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Jerry Sloan

Gerald Eugene Sloan
Né le : 28 mars 1942
Taille / Poids : 1m96, 88kg

« La taille ne fait aucune différence, le coeur si » Jerry Sloan a fait de cette phrase son motto quotidien pour sortir de la ferme familiale et réussir une carrière NBA, aussi bien sur les parquets que sur le banc, des plus brillante. Arrière teigneux, rugueux et acharné, il est celui qui a posé les bases de ce que sont les Chicago Bulls d’aujourd’hui, des cols bleus qui ne lâchent jamais rien, tout comme lui, qui a connu les toutes premières heures de la franchise. Pas pour rien qu’il est surnommé « Mister Chicago Bull ». Découverte d’une véritable légende de la franchise aux 6 titres.

C’est tout au Sud de l’Illinois, à McLeansboro, que Gerald Eugene Sloan voit le jour en mars 1942. Il est le petit dernier d’une famille de 10 enfants qui possède une ferme dans laquelle tout ce petit monde participe aux tâches quotidiennes. Alors qu’il n’a que 4 ans, il doit faire face au décès de son père et ses frères et soeurs doivent reprendre le flambeau pour faire tourner la ferme. Jerry se lève tout les matin à 4h pour apporter son aide avant de marcher 3 kms pour se rendre à l’école. La bas son professeur s’avère être également l’entraîneur de l’équipe de Basket et il organise régulièrement des matchs mixtes avec tout ses élèves. Jerry révélera plus tard que ça le motivait de jouer contre des filles car il se donnait à fond pour ne pas paraître ridicule. Petit à petit ce sport prend de l’importance dans sa vie et même s’il n’envisage à aucun moment y faire carrière, il décide de poursuivre au Lycée puis en Université.

Il intègre l’Université d’Illinois mais n’y reste que 5 semaines, souffrant de l’éloignement. Il part à Evansville, bien plus proche de McLeansboro et trouve un travail dans une station service. Il n’aime pas ce travail et quand sa mère lui demande ce qu’il va faire pour le reste de sa vie, Jerry appelle le Coach de Basket de la fac d’Evansville, Arad McCutchan, pour savoir s’il y a encore des places vacantes. Ce dernier lui dit qu’il peut tenter sa chance l’année suivante, ce que fait Jerry, qui intègre ainsi l’Université et l’équipe de Basket d’Evansville. Pendant 3 ans chez les Purple Aces (alors qu’ils jouent en orange), et en travaillant en parallèle chez Whirlpool pour réparer des frigos, il sera le leader offensif (15.pts par match) et remportera 2 titres de Division II.

large_Jerry Sloan Action at Evansville

Sloan est une petite vedette locale de par son esprit de sacrifice, son abnégation et les résultats de la Fac, qui signe un 29-0 en 65 pour sa dernière année. A la Draft NBA quelques semaines plus tard, il est sélectionné avec le pick #4 par les Baltimore Bullets … qui l’avaient déjà drafté l’année précédente au 3ème tour car il était éligible mais il avait préféré rester à Evansville une année de plus. Sloan fait donc ses débuts dans la grande ligue en octobre 65 et de son propre aveu, il n’était pas prêt. Souffrant encore de l’éloignement et pas franchement un spécimen physique imposant, l’arrière ne dispute que des bouts de matchs mais montre une grosse volonté défensive et de l’énergie, ce que remarque rapidement l’un de ses coéquipier, le pivot Johnny « Red » Kerr. Ce dernier est né à Chicago et a joué dans l’Université d’Illinois, celle là même ou Sloan n’est resté que quelques semaines. Les 2 sympathisent et font chambre commune lors des déplacements. De 10 ans son ainé, Kerr apprend les ficelles du métier au jeune Jerry qui écoute religieusement. A la fin de la saison, Kerr prend sa retraite de joueur à 33 ans pour devenir Head Coach d’une toute nouvelle franchise NBA : les Chicago Bulls. Une expansion Draft est alors organisé et Baltimore, peu convaincu par Sloan (16.1 mins pour 5.7pts et 3.9rbs), le laisse à disposition de Kerr, qui fait de Jerry le premier joueur de l’histoire de la Franchise de l’Illinois !!

