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Ron Harper

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Ronald « Ron » Harper
Né le : 20 janvier 1964
Taille / Poids : 1m98, 84kg

Si vous avez découvert la NBA dans les mid 90’s avec les Bulls, il vous est difficile d’imaginer que Ron Harper a passé la 1ère moitié de sa carrière à affoler les défenses en scorant à l’envie soir après soir avec des qualités athlétiques affolantes et un jeu ultra spectaculaire. Tout ça avant de devenir un spécialiste défensif et un gestionnaire efficace dans l’ombre de Jordan et Pippen aux Bulls puis de Shaq et Kobe aux Lakers pour remplir son armoire à trophées. Itinéraire de l’une des transformation les plus aboutie de l’histoire de la NBA.

C’est à Dayton dans l’Ohio que Ronald « Ron » Harper passe son enfance et compagnie de son frère jumeau, ses 4 autres frères et soeurs et sa mère, qui doit cumuler les petits boulots pour joindre les 2 bouts et permettre à ses enfants de s’épanouir. Dés son plus jeune âge il s’intéresse à tout les sports mais le Basket a sa préférence. A Belmont High School, il n’est pourtant pas retenu dans l’équipe lors de son année Freshman. Il finira par rejoindre une autre High School, Kiser dans l’Ohio et cartonne lors de son année Senior : 20.5pts, 13.4rbs, 5asts, 5stls, 6blks !! Quelques années plus tard le gymnase local portera son nom.

En 82, il rejoint l’Université de … Miami, dans la ville d’Oxford, en Ohio (Oui je sais c’est bizarre). En 4 ans la bas, son style de jeu spectaculaire, ses qualités athlétiques détonantes avec son physique longiligne, sa détente et ses Dunks vont faire naître des comparaisons avec Julius Erving !! Malgré son poste d’arrière, il est chaque année le meilleur rebondeur de son équipe (10.7 et 11.7 prises ses 2 dernières années), le tout avec une adresse conséquente (53.4% en 4 ans) et des points en pagaille (24.9pts dans son année Junior, 24.4pts en Senior, avec un match à 45pts/18rbs). A 3 reprises il mène les Redhawks au Tournoi NCAA, remportant 2 fois le MAC (Mid-Atlantic Conference) Championship, signant le 1er Triple Double de l’histoire du tournoi (38pts, 19rbs, 12asts contre Ball State). A la fin de son cursus, il détient de nombreux records de la Fac : les matchs (118), minutes (4164), points (2377), rebonds (1119), paniers inscrits (969) et même les contres (173). Dés la fin de son dernier match, son maillot 34 sera le 1er retiré de l’histoire de la Fac.

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Avec un tel parcours Universitaire, la Draft s’annonce comme une formalité pour lui et il est sélectionné avec le 8ème choix par les Clevleand Cavaliers, tout contents de récupérer un joueur local après avoir mis la main sur Brad Daugherty avec le 1st pick. Dans une jeune équipe des Cavs, Harper ne tarde pas à faire parler de lui et prend rapidement le leadership : 25pts à 10/24 pour son 1er match, 34 pions dés son 6ème match et une régularité étonnante pour son âge. Il étonne et détonne par sa rapidité, qui lui permet de se faufiler jusqu’au cercle, son agilité et sa détente hors norme qui lui permet de Dunker sur n’importe qui, ses longs bras et son intelligence de jeu qui font merveille en défense (4ème meilleure intercepteur de la ligue avec 2.5 steals par matchs, avec un match à 10 balles volées et 2 autres à 8). Un joueur ultra complet et spectaculaire. Meilleur scoreur des Cavs et de loin, il termine 2ème du vote pour le Rookie of the Year avec des moyennes de 22.9pts (une pointe à 40 pions et 9 assists à Boston), avec 45.5% d’adresse, 4.8rbs, 4.8asts, 2.5stls !! Chuck Person d’Indiana sera désigné ROY avec des moyennes bien inférieures mais un impact plus importants sur les résultats de sa franchise (+15 victoires pour les Pacers, +2 pour les Cavs qui finissent dernier de leur division (31-51). A moins que ça ne soit du au fait qu’Harper mène la ligue aux pertes de balle (4.2).

Lors de sa 2ème saison il se blesse sévèrement à la cheville dés le 2ème match et manque pratiquement 2 mois, ne revenant qu’au 30 décembre. Il mettra un bon mois à retrouver le rythme, avec un match à 27pts, 9asts contre Washington, puis 22pts, 7asts, 7stls, 4blks contre Golden State puis de plus en plus de matchs ou il dépasse les 20pts et ou sa défense se fait de plus en plus efficace. L’arrivée de Larry Nance de Phoenix, échangé contre le meneur Rookie Kevin Johnson, apporte un plus offensif aux Cavs qui se qualifient en PO, face aux Chicago Bulls. Dans un duel de scoreur avec Michael Jordan, il ne peut empêcher l’élimination des siens en 5 matchs (3-2), malgré un Game 4 à 30pts, 8rbs, 5asts, 3stls. Sur l’année il tourne à 15.4pts, 3.9rbs, 4.9asts et 2.1stls.

