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BJ Armstrong

B.J.-Armstrong

Benjamin Roy Armstrong
Né le : 9 septembre 1967
Taille Poids : 1m88, 79kg

Meneur Back-Up plein d’énergie puis titulaire au shoot diabolique et à la vitesse dingue, BJ Armstrong, de part aussi son visage de poupon, fait partie de ces joueurs dont on se souvient toujours avec tendresse lorsqu’on l’évoque. Il fait aussi partie de ces joueurs dont on peut parler quand on entend que les Bulls oublient leurs anciennes gloires. Pour la 10ème bio de cet été, retour sur la carrière du dernier joueur à avoir porté le numéro 10 chez les Bulls avant qu’il ne soit retiré pour Bob Love.

C’est dans la ville de Detroit dans le Michigan que naît Benjamin Roy Junior « BJ » Armstrong, en 67, époque ou la ville a une meilleure réputation que par la suite. Couvé et protégé par sa famille, issue de la classe moyenne, il ne connaîtra pas la misère ou le parcours chaotique que l’on décrit parfois dans la bio de nombreux autres joueurs. Passionné de sport dés son enfance, notamment le Baseball et le BasketBall, il n’en néglige pas pour autant ses études, qu’il affectionne également. A sa sortie de la Brother Rice High School, école Catholique réputée de Détroit, il est le meilleur scoreur de l’histoire de la High School, copiant son jeu sur son idole Isiah Thomas et choisi l’Université d’Iowa pour poursuivre son apprentissage.

Desservi par son physique frêle et son allure de gamin, il n’est pas toujours pris au sérieux et joue très peu sa 1ère année, à peine 8 mins par match, mais va exploser ses records années après années, progressant à chaque fois dans sa moyenne de pts (2.9, 12.4 puis 17.4 et 18.6) et à la passe (1.4, 4.2 puis 4.6 et enfin 5.4). Si bien qu’après 4 années il quitte la Fac en étant le 4ème meilleur scoreur, meilleur passeur et 3ème meilleur intercepteur de l’histoire d’Iowa, mais aussi avec son diplôme de communication sous le bras. Son numéro 10 sera retiré quelques années plus tard.

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Malgré tout pas mal de doutes sur une possible carrière pro se font entendre, toujours à cause de cette taille relativement basse (un généreux 1m88) et ce manque de physique. On lui conseille même d’aller plutôt chercher carrière en Europe mais hors de question de ne pas tenter la NBA. A la Draft 1989, les Chicago Bulls le choisisse avec le 18ème choix, un pick qu’ils ont obtenu des Sonics la veille dans un trade … et qu’ils avaient eux mêmes envoyé à Seattle lors de la Draft 1987 pour obtenir Scottie Pippen !!

Lors du début du Training Camp fin septembre 89, la sécurité refuse de le faire rentrer dans la salle d’entraînement des Bulls, croyant à une blague d’un gamin. Il faudra qu’un membre du staff vienne confirmer qu’il joue bien dans l’équipe pour qu’il puisse passer. Un accident qui arrivera à plusieurs reprises dans sa carrière NBA. Autre épreuve pour lui : gratter des minutes derrière John Paxson et Craig Hodges, mais plutôt que de créer une rivalité inutile, Armstrong et Paxson passent énormément de temps ensemble, à discuter de tout, de rien, du Basket, de la vie, ils deviennent très proche et Pax est une sorte de mentor pour le jeune BJ, qui prendra aussi des cours d’histoire et de droits en parallèle pendant ses 2 premières années chez les Bulls.

Il faut dire qu’il ne passe pas énormément de temps sur les parquet. S’il est un membre régulier de la rotation, ne manquant qu’un match lors de sa Rookie Year, ses apparitions sont de courtes durée même si son temps de jeu augmente au fil de la saison, atteignant régulièrement les 25, 26 ou 27mins lors du dernier mois de la saison régulière. Sa vitesse d’exécution, sa finition près du cercle, sa défense en un contre un et surtout une superbe protection de balle sont ses principaux atouts pour gratter des minutes, son manque de régularité et ce physique toujours aussi frêle lui en coûte. Il termine l’année à 5.6pts à 48.5%, 2.5asts en 16mins.