Pour Sloan, c’est la situation rêvée. Il retrouve l’Illinois et sait que Kerr va le faire jouer. En effet son temps de jeu explose (de 16.1 à 36.8 mins) et sa confiance avec. Dés le 2ème match, il colle 26pts aux Warriors, et enchaîne les bonnes performances offensives, tout en imposant son style défensif rugueux et dur sur l’homme. Sloan est un guerrier, capable de tout pour stopper son adversaire. Il encaisse les contacts, donne des coups, provoque, se jette au sol sur chaque balle, se bat au rebond (9.1 prises cette saison là, meilleur rebondeur de l’équipe alors que c’est un arrière !!) et joue malgré des côtés fêlées, un nez cassé ou une épaule douloureuse. Il participe même au All Star Game (8pts, 4rbs, 4asts en 22mins) et Chicago devient la 1ère (et toujours la seule) franchise à se qualifier en PO pour sa 1ère année d’existence !! Et malgré le sweep (2-0) subit contre St Louis, l’année a été en tout point positive pour ces jeunes Bulls et Sloan (17.4pts sur la saison), qui devient vite le chouchou du public par sa combativité et son esprit qui colle si bien à la mentalité locale.

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Sloan est encore au four et au moulin lors des 2 saisons suivantes, distribuant et encaissant autant de coups qu’il ne marque de points (13.3pts en 67/68 puis 16.8 en 68/69).Il est de nouveau sélectionné au All Star Game en 69 (4pts, 3rbs en 18 mins), signe un Career High de 43pts face à Milwaukee en mars et termine la saison avec un place dans la All Defensive 1st Team. Sa réputation d’arrière besogneux et de dur à cuire n’est plus à faire. Chicago manque les PO 69 avec l’arrivée du nouveau coach Dick Motta mais ce dernier monte petit à petit une équipe solide, avec la Draft de Tom Boerwinkle, Bob Love arrivé en fin de saison précédente et la signature de Chet Walker, triple All Star et champion NBA avec Philaldelphie. Malgré un Sloan qui manque 29 matchs à cause d’une blessure au genou, l’exercice 69/70 voit les Bulls retrouver les PO, pas pour longtemps hélas car Atlanta s’impose 4-1 au premier tour, malgré 23pts de Sloan dans la seule victoire des Bulls, au Game 4.

L’année suivante c’est en 7 matchs que les Bulls, auteurs de la 1ère saison à plus de 50 victoires de leur histoire (51-31), s’inclinent au 1er tour, mais non sans avoir opposé une résistance héroïque aux Los Angeles Lakers. Menés 2-0 Chicago va remporter ses 2 matchs à la maison, avec 23pts de Sloan au G4, puis prendre le G6, toujours au Chicago Stadium (encore 23 pions pour Sloan) avant de s’incliner de 11 points à LA dans un G7 à l’arrachée. Mais le front office et Coach Motta sont persuadés qu’il ne leur manque pas grand chose pour franchir un palier. Ils aimeraient récupérer le meneur Norm Van Lier, qu’ils ont drafté en 69 puis échangé à Cincinnati. Avant de le signer, ils demandent son avis à Jerry Sloan, qui s’était battu violemment avec Van Lier lors d’un match de pré-saison, justement en 69. Sloan répond que n’importe qui capable de se battre aussi bien que Van Lier est le bienvenu dans cette équipe !!

Van Lier débarque alors et avec un 5 Van Lier – Sloan – Walker – Love – Boerwinkle, les Bulls sont considérés comme de sérieux outsiders face aux 2 monstres de la conférence Ouest, Milwaukee et les Lakers. Avec les ailiers qui prennent en charge l’essentiel du scoring, Sloan et Van Lier, aussi teigneux l’un que l’autre, forment un incroyable duo d’acharnés, surnommé les « Bruise Brothers » car ils laissaient leur marque sur le corps des adversaires. La vision de ces 2 rapaces, avec des bandages et des ecchymoses de partout et prêt à vous rentrer dedans donnait des sueurs froides aux autres arrières de la ligue. Phil Jackson, alors joueur des New York Knicks avouait même que tout le monde détestait jouer contre Chicago, qui pouvait aussi compter sur Love et Boerwinkle pour déstabiliser l’adversaire.

