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Jalen Rose

Jalen Anthony Rose
Né le : 30 janvier 1973
Taille / Poids : 2m03, 98kg

Il n’est pas le joueur de plus marquant de l’histoire de la franchise, ou son passage n’aura pas été extrêmement long, mais il mérite sa bio pour l’ensemble de sa carrière mais aussi parce que le jour de l’annonce de sa signature aux Bulls reste encore aujourd’hui comme l’un de mes moments préféré depuis que je suis fan de cette franchise. Grande gueule, arrogant mais surtout excellent offensivement, il était à l’époque mon joueur NBA préféré hors Chicago. Hommage donc à celui qui est, quand même, 2ème meilleur Bull à la moyenne de points en carrière, derrière Michael Jordan.

C’est à Detroit dans le Michigan que Jalen vient au monde fin janvier 1973. Son prénom vient de la contraction de James et Leonard, respectivement prénoms du père et du grand père de sa mère. Il a 2 grands frères et une grande soeur, mais d’un père différent. Son père à lui s’appelle Jimmy Walker et est alors un joueur NBA reconnu, 1er choix de la Draft en 1967 et titulaire du All Star Game 72 aux côtés de Jerry West notamment. Mais Jalen ne le verra jamais. Jimmy Walker quitte les Pistons pour les Houston Rockets lors de l’été 72, laissant la mère de Jalen, alors enceinte, toute seule. Rose n’a jamais rencontré son père, qui décédera en 2007 d’un cancer.

Entre l’absence d’un père et le fait de vivre dans l’une des villes les plus dangereuses du pays, Jalen Rose se forge dés l’enfance un sacré caractère. Lorsqu’il évolue avec l’équipe de Basket de SouthWestern High School, à Detroit, il porte le numéro 42, les chiffres inverses du 24 qu’à porté son père durant toute sa carrière : « Je me servais de ça pour me motiver. Je voulais me faire remarquer pour qu’il entende parler de moi. ». SouthWestern High School est une école public et comme l’explique Jalen, la différence avec les écoles privés est monumentale : « A Detroit, quand tu joues au Basket dans une école privée, tu voyages en bus, il y a des douches, aucune violence. Dans le public c’est l’inverse. Les contacts sont extrêmement rugueux et parfois tu avais même des mecs placés derrière le panier, une main dans la veste comme pour mimer un flingue l’air de dire ‘tu ferais mieux de rater ce lancé franc gamin’. Chaque match était un environnement très hostile. » Avec des coéquipiers tels que les futurs joueurs NBA Voshon Lenard et Howard Eisley, Rose se fait un nom et est remarqué par les plus grandes Universités du pays. Il décide de rester local et s’engage avec Michigan, ou il retrouve un ami d’enfance, la méga star locale Chris Webber, mais aussi les autres recrues de la Fac cette année là : Juwan Howard, Jimmy King et Ray Jackson, tous font partis du Top 50 des meilleurs Lycéens du pays, dont 4 dans le Top 11 (Webber 1er, Howard 4ème, Rose 9ème, King 11ème et Jackson 46ème).

A Michigan, ce groupe va tout révolutionner, de la manière de s’habiller (Jalen Rose impose les shorts baggy) à la manière de jouer au Basket et de le concevoir. Après quelques semaines, le coach Steve Fisher fini par aligner ses 5 Freshmen titulaire, du jamais vu auparavant !! Mais ces 5 là, volontiers provocateurs, bagarreurs et grande gueules (surtout Rose d’ailleurs), sont aussi ultra spectaculaires et sont une attraction dans tout le pays. Rose se fait une spécialité de déstabiliser ses adversaires grâce à un trash talking légendaire. « Je me renseignais sur nos adversaires, je cherchais un truc pour leur faire péter un plomb, le nom de leur mère, si un truc grave était arrivé à un gars de leur famille, n’importe quoi. J’ai vite compris que l’aspect mental était aussi important sinon plus important que les qualités athlétiques ou le shoot et je faisais tout en mon pouvoir pour rentrer dans la tête de mon adversaire et le déstabiliser au maximum ». Jalen est également toujours là pour ses coéquipiers, toujours à donner les conseils, les consignes et encourager, il est le véritable leader du Fab Five.