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Des stats correctes qui augmentent sensiblement l’année suivante (8.8pts à 48.1% et 3.7asts) mais surtout, les Bulls grimpent sur le toit de la ligue et remportent le 1er titre NBA de leur histoire avec Michael Jordan, Scottie Pippen, Horage Grant, John Paxson, Bill Cartwright … et BJ donc, même si son rôle aura été bien moins déterminant, évidemment. Son seul gros match sur le plan statistique arrive dans la Garbage time d’une énorme rouste infligé aux Knicks en ouverture des PO (+41, 18pts-10asts pour BJ). Pas trop grave, Armstrong a une bague, puis bientôt 2, puisque les Bulls réussissent le doublé après avoir battu Portland lors des NBA Finals 92 (4-2). Cette saison la BJ est un élément un peu plus important de l’équipe, un 6ème homme capable d’enflammer un match avec sa tonicité, sa capacité à se faufiler dans les petits espaces, provoquer Inside pour ensuite mettre ses lancés ou désormais dégainer à 3pts, réussissant 35 paniers primés en 91-92, contre 18 au total lors de ses 2 années précédentes. Pas forcément un meneur pur, plus shooteur qu’organisateur mais Phil Jackson et le staff sont prêts à lui laisser une opportunité.

Il débute la saison 92-93 en tant que titulaire des Doubles Champions NBA en titre, profitant du départ d’Hodges et de la blessure au genou de Paxson, mais lorsque ce dernier revient, c’est du banc qu’il regarde son ancien « élève » faire le show sur les parquets. Devenu une menace offensive sur laquelle il faut compter avec son shoot longue distance désormais imparable (il terminera cette saison là avec le meilleur pourcentage de toute la ligue à 3pts : 45.3%) et son jeu up-tempo, il signe une saison remarquable (12.3 à 49.9%, 4.0asts) avec une influence et un leadership qui ne cesse d’accroître. Même Jordan dira plus tard apprécier la combativité et l’esprit de combattant de son jeune coéquipier.

Chicago retourne une nouvelle fois en finales NBA, avec le dénouement que l’on connait tous, ce fameux shoot à 3pts pour le titre de John Paxson, le remplaçant de BJ, qui avait pourtant la main chaude ce soir là, avec un 4/5 from Downtown pour 18pts et 51.2% à 3pts sur l’ensemble des PO !! Les Bulls sont sur le toit du monde, vainqueurs des 3 derniers titres NBA et BJ Armstrong en est désormais le meneur titulaire, ainsi que le signataire d’un contrat de 13 millions de Dollars sur les 5 saisons suivantes. De quoi voir la vie du bon côté et avec une certaine ambition.

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L’ambition sportive en tout cas en prend un coup avec l’annonce du départ à la retraite de Michael Jordan. Le titre semble moins accessible mais le trio Pippen/Grant/Armstrong compte bien tout donner pour déjouer les pronostiques. Auteur d’une nouvelle saison de haut niveau (14.8pts à 47.6% dont 44.4% à 3pts, 2ème pourcentage de toute la ligue, 3.9asts), avec plus de régularité (21 matchs à 20pts minimum contre 9 au total lors de ses 4 premières saisons), BJ est même invité au All Star Game, en tant que titulaire qui plus est (11pts, 4asts en 22 mins). Les Bulls signent une saison une nouvelle fois excellente et ont de gros espoirs en PO. Malgré des stats ronflantes (15.3pts à 51.9% dont 58.3% à 3pts, 2.4rbs, 2.5asts), Armstrong et les Bulls quittent les phases finales au second tour contre les Knicks de New York en 7 matchs. Sa saison suivante est légèrement en baisse (14.0pts, 3.0asts) mais son apport est toujours aussi précieux pour une équipe qui continue de viser haut, surtout que Michael Jordan fait son retour en cours de saison. Mais comme l’année précédente, les Bulls sortent au 2ème tour, cette fois contre le Magic d’Orlando. Pendant ces 2 saisons « sans MJ », BJ a affirmé son leadership et a montré à tout le monde qu’il était capable de diriger une équipe.

A peine quelques semaines plus tard, chaque équipe NBA doit désigner un joueur de son effectif qui deviendrait sélectionnable pour une expansion Draft à l’occasion de l’arrivée en NBA de 2 nouvelles franchises, les Vancouver Grizzlies et les Toronto Raptors. A la surprise générale, Chicago désigne BJ Armstrong, qui devient le 1er joueur drafté par les Raptors. Mais devant le refus du joueur d’aller au Canada, il est échangé pendant l’été aux Golden State Warriors. Il débute la saison en tant que remplaçant de Tim Hardaway, natif de Chicago. Mais ce statut de back-up ne restera pas longtemps ainsi car Hardaway est tradé à Miami en cours de saison. Devenu titulaire, BJ Armstrong a droit a des responsabilités offensives conséquentes et cartonne (27pts à Seattle, 22pts-9asts contre Sacramento, un Career High de 35pts à Houston, 23pts-7asts contre Minnesota, 24pts-8asts à Sacramento). Il boucle la saison avec 12.3pts, 46.8%, 47.3% à 3pts, 4.9asts mais les Warriors loupent les PO (36-46).