jerry

La ville est fan de cet état d’esprit guerrier du club et vient de plus en plus nombreux au stade voir Chicago martyriser l’opposition. Les saisons à plus de 50 victoires s’enchaînent (57-25 en 71/72, 51-31 en 72/73 puis 54-28 en 73/74), avec Sloan, Van Lier et Love qui trustent les All Defensive Teams (1st Team en 72 et 74 pour Jerry), mais les exploits tant attendus en PO se font rares, si ce n’est la 1ère qualification de l’histoire du club, contre les Pistons de Detroit au 1er tour 74 … pour ensuite de faire sweeper par les Bucks !! Mais la saison 74/75 va être la plus aboutie pour cette franchise encore jeune. L’arrivée de Nate Thurmond solidifie encore plus la raquette et le côté combatif du groupe, qui passe à quelques minutes d’une qualification en NBA Finals. Opposé à Golden State en finale de conférence, Chicago mène 3-2 dans la série avant de perdre le G6 à la maison et laisser filer le G7 en fin de match en Californie. Sloan (13.3pts, 7.5rbs) termine pour la 4ème dernière fois en All Defensive 1st Team, faisant parti des tout meilleurs intercepteurs de la ligue (4ème en 74 avec 2.4, 7ème en 75 avec 2.2), statistique que la NBA commence à peine à reconnaître.

Hélas pour Chicago, l’élimination face aux Warriors laissera plus de traces qu’un contact de Sloan sur un adversaire. La saison 75/76 débute sans Chet Walker qui a pris sa retraite, puis Thurmond est tradé après 3 semaines et Sloan se blesse gravement au genou, ne disputant que 22 matchs d’une saison qui sera la dernière pour lui en tant que joueur, épuisé par toutes ses blessures qui auront jalonné son parcours. Au moment de prendre sa retraite, il est le leader des Chicago Bulls en matchs disputés et aux rebonds, ainsi que le 2ème scoreur derrière Bob Love. Aujourd’hui encore, seuls Michael Jordan et Scottie Pippen ont plus de matchs disputés que lui (mais Kirk Hinrich s’approche rapidement du podium).

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Sloan décide de se tourner vers le coaching et accepte l’offre de son ancienne Fac d’Evansville, réalisant la prophétie d’Arad McCutchan, son coach quand il jouait pour la Fac, qui lui avait prédit qu’après sa carrière de joueur il viendrait lui succéder sur le banc. Mais Sloan ne reste que 5 jours avant de quitter Evansville pour des raisons personnelles qu’on ignore encore. Une décision qui aura en tout cas changer sa vie : quelques mois plus tard, l’équipe d’Evansville est victime d’un accident d’avion et l’ensemble des joueurs et du staff meurt dans l’accident !!

Il retrouve rapidement un poste de scout pour les Chicago Bulls avant de devenir entraîneur adjoint d’Ed Badger. Il restera 2 saisons sur le banc des Bulls avant que le poste d’Head Coach ne lui soit offert en 1979. Sloan accepte avec plaisir et signe une 1ère année honorable (30-52) avec un effectif ou seuls Artis Gilmore et Reggie Theus sortent du lot. Mais son style de jeu forcément porté sur la défense permet à la Franchise de retourner en PO l’année suivante et même d’y signer le 1er sweep de l’histoire du club (2-0 contre New York). Malgré tout, il est viré le 16 février 1982, après une défaite contre Phoenix, la 9ème en 10 matchs et la 32ème en 51 rencontres !! Il redevient alors scout mais pour le Utah Jazz cette fois. Il remplira ce rôle un an avant de prendre les rênes du Evansville Thunder, une franchise CBA. Mais là encore il n’y restera qu’un an avant de retourner dans l’Utah en 85, cette fois comme assistant coach de Frank Layden.

