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Horace Grant

Horace Grant
Né le : 4 juillet 1965
Taille / Poids : 2m08, 111kg

Considéré toute sa carrière comme un joueur de devoir, opérant dans l’ombre des superstars, Horace Grant a tout de même réalisé un parcours en tout points remarquable et couronné de succès. Le genre d’élément dont chaque équipe qui rêve de titre a besoin. Un besogneux, un acharné, un winner.

C’est à Augusta, près d’Atlanta, que naissent les jumeaux Harvey et Horace Grant le 4 juillet 1965. La pauvreté sera le quotidien de cette modeste famille installée au plein milieu du ghetto. Les parents Grant inculquent à leurs jumeaux les valeurs de l’effort et du travail à fournir pour obtenir ce que l’on veut et les 2 vont retranscrire cet état d’esprit sur les parquets de Basket.

C’est grâce à son étique de travail en High School qu’Horace obtient une bourse pour rejoindre l’Université de Clemson, ou il va progressivement monter en puissance, passant de 5.7pts et 4.6rbs sa 1ère année à 11.3pts, 6.8 prises l’année suivante puis 16.4pts, 10.5rbs en 85/86. Mais c’est lors de sa dernière année qu’il va véritablement s’imposer, avec sa taille, ses longs bras dissuasifs en défense, ses rebonds, son activité et son shoot mi distance qui fait souvent mouche. Auteur de 21.0 et 9.6rbs en 86/87, il est élu Player of the Year de la conférence ACC, devenant le 1er joueur de Clemson à obtenir cette récompense. Il se présente logiquement à la Draft NBA 1987, avec de bons espoirs d’être pris parmi les premiers.

C’est finalement avec le choix numéro 10 que Chicago empoche l’ailier fort, dans une draft historique pour la franchise puisqu’ils repartent également avec un certain Scottie Pippen, échangé contre Olden Polynice à Seattle. A Chicago, il se retrouve back-up de Charles Oakley, ailier dur au mal réputé pour sa défense rugueuse et ses rebonds. Les oppositions entre les 2 aux entraînements laissent des traces et Oakley ne ménage pas le Rookie, mais ce dernier a du répondant et continue de se forger un caractère de battant. Quelque peu suffisant parfois, une tentative de Trash Talk sur Larry Bird va vite le remettre à sa place « je me souviens que je le prenais de haut, lui disant qu’il ne marquerait pas face à moi, que j’allais l’éteindre » raconte Grant. « Lui m’a dit qu’il allait me faire une feinte de départ côté gauche, puis partir à droite et me mettre un hook sur la tête. C’est exactement ce qu’il a fait la seconde suivante. Depuis j’ai arrêté le Trash Talk ». Sa saison Rookie est plutôt correcte (7.7pts et 5.5rbs en 22.6mins) et s’il est encore plus actif en PO (10.1pts et 7.1rbs en 29.9mins), Chicago est sorti au 2ème tour par les Detroit Pistons.

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Lors de l’été 88, Charles Oakley est transféré aux New York Knicks contre le pivot Bill Cartwright. Un choix qui rend Michael Jordan furieux car Oakley est son meilleur ami dans l’effectif et un gars en qui il a une confiance totale, ce qui n’est pas le cas de Cartwright et de Grant, qui forment désormais le frontcourt titulaire de la franchise. Pourtant Grant confirme dans ce nouveau rôle les belles dispositions qu’il a montré pendant sa saison Rookie. De bons moves près du cercle, un shoot à 3/4 mètres correct, de bonnes mains en défense, une activité au rebond et un travail de l’ombre efficace font de lui le meilleur rebondeur du club (8.6 prises) et un attaquant correct (12.0pts à 51.9%). Hélas, Chicago se fait encore sortir par Detroit, en finale de Conférence cette fois (4-2) et Grant, sans passer au travers, a quand même du mal face à Dennis Rodman et Bill Laimbeer, qui lui en font voir de toutes les couleurs.

