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Reggie Theus

Sacramento Kings v Philadelphia 76ers

Reggie Wayne Theus
Né le : 13 Octobre 1957
Taille / Poids : 2m01, 87kg

Joueur méconnu malgré des stats énormes, Reggie Theus aura vécu dans l’ombre des meilleurs joueurs des années 80, alors qu’il leur tenait souvent tête en face à face. Mais plus d’une décennie à jouer dans des équipes faibles et de trop rares apparitions en PO auront mis à l’écart un joueur qui peut pourtant se targuer d’être l’un des 2 seuls joueurs de l’histoire de la NBA à être dans le Top 50 des scoreurs et Top 25 des passeurs. L’autre, c’est Jerry West.

Tout commence à Los Angeles, California pour Reggie Theus, qui y voit le jour le 13 octobre 1957. Très jeune il développe une relation particulière avec le Basket, suivant de près les exploits des Los Angeles Lakers, non loin de chez lui puisqu’il est d’Inglewood. C’est ainsi qu’il se met à la pratique de ce sport, rêvant comme tout gamin d’y faire carrière. Il se fait assez remarquer en High School pour être repéré par la prestigieuse fac d’UNLV.

Un bon choix tant Reggie brille dans le Nevada. Si sa 1ère année est discrète (5.9pts en 16 mins par match), la 2ème est grandiose (14.5pts, 4.5rbs, 4.3asts, un bilan de 29-3, une 1ère participation au Final Four pour la fac). Défaits d’un petit point en 1/2 finale par North Carolina, UNLV signera quand même quelques records cette année là, comme le plus haut total de points sur une année (3426) et le plus grand nombre de match à 100pts ou + (23, dont 12 de suite). Sa 3ème année est encore meilleure individuellement (18.9pts, 6.8rbs, 4.5asts et une place dans la All America 2nd Team) mais les résultats ne suivent pas, UNLV manquant la qualification pour le tournoi NCAA. En 1997, son maillot sera retiré par l’Université, seuls 8 joueurs ont eu cet honneur, parmi eux Greg Anthony, Stacey Augmon, Larry Johnson ou encore Sidney Green.

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Il se présente logiquement à la Draft NBA 1978 et ce sont les Bulls qui flairent le bon coup avec leur pick numéro 9. Il fait ses débuts NBA le 13 octobre 78, le jour même de ses 21 ans. Shooteur redoutable et scoreur de premier ordre grâce à de grosses capacités athlétiques, il est capable d’attaquer le cercle et provoquer les fautes, qu’il sanctionne en rentrant ses lancés (82.6% en carrière). Seul joueur véritablement capable de mener le jeu dans l’effectif, il est régulièrement utilisé par le coach, que ce soit Larry Costello, qui débute la saison, ou Scotty Robertson, qui la conclue. Il joue en moyenne 33.6mins par soir et a déjà beaucoup de responsabilités, un rôle qu’il apprécie, terminant 2ème du vote pour le Rookie of the Year (16.3pts à 48.0% et 5.2asts). Hélas les résultats ne suivent pas (31-51).

Lors de son année sophomore, il devient l’option offensive numéro 1 et est clairement l’attraction principale de l’équipe, avec Artis Gilmore. Alignant régulièrement les cartons (28pts contre les 76ers, 32 « chez lui » aux Lakers, 29 contre Phoenix, 33 contre les Cavs et les Knicks ou à Indiana), il se met le public du Chicago Stadium dans la poche, ces derniers n’ayant d’yeux que pour ce joueur spectaculaire et régulier, qui se donne à fond sur le parquet et tente de faire décoller l’équipe, sans succès hélas (30-52). Il signe une saison sophomore de haut standing (20.2pts à 48.3%, 4.0rbs, 6.3asts) malgré un nombre important de pertes de balle (4.2 par match, 2ème de la ligue !!) mais il faut dire qu’il a toutes les responsabilités offensives d’une équipe ou seuls Gilmore et le Rookie Dave Greenwood sortent un peu du lot.

Toujours aussi régulier dans son scoring l’année suivante (seulement 3 matchs à moins de 10pts), il est invité au All Star Game et y sera même le titulaire pour l’Est (8pts en 19 mins) !! Les résultats parlent pour lui, car enfin Chicago engrange les succès, avec Jerry Sloan à sa tête. Si bien que les Bulls retrouvent les Play-Offs pour la 1ère fois depuis 1977. Opposé aux Knicks dans une série au meilleur des 3 matchs, Theus et les siens vont gagner le G1 au Madison Square Garden mais Theus, frustré de n’avoir inscrit que 10pts pour ses débuts en PO, monte en régime au G2 : 37pts et des paniers clutchs pour arracher la prolongation et la victoire en OT (115-114) !! Au tour suivant face à Boston, Chicago ne fera aucun miracle et s’inclinera lourdement (4-0) malgré 26pts de Theus au G3 à Chicago.