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Michigan est au centre de toutes les critiques. Steve Fisher reçoit des lettres d’anciens diplômés de la fac lui demandant de ne plus faire jouer ces « Niggas », « Koons » et toute sorte d’insinuations racistes. Les joueurs protestent lorsqu’ils se rendent compte qu’ils ne touchent pas un dollar sur l’énorme explosion de la vente des produits dérivés de la fac (plus de 10 millions de dollars de recettes entre 91 et 93), Jalen Rose est accusé d’être un dealer de drogue parce qu’une descende de la police chez un ami d’enfance à lui tourne mal et qu’il est sur les lieux. Lors du match suivant, à Illinois, les fans chantent tout le match qu’il est un drogué, un dealer, mais Rose s’en sert de motivation et joue l’ensemble du match pour 23pts, 8rbs et une victoire d’un point en prolongation. « J’avais le crâne rasé, des tatouages, les oreilles percés, je jouais avec des chaussettes noires, j’étais l’archétype de ce que les gens détestent et j’en ai souvent pris plein la gueule, mais ça me motivait pour en faire plus ». Michigan va échoué 2 fois de suite en finale NCAA, contre les ennemis de toujours Duke en 92 et contre North Carolina en 93, avec la légendaire erreur de Chris Webber, qui demande un temps mort alors que son équipe n’y a plus droit, causant la perte des siens dans les dernières secondes.

Après cet échec Webber partira en NBA, tandis que Rose et Howard restent un an de plus à Michigan. Rose sera le leader (19.9 à 46.1%, 35.5% à 3pts, 5.7rbs, 3.9asts) et ses qualités sont tout aussi reconnues que son tempérament explosif. Bon shooteur, rapide, athlétique, capable de scorer de loin ou de poster son vis à vis, passeur très habile et défenseur correct, capable de jouer des postes 1 à 3, il évolue surtout en meneur à Michigan et sa grande taille pour le poste (2m03) et sa vision du jeu forcent des comparaisons avec son idole de jeunesse, Magic Johnson, natif lui aussi de Detroit. Il se présente à la Draft NBA 94 en compagnie d’Howard. Juwan est choisi par Washington avec le pick 5, Jalen prend la direction de Denver avec le pick 13. Dans le Colorado, Rose signe une saison Rookie plutôt correcte (8.2pts, 4.8asts en 22.2 mins) malgré un repositionnement sur l’aile alors que sa préférence va au poste de meneur et qu’il connaisse 3 coachs différents pendant la saison. Néanmoins, le dernier d’entre eux, Bernie Bickerstaff, lui fait confiance et il devient titulaire après le All Star Game, finissant la saison en trombe, signant 7 double doubles pts/asts dans les 5 dernières semaines de la saison régulière, avec un match à 16 assists contre Sacramento. Il est élu dans la All NBA Rookie 2nd Team mais les Nuggets subissent un violent sweep au 1er tour des PO par San Antonio.

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L’année suivante Rose joue principalement au poste d’arrière et continue de progresser. Sa technique de pur gaucher, son ball handling, sa vitesse d’exécution sont autant d’atouts qui lui permette de se montrer un peu plus (10.0pts à 48.0%, 6.2asts). Mais les Nuggets échoue dans leur quête des PO et Rose est tradé pendant l’été 96 à Indiana. Chez les Pacers, sa 1ère année est marqué par ses nombreux conflits avec son coach Larry Brown, qui ne lui accorde que peu de confiance. Son temps de jeu descend à 18 minutes, son impact est plus que limité et Jalen pense même régresser (7.3 à 45.6% et 2.3asts). Heureusement pour lui, Brown est remplacé après un an par un autre Larry sur le banc, un certain Larry Bird. Et à partir de là, la carrière de Rose va vraiment décoller.

Bird aime les qualités de Rose et après l’avoir convaincu que c’est au poste d’ailier qu’il sera le plus utile, il en fait son 6ème homme de luxe en même temps qu’il transforme les Pacers d’une équipe qui a raté les PO en une équipe ambitieuse. Jalen se sent en confiance et apporte sa pierre à l’édifice pour hisser l’équipe jusqu’au finales de conférence 98 face aux Chicago Bulls de Michael Jordan. Avec sa fougue communicative, il n’est pas étranger à la forte résistance qu’oppose Indiana à Chicago, allant jusqu’à un match 7 ou il faut un grand Toni Kukoc côté Bulls dans le 3ème quart-temps pour écarter définitivement des Pacers accrocheurs et combatifs, à l’image de leur 6ème homme.

