coupé dans la foulée tandis que Starks, le joueur le plus détesté du Chicago Stadium et United Center lors de la décennie précédente, porte désormais le maillot des Bulls. La pire période de la franchise !!

A Philadelphie, Kukoc retrouve le banc et n’est clairement pas heureux. Même si les 76ers sont une équipe compétitive avec le génial Allen Iverson, Kukoc n’aspire qu’à avoir du temps de jeu et à peine 1 an et 6 jours après son arrivée, il est de nouveau tradé, à Atlanta cette fois, en compagnie de Nazr Mohammed en échange de Roshown McLeod et Dikembe Mutombo. Il termine la saison 2000/2001 en tant que Starter chez les Hawks, signant 19.7pts à 48.1% à 3pts, 5.7rbs, 6.2asts en 17 matchs (14 fois titulaire).

Mais il retrouve un statut de Bencher l’année suivante, les Hawks donnant carte blanche à Shareef Abdur Rahim au poste 4. Et même s’il passe du temps en 3, il n’est titulaire qu’à 9 reprises et manque pas mal de matchs à cause de douleurs au dos et à une hanche (seulement 59 matchs joués). Devant les résultats très moyens de l’équipe (33-49), il est de nouveau tradé à l’été 2002, cette fois direction le Wisconsin.

A 34 ans, Kukoc débarque aux Bucks en échange de Glenn Robinson. Il est ravi de se rapprocher de Chicago, ou il a toujours conservé la maison qu’il a acheté à son arrivée en 93, et semble reprendre l’envie et la joie de jouer, mais il sait qu’il est sur le déclin et malgré quelques coups d’éclats par ci par là, Milwaukee n’en fera pas un titulaire mais plutôt une option de luxe en venant du banc. Au total il ne sera titulaire qu’à 6 reprises en 4 saisons dans le Wisconsin, les 6 fois en 2004/2005, l’avant dernière saison de sa carrière et ses chiffres annoncent bien qu’il est sur la fin (de 11.6pts à son arrivée à 4.9pts lors de sa dernière année de contrat. Free Agent à l’été 2006, il dit n’être intéressé que par les Bucks et les Bulls car il ne veut pas s’éloigner de chez lui. D’autres franchises manifesteront un intérêt, mais pas les 2 qu’il souhaite. Il annonce donc sa retraite dans la foulée.

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Toujours installé à Highland Park dans le nord de Chicago, il apparaît de temps à autre au United Center pour observer les matchs des Bulls mais il se concentre plus sur son autre passion, le golf, jouant régulièrement avec … Michael Jordan et participant à de nombreux tournoi dans l’Illinois ou en Croatie. Il profite tout simplement d’une retraite largement méritée, après avoir dominé l’Europe comme rarement et avoir été l’une des meilleurs européens de l’histoire de la NBA, le meilleur à son époque. Une véritable légende vivante du BasketBall.

Stats en carrière NBA (entre parenthèses ses chiffres à Chicago) :

Matchs : 846 (436)
Points : 9810 (6148)
Rebonds : 3555 (2088)
Assists : 3119 (1840)
Steals : 817 (476)

Palmarès :
– NBA Champion (1996, 1997, 1998)
– NBA 6th man of the Year (1996)
– NBA All Rookie 2nd Team (1994)
– Vainqueur de l’Euroleague (1989, 1990, 1991)
– Final Four MVP (1990, 1991, 1993)
– Vainqueur de l’EuroBasket (1989, 1991)
– MVP EuroBasket (1991)
– FIBA World Championship (1990)
– FIBA World Championship MVP (1990)
– Champion de Yougoslavie (1988, 1989, 1990, 1991)
– Coupe de Yougoslavie (1990, 1991)
– Champion d’Italie (1992)
– Coupe d’Italie (1993)
– Sportif de l’année en Croatie (1989, 1990, 1991)
– Médaille d’Argent aux Jeux Olympiques (1988, 1992)
– Champion d’Europe U16 (1985)
– Champion d’Europe U18 (1986)
– MVP Championnat d’Europe U18 (1986)
– Champion du monde U19 (1987)
– MVP Championnat du monde U19 (1987)

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BONUS : Le génial (et je pèse mes mots) mix de Clutch-23 sur la carrière de TK7.

https://www.youtube.com/watch?v=oxpYOEV2Pj8

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