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L’ambition renaît quelque peu sur les bords du Lac Michigan mais la saison 81/82 sera décevante. Des tensions internes entre Theus, qualifier d’individualiste qui ne se préoccupe que de ses stats et plusieurs de ses coéquipiers plombent l’ambiance et les résultats s’en ressentent. Sloan est viré à la coupure du All Star Game et Theus fête ça en frôlant le Triple Double peu après (23pts, 10rbs, 9asts à Atlanta). Le nouveau coach Rod Thorn fait ce qu’il peut (15-15 pour finir la saison), mais les Play-Offs sont loin (34-48).

Paul Westhead prend les rênes de l’équipe en 82/83 et avec le départ de Gilmore via trade, il donne carte blanche offensivement à Theus, ce dernier répond rapidement : 30pts à 10/17 dés le 2ème match de la saison, qu’il enchaîne avec 41pts et 7asts à Detroit puis 40pts à 16/22 contre Cleveland en back-to-back !! Le début d’une belle série d’ardoises avec encore 2 matchs de suite à 40pts ou + (42 à 17/24 vs Utah puis 40 à 18/26 contre Detroit) puis encore 37 contre Indiana et de nouveau Utah, avant un Career High de 46 pions (à 16/33 et 12/13 aux lancés) au Boston Garden. Il aime se signaler chez les rivaux ou les affiches télévisées, collant 31pts aux Knicks au MSG, ce qui ne fait qu’enfler sa réputation de joueur perso qui choisi ses rencontres. Ses stats sont ronflantes (23.8pts 47.8%, 5.9asts, 1.7stls) et il participera à son 2ème All Star Game, mais encore une fois le bilan de l’équipe est pauvre (28-54) !!

En 83/84, c’est Kevin Loughery qui prend place sur le banc et sa manière de voir les choses est totalement différente de celle de Westhead : Reggie Theus démarre sur le banc, au profit de Quintin Dailey, autre scoreur patenté de l’équipe. Totalement déresponsabilisé, Theus est moins impliqué et pense plus à faire la fête qu’à bosser pour regagner sa place. A l’époque il est même surnommé « Rush Street Reggie », du nom de la rue ou il habite et dont il est un habitué des soirées arrosées. Il est transféré en cours de saison aux Kansas City Kings, ou il retrouve une place de starter et des responsabilités offensives, signant 36pts contre les Lakers peu après son arrivée. Une équipe des Lakers qu’il va de nouveau rencontrer quelques semaines plus tard, lors des Play-Offs, mais LA s’impose aisément (3-0) malgré 26pts de Theus dans le dernier match.

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Dans le Kansas, Reggie Theus évolue avec Eddie Johnson et les futurs coachs Larry Drew et Mike Woodson. Ces 4 là sont les principaux animateurs de l’attaque de l’équipe (Woodson tourne à 17PPG en tant que 6ème homme). Avec des responsabilités partagées, Theus affiche une facette plus collective de son jeu, alignant les doubles doubles pts/asts (22 dont une série de 5 de suite). Il distille 15 passes face aux Lakers, 16 à Seattle, sans oublier d’y aller de quelques bonnes soirées offensivement (28pts à 10/19 à Utah, 32pts-10asts contre les Clippers, 32 à 14/25 contre Denver, 26pts-14asts contre les Warriors …) mais malgré une attaque spectaculaire (114.8pts, 5ème attaque de la ligue) ou il se régale (16.4pts à 48.7%, 8.0asts), la défense est exécrable (117.5pts encaissés, 21ème sur 23) et l’équipe piétine (31-51, loupant les PO).

La Franchise déménage à Sacramento en 85 et Theus est ravi de retrouver son état natal. Il signe sa meilleure saison à la passe (9.6asts !!) avec 3 pointes à 18 caviars, de quoi en faire le … 3ème meilleur passeur de la ligue. Pas mal pour un individualiste forcené. Conséquence de cet état d’esprit plus collectif ou non, Sacramento se qualifie en Play-Offs malgré un bilan négatif (37-45) et s’incline logiquement face à Houston (3-0). Au niveau de ses stats Theus signe donc 9.6asts mais aussi 18.3pts à 48.0%. Face à Dallas, il réalise un Triple Double conséquent (32pts à 10/17, 12/12 aux lancés, 14rbs, 15asts) !!

Sacramento Kings v Utah Jazz

Ses 2 saisons suivantes sont encore pleines du côté de la Californie et il efface petit à petit sa réputation de formidable soliste, même si les résultats continuent à se faire attendre (29-53 et 24-58). S’il aligne 2 années à plus de 20pts de moyenne (20.3 et 21.6), avec toujours une adresse importante pour un arrière (aucune saison pleine en dessous des 46.9% aux tirs jusqu’alors) et qu’il se plait à vivre près de sa ville natale, il se dit qu’à 31 ans il aimerait signer chez un prétendant. Il est tradé à l’été 88 chez les Hawks d’Atlanta en échange de Randy Wittman.