Le scénario est similaire l’année suivante, ou les Pistons battent encore Chicago en finale de conférence (4-3 cette fois) avant d’aller décrocher le titre. Grant (11.6pts, 11.7rbs sur la série) y est une nouvelle fois malmené et Jordan notamment lui reproche son manque de combativité et de hargne. Mais pour l’ophtalmologiste des Bulls, David Orth, le soucis est ailleurs. Orth raconte : « Je tenais mes propres stats et je voyais qu’il avait raté 7 tirs de suite au delà de 4 mètres de distance, puis un assistant coach m’a fait remarqué que quand Grant lisait le journal il était quasiment collé à la page. On l’a évalué et il avait 4 dixième à un oeil, 8 dixième à l’autre. On lui a dit de mettre des lentilles mais il a préféré les lunettes, qui sont devenus sa marque de fabrique par la suite. » Dés lors, Grant y voit plus clair et sa confiance grimpe en même temps que son pourcentage aux tirs : 54.7% en 90/91, avec désormais une faculté plus importante à s’éloigner du cercle et surtout à shooter depuis les côtés « Avant, s’il ne pouvait pas s’aider de la planche, il ne rentrait presque rien à mi distance » reprend Orth « Avec ses lunettes de correction, il est plus à l’aise et voit mieux le cercle quand il est sur un côté. »

Avec cette nouvelle arme dans son arsenal, Grant se montre plus dangereux et devient essentiel dans les succès de la Franchise, qui sort enfin victorieuse de son duel avec les Pistons avec un splendide sweep 4-0 en finale de conférence 1991 (Grant shoot à 69.0% sur la série) et remporte son 1er titre NBA quelques semaines plus tard, face aux Los Angeles Lakers (4-1) !! Cette saison là Grant s’affirme définitivement comme la 3ème option de l’équipe derrière les intouchables Jordan et Pippen. Mais son profil discret et son travail de l’ombre ne récoltent pas autant de lauriers que ses 2 partenaires. Pas grave, les trophées viennent, c’est le plus important. Chicago réussi le doublé puis le triplé, remportant les titres 92 et 93 en venant à bout respectivement des Blazers et des Suns. Lors du match 6 des finales 93, c’est son contre sur le tir au buzzer de Kevin Johnson qui offre le titre à Chicago, mais c’est le 3pts inscrit quelques secondes plus tôt par John Paxson qui entrera dans l’histoire. Les Bulls sont sur le toit du monde mais Jordan annonce sa retraite suite au décès de son père, assassiné lors l’été 93 sur une aire d’autoroute.

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Jordan parti, Pippen prend les rênes de l’équipe et Grant devient l’option numéro 2, le lieutenant que Pippen était pour Jordan. Sa saison 93/94 est statistiquement la plus forte, avec 15.1pts et 11.0 prises, ses records en carrière, prenant même un Career High de 23 rebonds face aux Lakers. Il est invité au All Star Game cette saison là (4pts, 8rbs en 17mins), prenant cette invitation comme une reconnaissance de son travail si souvent oublié. Il est également élu pour la 2ème année de suite dans le 2ème meilleur 5 défensif de la ligue. Une autre récompense qui prouve que son travail est remarqué et apprécié, et une distinction qu’il obtiendra également lors des 2 saisons suivantes, mais plus à Chicago. Libre, il décide de s’engager avec le Magic d’Orlando, qui a construit autour de Shaq et Penny Hardaway une équipe capable de tutoyer les sommets NBA. C’est d’ailleurs tout proche d’arriver lors de la 1ère année de Grant en Floride. Malgré le retour aux affaires de Michael Jordan côté Chicago, c’est bien le Magic qui élimine les Bulls lors des PO 95 et se qualifient pour les NBA Finals. Hélas pour Grant, les Houston Rockets d’Hakeem Olajuwon s’imposeront facilement pour réaliser le doublé (4-0).