Il ne connaîtra pas de pépin physique lors de sa 3ème année. Il va jouer tout les matchs et tenter par tout les moyens d’emmener de nouveau Cleveland en PO. Il enchaîne les lignes de stats ultra complètes (32pts, 8rbs, 8asts, 4stls contre Utah, 17/9/7/5 contre Seattle, 30pts, 11rbs, 7asts, 4blks face aux Knicks, 25/10/10 contre les 76ers, 28/10/9/5 3 jours plus tard face aux Kings puis 29/9/9//5 contre le Heat …) signant une saison de nouveau très complète et prometteuse (18.6pts à 51.1%, 5.0rbs, 5.3asts, 2.3stls). Les Cavs signent une saison à 57 victoires et retrouvent de nouveau les Bulls au 1er tour des PO, avec l’avantage du terrain cette fois. Cependant Chicago gagne le G1 à Cleveland, mais ces derniers égalisent vite avec un match à 31pts d’Harper. La série ira jusqu’au Game 5 et cette fameuse action qui restera pour toujours comme « The Shot », le panier au buzzer de Michael Jordan sur Craig Ehlo pour la qualification des Bulls.

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Malgré tout les Cavs sortent de 2 saisons positives et nourrissent quelques ambitions. Ron Harper inscrit 36pts lors de la soirée d’ouverture mais est tradé à la surprise générale après seulement 7 matchs, direction les Los Angeles Clippers contre Danny Ferry et Reggie Williams !! Il ne tarde pas à se signaler, signant 21pts, 15rbs pour son 1er match chez les Clippers puis 36pts 4 jours plus tard contre Chicago. Malheureusement pour lui, lors d’un match face aux Hornets le 16 janvier 1990, il se fait une rupture des ligaments croisés du genou droit. Le cartilage est également endommagé, opération immédiate et fin de saison logique. Il reviendra le 26 janvier 1991, soit 1 an et 10 jours plus tard. Il aura logiquement besoin de quelques matchs pour retrouver le rythme mais une fois qu’il aura retrouver la forme, il va réaliser quelques gros matchs (31pts, 6rbs, 6asts contre Miami, 36pts, 8rbs 3 jours plus tard face à Boston entre autre) et finira la saison en rassurant tout le monde sur son niveau, signant 19.6pts, 4.8rbs, 5.4asts.

Lors des 2 saisons suivantes, Harper ne loupera que 2 matchs en tout, signant des stats similaires sur les 2 années (18.2, 5.5rbs, 5.1asts en 91/92 puis 18.0, 5.3rbs, 4.5asts en 92/93), démontrant toujours d’excellentes qualités de finisseur que ce soit au cercle ou de loin. Une 2ème option offensive importante derrière Danny Manning pour le coach Larry Brown, arrivé en cours de saison 91/92. Lors de ces 2 ans, les Clippers se qualifieront 2 fois en PO, pour 2 sorties au 1er tour en 5 matchs, contre Utah et Houston. Mais ce même Danny Manning est tradé à Atlanta contre le vieillissant Dominique Wilkins (34ans) au cours de la saison 93/94. Harper prend alors les rênes de l’équipe et cartonne (37pts, 10rbs, 6asts à Seattle, 24/10/10 contre les Kings, 26/10/10/6stls contre Dallas, 39/11/9/6 2 jours plus tard face aux Warriors, 30/9/8 de nouveau face à Golden State …) mais les Clipps, pire défense de la ligue, prennent l’eau (27-55) malgré la superbe saison d’Harper : 20.1pts, 6.1rbs, 4.6asts, 1.9stls.

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En fin de contrat à l’été 1994, il choisi à 30 ans de privilégier une équipe qui peut lui offrir une chance de titre, lui qui n’a jamais passé un tour de PO, quitte a devoir faire quelques sacrifices dans son jeu. Coup de bol, il est contacté par … les Chicago Bulls, 3 fois champions NBA et encore compétitifs malgré le départ de Michael Jordan un an plus tôt. Il signe en tant que Free Agent sur les bords du Lac Michigan et occupe le poste d’arrière titulaire, mais avec des joueurs comme Pippen, Kukoc ou BJ Armstrong, il n’est plus une option offensive prioritaire et Phil Jackson lui conseille de se focaliser sur sa défense, qui est déjà un point fort de son arsenal avec ses longs bras et son sens de l’anticipation. Il perdra sa place de starter lorsque Michael Jordan fera son grand retour mais va enfin passer un tour de PO quand les Bulls élimineront Charlotte avant de tomber face au Orlando Magic (4-2).