Les Pacers retrouveront les finales de Conférence un an plus tard, avec un Jalen Rose important lors des 2 premiers tours face à Milwaukee et Philadelphie (2 sweeps) mais cette fois ce sont les New York Knicks qui s’imposent (4-2) et vont en finals. Malgré tout Rose continue de prendre de l’importance et est considéré, à 26 ans, comme le successeur de Reggie Miller (33 ans) et le futur leader d’une franchise qui compte pas mal de cadres vieillissants (Mark Jackson 33 ans, Derrick McKey 32, Rik Smits 32, Chris Mullin 35 …). Auteur de 11.1pts en saison régulière, il passe à 12.2 en PO avec de biens meilleurs pourcentages (44.2% et 34.8% à 3pts) et s’affirme comme l’avenir du club.

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C’est lors de la saison 1999/2000 qu’il va véritablement exploser. Titulaire régulier pour la 1ère fois de sa carrière, Rose prend petit à petit les commandes et ses qualités de leader ressortent. Il taf en défense, prend ses responsabilités en attaque, au point de devenir le meilleur marqueur de l’équipe avec 18.2pts à 47.1%, 39.3% à 3pts, 4.8rbs et 4.0asts, détrônant Reggie Miller qui était le meilleur scoreur lors des 8 années précédentes . Il est élu Most Improved Player mais il voit plus loin et cartonne lors des PO : Au 2ème tour face à Philadelphie, coaché par son « ennemi » Larry Brown, Jalen se lâche et inscrit 40 pts à 16/23 dés le G1, et enchaîne avec 30pts/7rbs au G2 !! Après la qualification au G6 sur le parquet des 76ers, il dira que c’est toujours plaisant de battre Larry Brown. Dans un parcours similaire à l’année précédente (Bucks puis 76ers puis Knicks), Indiana va cette fois triompher des New Yorkais et se qualifier pour les NBA Finals face aux Los Angeles Lakers.

Pour Rose ces finales sont particulières, son idole était Magic Johnson donc 1) il adorait les Lakers et 2) il détestait Larry Bird !! Du coup, être coaché par Bird et affronter les Lakers pour ses 1ères finales NBA, c’est paradoxal. Mais pas de quoi le déstabiliser, il en a vu d’autre et malgré 30 pts au G2 et surtout 32pts à 12/18 au G5 pour revenir à 3-2, Indiana s’incline au G6 malgré encore 29pts de Jalen, désormais maître à bord du vaisseau Pacers. Lors de l’été il signe un gros contrat de 90 millions sur 7 ans !!

Malheureusement Larry Bird quitte ses fonctions de coach, remplacé par Isiah Thomas, qui malgré un Rose leader et l’explosion du nouvel arrivant Jermaine O’Neal, ne parvient pas à faire décoller les Pacers (41-41 et une élimination par Philadelphie au 1er tour). Rose signe une saison remarquable (20.5pts à 45.7% et 33.9% à 3pts, 5.0rbs et 6.0asts) et colle quelques cartons comme 36pts contre Charlotte, 42 contre Toronto puis 36 2 jours plus tard contre Utah, 35 contre Cleveland ou 39 à Houston et un match à 20 passes décisives face aux Cavs en avril, mais ses PO sont laborieux (18.0pts à 38%, 31.3 à 3pts, 2.8asts).

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Indiana continue de stagner lors de la saison suivante et les dirigeants décident de donner les clés de la franchise à Jermaine O’Neal. Le 19 février 2002, Rose et le meneur Travis Best sont envoyés à Chicago en échange de Ron Mercer, Ron Artest, Brad Miller et Kevin Ollie. Le lendemain, il débute sa nouvelle aventure en collant 36pts à 13/24 et 6 asts aux Knicks pour une belle victoire !! Rose devient automatiquement le leader d’une équipe jeune en mal d’expérience. Il enchaîne les cartons jusqu’en fin de saison : 29pts/9 asts à Detroit, 31pts à Washington, 35pts/13asts contre les Kings et surtout son Career High : 44pts (+ 11rbs/6asts) sur le parquet de Houston dont le panier de la victoire au buzzer après 2 prolongations !! Il tourne à 23.8pts à 47.0% sur sa période Bulls et a la particularité d’avoir disputé 83 rencontres cette saison là, vu qu’Indiana était plus avancé que Chicago dans son calendrier au moment du trade.

Parfois aligné dans le back-court avec le jeune Jamal Crawford, Rose reste quand même essentiellement ailier mais surtout il se comporte, à 30 ans, en vrai patron pour ce groupe de jeune : Eddy Curry et Tyson Chandler n’ont que 20 ans, Jamal Crawford 22, Jay Williams 21 … La encore il va enchaîner les cartons (31pts dans une grosse victoire sur Memphis, 31 à Dallas, 37 à Cleveland, 37 à Atlanta, 38 à Philadelphie puis le 1er et seul Triple Double de sa carrière, 21pts, 14rbs, 11asts contre Phoenix !!) Chicago progresse doucement, terminant la saison avec 30 victoires au compteur, une première depuis la fin de l’ère Jordan. Jalen signe sa meilleure production offensive sur une saison (22.1pts malgré un sale 40.6% aux tirs) avec aussi 4.3rbs et 4.8asts. Les ambitions renaissent petit à petit sur les bords du Lac Michigan et on commence même à rêver de Play-Offs.