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A partir de la saison suivante, à 29 ans, BJ va connaitre pas mal de pépins physiques (le coude, l’épaule, le dos …) et louper des matchs à répétitions, lui qui n’avait manqué qu’un match (lors de sa saison Rookie) jusque là et arrêtera sa série à 577 matchs de suite. Il enchaîne les blessures et a du mal à retrouver son niveau et le rythme nécessaire. Sa saison 96/97 se résume à 49 matchs pour 7.9pts et 2.6asts. Si bien qu’après seulement 4 matchs lors de la saison suivante, il est tradé aux Charlotte Hornets ou il se refait une petite santé avec un rôle très limité en back up de David Wesley. Il connaîtra un dernier moment de gloire lors des PO ou il sera le principal artisan de la victoire des Hornets au G2 du second tour … au United Center, face aux Bulls de Jordan et Pippen !! Charlotte a le malheur de fêter ce succès de manière un peu trop voyante et les Bulls, remonté, ne mettent pas longtemps à remettre les pendules à l’heure (4-1).

L’année suivante est celle du Lockout NBA, avec seulement 50 matchs joué par équipe. Mais là encore, Armstrong connait quelques pépins physiques. Il est tradé après quelques semaines aux Los Angeles Lakers qui le coupe dans la foulée. Il signe jusqu’à la fin de saison à Orlando, y faisant un passage des plus quelconque. A l’été 99, à 32 ans, il retrouve un dernier contrat chez les Bulls, qui cherchent des vétérans pour leur reconstruction. Avec le numéro 11 désormais, il manque le début de saison sur blessure mais retrouve un léger coup de chaud fin décembre, signant 2 matchs de suite à plus de 20 pts (21 et 22 contre Indiana et Detroit), avant de se blesser de nouveau 2 semaines plus tard et ne faire que des retours sporadiques jusqu’à la fin de la saison, la dernière pour lui, qui décidera d’arrêter les frais a l’été 2000. Il détient encore actuellement le 2ème meilleur pourcentage à 3pts de l’histoire des Bulls, derrière Steve Kerr.

Il gardera néanmoins un rôle chez les Bulls, devenant assistant du GM Jerry Krause jusqu’en 2003, lorsque ce dernier s’en va. Armstrong veut prendre la place mais c’est … John Paxson qui devient le nouveau GM des Bulls !! Un sacré pied de nez après qu’Armstrong ait pris la place de titulaire de Paxson 10 ans plus tôt !! Mais là encore BJ reste dans l’organigramme, devenant scout pendant 2 saisons avant d’aller faire consultant pour une émissions sur ESPN. Il n’y restera qu’un an avant de s’engager avec Wasserman Media Group, une boîte qui gère le côté marketing de nombreux sportifs. Il est aujourd’hui vice-président de la boîte ainsi que l’agent d’Al Horford, JaVale McGee et d’autres mais surtout de Derrick Rose … une façon comme une autre de rester proche des Bulls, même si ses relations avec John Paxson sont désormais loin d’être au beau fixe, BJ Armstrong est listé comme faisant parti du « clan » D.Rose, avec Reggie Rose, son frère, qui n’hésite pas à critiquer la direction des Bulls, a.k.a Paxson/Forman au sujet de la manière dont ont été géré les blessures de Rose ces 2 dernières années. Il se montre cependant moins virulent que le frère du MVP 2011 et reste actif dans la communauté de Chicago, entretenant des liens particuliers avec Rahm Emmanuel, le maire de la ville. Lui qui rêvait de faire de la politique lorsqu’il était à l’Université …

BJ Armstrong garde tout de même une place de choix dans la grande histoire des Chicago Bulls de par sa contribution au 1er THREE-PEAT de la Franchise et son éternel visage de gamin. Un joueur attachant et flashy, à l’image de son poulain, qui mène les Bulls aujourd’hui …

Stats en carrière NBA (entre parenthèses les stats à Chicago) :

Matchs : 747 (518)
Points : 7320 (5553)
Assists : 2479 (1741)
Steals : 533 (399)

Palmarès :

3 fois Champion NBA (1991, 1992, 1993)
NBA All Star (1994)
N° 10 retiré à Brother Rice High School
N° 10 retiré à Iowa University

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