Coach Jerry Sloan at Microphones

En décembre 88, Layden devient le président de la franchise et nomme Jerry Sloan comme Head Coach. Avec les jeunes Karl Malone et John Stockton, il remporte le titre de la Division Midwest avec un bilan final de 51-31 (40-25 pour Sloan) mais chute lourdement en PO malgré l’avantage du terrain face aux Warriors (0-3). Néanmoins Sloan impose sa patte et prône un Basket ou le pick’n’roll est roi, s’appuyant sur ses 2 jeunes All Stars pour diriger le tempo. Mais il est également un coach particulièrement porté sur des valeurs comme l’effort et une attitude de guerrier qui lui correspond bien. Impulsif, il sera souvent expulsé pour des embrouilles avec les arbitres « Mon assistant de toujours, Phil Johnson, a terminé bien plus de matchs que moi » déclarait Sloan, qui ne connaîtra qu’une seule saison à moins de 50 victoires entre 89 et 98 (47-35 en 92/93) et va même atteindre à 3 reprises la barre des 60 succès (60-22 en 94/95, 64-18 en 96/97 et 62-20 en 97/98). Lors de ces 2 dernières saisons à 60+ succès, il amènera Utah jusqu’en finale NBA, échouant à 2 reprises sur le score de 4-2 face … aux Chicago Bulls, sa franchise de toujours !!

Sloan et le Jazz signeront 5 nouvelles saisons très solides ensuite mais ne retourneront jamais en finale. En 2004, malgré les départs de son duo de toujours, Stockton et Malone, Sloan obtient un bilan positif avec sa jeune équipe (42-40) … mais échoue pour la 1ère fois à se qualifier en PO. A la lutte avec Denver pour le dernier spot, le Jazz va perdre ces 2 derniers matchs et laisser les Nuggets prendre la place tant convoitée. Cette non qualification met fin à une série incroyable de 20 années de suite de présence en post-season !! Cette année là il fait également face au décès de sa femme, des suites d’un cancer du pancréas. Ils étaient mariés depuis 41 ans.

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Il faudra attendre la saison 2006/2007 pour retrouver Utah en Play-Off, avec un duo Carlos Boozer / Deron Williams basé sur le même principe que Malone et Stockton. Cette année là Utah va même grimper jusqu’en finale de conférence, s’inclinant contre les Spurs de San Antonio (1-4). Durant la saison régulière, un succès face à Dallas permet à Sloan d’être le 5ème coach de l’histoire de la NBA à obtenir 1000 succès. Le 7 novembre 2008, Il deviendra le 1er de l’histoire à en obtenir 1000 avec la même franchise, après un succès sur Oklahoma City !! 3 nouvelles qualifications de suite en PO vont encore embellir le parcours de Sloan dans l’Utah. Un parcours qui prendra fin le 10 février 2011, au lendemain d’une défaite à la maison face … aux Chicago Bulls (91-86) !! Beaucoup de rumeurs parlent d’une brouille entre Sloan et son meneur Deron Williams et un soutien du front office qui pencherait plus pour le joueur. Sloan dira simplement qu’il n’avait plus l’énergie nécessaire pour continuer. Il quitte le Jazz après 23 ans de services en tant que coach, ce qui fait de lui le coach qui est resté le plus longtemps dans une franchise de l’un des 4 gros sports US !! Il aura qualifier le Jazz à 19 des 25 présences du club en Play-Offs et cumulé 1223 succès (saison régulière + Play-Offs), ainsi que 6 titres de Division. Le fait qu’il n’ait jamais été élu Coach of the Year reste une anomalie. 2 semaines après la démission de Sloan, Williams est tradé aux Nets …

Sloan est élu au Hall of Fame du Basketball en 2009, la même année que son éternel meneur John Stockton, puis en janvier 2014, un maillot floqué du numéro 1223 est retiré en son honneur par le Utah Jazz. En juin 2013, le Jazz annonce que Sloan revient dans la franchise, mais simplement en tant que scout. A 71ans, il n’a plus la force ni l’envie de coacher mais veut rester actif dans le Basket, d’ou ce rôle. Après tant d’années à tout donner sur les parquets et sur les bancs de la NBA, Sloan peut bien profiter d’un peu de calme et de repos.

Ses stats en carrière (entre parenthèses ses stats à Chicago) :

Matchs : 755 (696, 3ème)
Points : 10571 (10233, 5ème)
Rebonds : 5615 (5385, 4ème)
Assists : 1925 (1815)

Palmarès :
2x NBA All Star (1967, 1969)
4x All Defensive 1st Team (1969, 1972, 1974, 1975)
2x All Defensive 2nd Team (1970, 1971)
Maillot #4 retiré par les Chicago Bulls
Maillot #1223 retiré par le Utah Jazz
Elu au Hall of Fame du Basketball (2009)

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