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Mais l’été va apporter divers changement au sein de l’équipe : le terrible accident de moto de Jay Williams oblige les Bulls à prendre un meneur à la draft 2003, un certain Kirk Hinrich, puis Scottie Pippen fait son retour en tant que Free Agent pour apporter plus d’expérience et surtout John Paxson devient le GM de la franchise et afin de vite montrer qu’il n’est pas là pour rire, il prend le taureaux par les cornes : Bill Cartwright, le coach, viré après 14 matchs (4-10), 3 jours plus tard Jalen Rose est tradé, en compagnie de Donyell Marshall, direction Toronto contre Antonio Davis, Chris Jefferies et Jerome Williams !! Avec une moyenne de 21.4pts par match sur sa période Chicago, il possède la 2ème meilleure moyenne de points de l’histoire de la franchise, devant Bob Love (21.3) et derrière Michael Jordan.

Dans une équipe la aussi totalement en reconstruction malgré Vince Carter, Rose retrouve le poste qu’il a toujours voulu : celui de meneur titulaire. Il y jouera 50 matchs, manquant quelques matchs sur blessure par ci par là avec des genoux qui commencent à grincer, mais se montre actif et livre encore de belles prestations (16.2pts, 5.0asts). Repositionné ailier par le nouveau coach Sam Mitchell en 2004/2005, Rose profite du départ de Vince Carter pour prendre les rênes de l’équipe, tandis que le jeune Chris Bosh prend le temps de progresser. A 32 ans, Jalen Rose est le meilleur scoreur des Raptors avec 18.5pts à 44.5% et 39.4% à 3pts, mais les résultats ne suivent pas (33-49 comme la saison précédente). Les dirigeants et lui même savent qu’il ne représente pas l’avenir et au cours de la saison 05/06, au lendemain d’un buzzer beater en Prolongation contre Sacramento, il est expédié aux New York Knicks … dont le coach n’est autre que Larry Brown !!

Raptors v Cavaliers

Rose et Brown continuent d’avoir des relations tumultueuses et comme 9 ans auparavant, le coach va souvent laisser le joueur sur le banc. Son passage aux Knicks est presque anodin (26 bouts de matchs pour 12.7pts). Il est logiquement laissé libre à la fin de la saison. En novembre 2006, il signe avec les Phoenix Suns mais le jeu up tempo de l’équipe ne convient pas franchement à ses qualités, ni à son corps vieillissant et des genoux de plus en plus douloureux. Les médecins si réputés de la franchise de l’Arizona n’y pourront rien : Rose ne dispute que des morceaux de matchs (29 rencontres à 8.5mins de moyenne) et après l’élimination en Play-Off 2007 (ses 1ers PO depuis 2001), il prend sa retraite, à 34 ans.

Jalen Rose n’en reste pas moins impliqué dans la NBA, et ceci à plusieurs titres. Tout d’abord en tant que consultant sur la chaîne ESPN ou il participe à différentes émissions, chroniques et tient même un podcast visible sur Grantland.com ou Youtube, obtenant un large succès avec son franc parlé et son sens de la provocation, mais aussi car il a été nommé cet été ambassadeur et porte parole de l’association des joueurs NBA retraités. Rose est également le producteur du documentaire en bas de page « Fab Five », paru sur ESPN retraçant l’incroyable transformation qu’à subit la NCAA avec les 5 Freshmen de Michigan. A côté de ça, Rose est énormément investi dans la communauté. Il a par exemple fait un chèque de 100.000$ à son ancien partenaire à Denver Dikembe Mutombo, pour l’aider à financer l’hôpital qu’il a fait construire au Congo. Il a également participer à créer des centres culturels et des écoles à Detroit.

Jalen Rose est donc encore bien présent dans le petit monde de la NBA et c’est tant mieux, ses analyses, sa répartie et son gout pour provoquer plaisent (son accrochage avec Skip Bayless reste un classique) et il est à espérer qu’il reste le plus longtemps possible en place.

Stats en carrière (entre parenthèse ses stats à Chicago) :

Matchs : 923 (128)
Points : 13220 (2742)
Rebonds : 3193 (539)
Assists : 3527 (609)

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