En Georgie, avec Dominique Wilkins, Moses Malone, Doc Rivers ou encore Spub Webb, Theus espère enfin réaliser un run vers le trophée. La saison régulière est d’ailleurs prometteuse (52-30) et Theus se régale enfin dans une équipe qui gagne (18.5pts et 5.5asts). Hélas, malgré l’avantage du terrain face aux Milwaukee Bucks, les Hawks se font surprendre dés le premier tour, perdant le G5 à la maison. Le coup est encore plus dur pour Theus, non seulement parce qu’il passe à côté de ses PO (7.4pts à 36.8%), mais il est en plus laissé libre par les Hawks lors de l’expansion Draft qui fait suite à l’arrivée du Orlando Magic et des Minnesota TimberWolves dans la ligue. Ce sont les Floridiens qui mettent la main sur l’arrière de 32 ans.

Atlanta Hawks vs. Boston Celtics

Reggie ne restera qu’un an en Floride, une année qu’il passera en tant que titulaire, servant de mentor à un rookie prometteur, Nick Anderson, originaire de Chicago. Il montre qu’il a encore de beaux restes avec une saison plus que correcte (18.9pts, 5.4asts), dans un groupe et une franchise sans expérience, qui va débuter péniblement (18-64). Mais sa réputation d’individualiste lui colle à la peau et au final Orlando ne souhaite pas le conserver. Il sera envoyé aux Nets contre 2 futurs tours de Draft. Dans le New Jersey, il fait figure d’ancien dans un groupe ou aucun joueur n’affiche plus de 7 saisons NBA au compteur et ou les espoirs sont fondés sur un Rookie nommé Derrick Coleman et un sophomore étranger, un certain Drazen Petrovic. Il sera néanmoins titulaire lors des 81 matchs qu’il disputera et sera même meilleur scoreur de l’équipe (18.6pts à 46.8%, 4.7asts) pour une saison une nouvelle fois décevante sur le plan collectif (26-56). Entre sa réputation de soliste, son manque d’impact sur les résultats d’une équipe, son manque également de Leadership envers les jeunes pousses et le fait qu’il affiche désormais 33 ans, New Jersey souhaite l’échanger mais le joueur déclare en avoir marre de ces étiquettes et de devoir changer de club tout les ans et préfère mettre un terme à sa carrière NBA.

Il effectuera une pige d’un an en Italie, à Varese, puis un passage éclair à l’Aris Salonique en Grèce, jouant la finale de la Coupe nationale avant de définitivement raccrocher, à 35 ans. Il retournera s’installer à Los Angeles et démarrera une carrière d’acteur, sans grand succès il faut le reconnaître. Il passera plusieurs années en temps que Broadcaster sur plusieurs shows de BasketBall, que ce soit à Orlando, Sacramento ou autre (on peut mettre l’entendre aux commentaires sur le jeu NBA Live 2000), avant de se lancer dans le coaching. On le retrouve en 2005 sur le banc de New Mexico State University. Il fait passer l’équipe d’un bilan de 6-24 l’année précédente à 16-14, avant de faire encore mieux l’année suivante en qualifiant l’équipe pour la March Madness.

Suffisant pour que les frères Maloof lui propose de venir entraîner les Sacramento Kings. Ravi de l’opportunité de coacher une franchise NBA, qui plus est une ou il a déjà joué et en restant en Californie, il signe pour 3 ans. Il mènera l’équipe à un bilan de 38-44 pour sa 1ère année (2007/08), ce qui est plutôt pas mal malgré quelques joueurs de renoms tels que John Salmons, Mike Bibby, Brad Miller, Kevin Martin et Ron Artest. Les Kings n’ont plus connu de saison à 30 victoires depuis !! L’année suivante débute très mal, trop mal, et Theus (6-18) est finalement viré en décembre. Son bilan total sera de 44-62 mais on lui reproche surtout de ne pas avoir su instaurer une discipline et un caractère défensif à cette équipe (29ème défense de la NBA).

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Reggie passera ensuite 2 saisons en tant qu’assistant coach de Kurt Rambis aux Wolves de Minnesota avant de prendre en charge les Los Angeles D-Fenders en ABA pour la saison 2012/13, un nom d’équipe un brin cocasse pour lui, qui n’a jamais été grandement impliqué dans ce secteur, que ce soit en tant que joueur ou coach. Il ne fera qu’une saison la bas puis retourne au niveau Universitaire, à California State University, qu’il a mené à un bilan de 17-18 la saison dernière. Lui rêve de devenir le coach d’UNLV, son ancienne fac, mais se satisfait pour le moment de rester en Californie, avant peut être, de revenir un jour dans la grande ligue même si les espoirs sont mince.

Stats en carrière (entre parenthèses ses stats à Chicago) :

Matchs : 1026 (441)
Points : 19015 (8279, 8ème chez les Bulls)
Rebonds : 3349 (1502)
Assists : 6453 (2472, 5ème chez les Bulls)
Steals : 1206 (580, 7ème chez les Bulls)

Palmarès :

NBA All Star (1981, 1983)
NBA All Rookie 1st Team (1979)
Avec Jerry West, fait partie des 2 seuls joueurs de l’histoire NBA dans le Top 50 aux points (49ème) et Top 25 aux assists (23ème).

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