La saison suivante, c’est un nouveau sweep qui met fin aux ambitions du Magic, cette fois en finale de conférence face à des Bulls revanchards et en route pour une saison historique. Cette élimination laissera des traces à Orlando, avec Shaq qui s’en va aux Los Angeles Lakers. Dés lors Anfernee Hardaway devient le leader et Grant retrouve un rôle de lieutenant mais la vie sans Shaq est compliqué pour le Magic qui peine à retrouver son standing. Les tensions internes entre le Coach Brian Hill et Hardaway, accusé d’avoir organisé le renvoi du coach rendent l’ambiance détestable. Orlando se fait sortir par Miami au 1er tour des PO 97 et loupe la qualification aux PO 98, avec les blessures récurrentes d’Hardaway (seulement 19 matchs joués), Seikaly (44) et Nick Anderson (58). Dans tout ça, Horace Grant affiche une belle régularité soir après soir mais quand il devient le leader par défaut après toutes ces blessures, il ne parvient pas à tirer l’équipe vers le haut. La saison 99, écourtée pour cause de Lock-out, est un motif d’espoir pour le Magic, avec Hardaway qui dispute tout les matchs, tout comme Grant, qui à 33 ans joue une saison complète pour la 1ère fois de sa carrière. Mais la déception est de mise quand Philadelphie sort les Floridiens dés le 1er tour (3-1).

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Avec des stats nettement en baisse (8.9 et 7.1rbs, 1ère année depuis sa saison Rookie qu’il est en dessous des 10pts par matchs), Grant ne représente plus franchement l’avenir et Orlando l’envoi à Seattle. Malgré une saison plutôt solide (8.1pts et 7.8rbs en tant que titulaire) pour son âge, il ne restera qu’une saison chez les Sonics, qui font partie d’un deal à 4 équipes qui envoie Horace chez les Lakers, ou il retrouve Shaquille O’Neal. Coach mythique des Bulls, Phil Jackson est ravi de récupérer Grant pour lui confier le même rôle qu’il avait 10 ans plus tôt : faire le boulot dans l’ombre des stars !! Cette fois c’est derrière Shaq et Kobe qu’il oeuvre en silence, signant une nouvelle saison de haute facture pour ses 35 ans (8.5pts, 7.1rbs en 77 titularisations). Il retrouve de nouveaux les NBA Finals, devenant seulement le 2ème jouer de l’histoire de la NBA à être titulaire en finals avec 3 équipes différentes. Par la même occasion, il empoche sa 4ème bague après le succès des Californiens sur les 76ers de Philadelphie.

Free Agent à la fin de la saison 2000/2001, il retourne à Orlando ou Tracy McGrady, Grant Hill et le Rookie Of The Year Mike Miller forment un ensemble ambitieux. La encore titulaire, cette fois en tant que pivot devant Patrick Ewing également arrivé cet été là, il ne peut empêcher l’élimination des siens au 1er tour face aux Charlotte Hornets. Mais ses rapports avec le coach, Doc Rivers, ne sont pas au beau fixe. Grant est viré en décembre 2002 et Rivers parle de lui comme un cancer pour l’équipe !! Des propos qui provoqueront un raz de marée médiatique aux USA. Déçu, Grant annonce sa retraite des parquets dans la foulée. Mais il reviendra pour une pige aux Lakers lors de la saison 2003/2004, en tant que remplaçant de Karl Malone alors que Los Angeles tente de retrouver un titre avec son « Big 4 » Kobe, Shaq, Malone, Payton. L’ensemble échouera lors des finales face aux Detroit Pistons, des PO que Grant, blessé, manquera. Il prendra sa retraite définitive après ça.

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De nature discrète, Grant n’a pas fait grand bruit depuis la fin de sa carrière et vit tranquillement en Californie avec sa petite famille. Il refera l’actualité à ses dépends en 2010 après plusieurs passages aux tribunaux pour régler un litige avec une boite d’assurances qui a fait faillite et qui lui devait de l’argent. Il participe depuis quelques années à des programmes NBA tels que « Basketball without borders » et a voyagé au Mozambique, Angola, Qatar, Turquie notamment. Il continue de garder la forme en soulevant régulièrement des poids pour garder une certaine condition physique. A 49 ans désormais il annonce avec fierté n’avoir pris que 5kg depuis la fin de sa carrière pro et profite juste de la tranquillité de sa villa à Pismo Beach, en retrait, comme lors de sa grande carrière.

Statistiques en carrière (entre parenthèses ses stats à Chicago) :

Matchs : 1165 (546)
Points : 12996 (6866)
Rebonds : 9443 (4721)
Assists : 2575 (1316)
Steals : 1143 (587)
Blocks : 1136 (579)

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