Mais Ron Harper en veut plus. Il veut enfin garnir son palmarès et continue d’opérer sa mue lors de la saison 95/96. Devenu titulaire au poste de meneur, sans en être véritablement un même s’il est tout à fait capable de driver une attaque et reste un très bon passeur, il se spécialise de plus en plus dans les missions défensives sur les arrières adverses et n’apporte son écho en attaque qu’en cas de besoin. Il remonte régulièrement la balle, tournant à moins d’un turnover par match, lui qui menait la ligue dans ce secteur lors de son année rookie !! La transformation est totale. Lui l’ancien artilleur est désormais un stoppeur de premier ordre. Il devient l’un des tauliers de la Franchise, de par son entente avec Jordan et Pippen (les 3 se retrouvent quasiment tout les jours pour des séances de musculations privés avant les entraînements matinaux de l’équipe). Chicago remporte les 3 titres suivants en dominant la NBA en long, en large et en travers (72-10, 69-13 puis 62-20) avec à chaque fois un Ron Harper loin d’être étranger aux bons parcours de Play-Offs et des Finales pour les Bulls, ses prestations défensives sur des joueurs aussi variés aux postes 1, 2 ou 3 tels que Nick Anderson, John Starks, Rex Chapman, Hersey Hawkins, Reggie Miller ou Jeff Hornacek étant autant de match-ups qu’il a su gérer avec efficacité.

Scottie Pippen (R) of the Chicago Bulls watches te

Malgré le démantèlement de l’équipe après le titre de 98, Harper reste à Chicago, seul rescapé des années titres avec Toni Kukoc, Randy Brown, Bill Wennington et Dickey Simpkins. A 35 ans, il retrouve un rôle un peu plus offensif dans cette saison du Lockout limitée à 50 matchs et débute la saison par 18 puis 20 pts à Utah et aux Clippers. Il tente d’apporter son Leadership à un effectif jeune et franchement peu excitant (Andrew Lang, Cory Carr, Rusty LaRue, Mark Bryant, Kornel David …). Il signe 11.2pts, 5.1rbs, 3.3asts, 1.7stls dans ce qui restera à tout jamais comme la pire saison de l’histoire de la Franchise.

Juste avant le début de la saison 1999/2000, il est coupé à sa demande et rejoint les Los Angeles Lakers, qui viennent de signer Phil Jackson, le coach des 6 titres des Chicago Bulls et qui comptent dans leurs rangs Shaquille O’Neal et Kobe Bryant. Titulaire à 78 reprises en 80 matchs, il y occupe un rôle similaire à celui qu’il avait à Chicago, apportant une constance défensive qui fait du bien à l’équipe et apportant son écho offensif dans des moments décisifs. Dans les derniers instants du G3 contre Portland en finales de conférence, il inscrit un panier crucial puis est essentiel sur l’action qui permet à Kobe de contrer Sabonis à la fin, avant de signer 18pts au G4. En finales NBA, alors que Kobe quitte le match à cause d’une blessure à la cheville lors du G2, Harper signe 21pts et permet aux siens de mener 2-0 et au final décrocher le titre, son 4ème personnel !!

L’armoire a trophée est enfin digne de son rang et il va même ajouté une 5ème bague de champion l’année suivante, avec la victoire 4-1 en finales NBA contre les Philadelphie 76ers d’Allen Iverson. Miné par diverses blessures, il ne jouera que 48 matchs de saison régulière et à son retour, Derek Fisher a pris le pouvoir à la mène. Harper n’apparaît que pour 6 bouts de matchs lors du parcours en PO. Il prendra sa retraite à la fin de la saison, après avoir remporté 5 des 6 derniers titres NBA.

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On retrouvera Harper en tant qu’assistant coach aux Detroit Pistons pendant 2 ans, de 2005 à 2007 mais ne souhaitera pas prolonger l’aventure. Il passe désormais une retraite tranquille, jouant régulièrement au golf ou s’occupant de coacher ou conseiller des joueurs dans un centre sportif du New Jersey. Il participe également à des événements caritatifs en faveur de la NSA (National Stuttering Association), ayant lui même eu un fort bégaiement pendant de très nombreuses années, même s’il était beaucoup moins prononcé que celui d’un autre ex-Bull, Bob Love. Au final on retiendra de Ron Harper qu’il était capable de tout bien faire sur un parquet mais qu’il a surtout eu l’humilité nécessaire pour sacrifier son jeu dans le but d’obtenir le plus important dans une carrière NBA : des bagues !! Et c’est peu dire que son choix s’est avéré payant.

Stats en carrière (entre parenthèses ses stats à Chicago) :

Matchs : 1009 (350)
Points : 13910 (2760)
Rebonds : 4309 (1056)
Passes : 3916 (912)
Interceptions : 1716 (456)

Palmarès :
– 5x Champion NBA (1996, 1997, 1998, 2000, 2001)
– NBA All Rookie 1st Team (1987)
– 2x MAC Player of the Year (1985, 1986)

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