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Derrick Rose

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Derrick Martell Rose
Né le : 4 octobre 1988
Taille/Poids : 1m91, 86kg

Mine de rien, la saison NBA qui s’apprête à démarrer sera déjà la 7ème pour Derrick Rose, qui fêtera ses 26 ans dans 2 jours. Absent des parquets pendant la quasi totalité des 2 dernières années, « Pooh » a une revanche à prendre et une ascension à recommencer, après avoir tutoyé les sommets. Retour sur la « première » carrière de celui sur qui les rêves de titre de la ville reposent.

C’est à Chicago que Derrick Rose voit le jour, plus précisément à Englewood, quartier sud de la ville, réputé pour être l’un des plus dangereux du coin, dans l’une des villes les plus dangereuses du pays. Sans la moindre trace d’un père (et aucune info à ce sujet), le petit Derrick est élevé par sa mère Brenda et ses 3 grands frères, Dwayne, Reggie et Allan. Ce sont ces 3 là, tous passionnés de Basket, qui vont transmettre le virus au petit dernier, qui va vite montrer de belles aptitudes pour ce jeu.

Sa réputation grandit rapidement dans les quartiers de Chicago, au point que ses frères et sa mère doivent le couver et le protéger en permanence car Derrick est d’une nature assez naïve et la crainte qu’il se fasse arnaquer par de faux agents est grande au sein de sa famille. En 2003 il intègre la Simeon High School, où a notamment joué un autre NBAer natif de Chicago, Nick Anderson. Pendant ses 4 ans au Lycée, il va cartonner (21.1pts, 6.2rbs, 8.2asts en moyenne sur 4 ans, une dernière saison 2006/07 à 25.2pts, 9.5rbs, 8.8asts et 3.4stls !!), tout en offrant au programme 2 titres consécutifs de champion de l’état. Classé 5ème prospect du pays, les Universités se bousculent pour l’avoir et alors que tout le monde pense qu’il va rester à la maison et choisir Illinois, où on lui promet d’être associé avec le futur NBAer et ami d’enfance de Rose, Eric Gordon, le choix de ce dernier d’aller à Indiana fait que Rose opte pour Memphis.

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A Memphis, Rose sera coaché par John Calipari, une référence du Coaching Universitaire. Accompagné des futurs NBAer Jerome Dorsey et Chris Douglas-Roberts, Rose et les Tigers débutent par 26 victoires consécutives, pour un bilan de 33-1 avant le début de la March Madness. Rose se distingue par sa défense sur DJ Augustin lors du 8ème de finale face à Texas, puis brille aussi face à Darren Collison et UCLA en 1/2 finale, signant 25pts et 9rbs pour offrir à sa Fac une chance de remporter le titre NCAA. Face à Kansas en finale, Rose inscrit 17pts et donne 7 passes mais loupe un lancé franc crucial en toute fin de match qui permet à Kansas d’obtenir une prolongation et de s’y imposer. Auteur de 20.8pts, 6.5rbs et 6.0asts sur le tournoi, Rose décide de faire directement le bond vers la NBA. En 2009, un scandale éclatera avec des révélations laissant croire que les notes de Derrick Rose en High School ont été « gonflées » pour lui permettre d’obtenir une bourse à Memphis, après plusieurs enquêtes, Rose sera déclaré inéligible et la saison 2007/08 de la Fac sera effacée.

Pendant ce temps, Rose s’est donc inscrit à la Draft NBA 2008 et, par le plus grand des hasards, c’est Chicago qui hérite du choix de Draft #1, malgré 1.7% de chance lors de la Lottery !! Néanmoins, Rose est en concurrence avec Michael Beasley pour devenir le numéro un de la Draft et lorsque les dirigeants des Bulls reçoivent les 2 joueurs pour des entretiens individuels, c’est leur réponse à la question « Qu’est ce qui vous gênait le plus en NCAA ? » qui fera la différence. La réponse de Beasley (qui a répondu à un coup de fil en pleine conversation avec John Paxson) : « Les mauvais calls des arbitres quand tu joues à l’extérieur », la réponse de Rose : « Perdre ». Le 26 juin 2008, David Stern déclare : « Avec le choix numéro un de la Draft NBA 2008, les Chicago Bulls choisissent … Derrick Rose, de l’Université de Memphis. »

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Le natif des quartiers de Chicago est donc de retour en ville, l’histoire est belle et malgré une petite tendinite qui met fin prématurément à sa Summer League, Rose réalise de bons débuts avec les Bulls, scorant notamment 26pts dés son 3ème match contre … Memphis. Sa nature discrète et effacée fait qu’on ne parle pas énormément de lui mais son jeu spectaculaire, sa vitesse folle, ses changements de rythme et de direction, ses dunks puissants et ses dribbles se chargent de lui faire de la pub. La NBA découvre vite un meneur supersonique, bondissant et qui n’a pas froid aux yeux. Sa progression est constante, bien aidé par Kirk Hinrich dans le rôle du mentor. Rose score 27pts à Atlanta puis signe 21pts/13asts 2 jours plus tard à New Jersey. Il se distingue lors du All Star Weekend en remportant le Skills Challenge, établissant le temps le plus court de l’histoire du concours lors de la finale. Il finit la saison en trombe (5 matchs à 20pts ou + lors des 8 dernières sorties) pour qualifier Chicago in extremis pour les Play-Offs (41-41).

Avec des moyennes de 16.8pts et 6.3 assists, Rose est désigné Rookie of the Year, le 3ème de l’histoire des Bulls après Michael Jordan et Elton Brand, puis prend une autre dimension lors de la série de PO face aux champions en titre, les Boston Celtics. Au Game 1, il égale le record de Kareem Abdul Jabbar du plus grand nombre de pts pour un Rookie dans son 1er match de PO, avec 36 unités (plus 11 assists). Ce soir là, Chicago bat Boston pour la 1ère fois de son histoire en PO, après prolongation. Le reste de la série sera extraordinaire, les 2 équipes se livrent l’un des plus beaux duels de l’histoire des PO. 2 prolongations au Game 4 (ou Rose frôle le Triple Double avec 23pts, 11rbs, 9asts), 1 prolongation au G5, 3 au G6 (28pts de Rose et un contre décisif sur Rondo pour obtenir la victoire) pour au final une qualification des Celtics au G7 après une série phénoménale. Auteur de 19.7pts, 6.3rbs et 6.4asts sur la série, Rose a démontré tout son potentiel et ses qualités.

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Rose devient rapidement le chouchou du public, qui voit en ce produit local la promesse d’ambitions élevées. Avec le départ de Ben Gordon, « Pooh » doit assumer plus de responsabilités offensives mais il se blesse à une cheville dés le 1er match de pré-saison, le forçant à déclarer forfait pour le reste de la préparation. Il sera présent pour le début de saison mais devra attendre un bon mois avant de trouver son rythme de croisière. Sa popularité est grande et ses dunks ravageurs font le tour du monde (demandez à Goran Dragic ce qu’il en pense) et alors qu’il se place déjà en 4ème place des ventes de maillots NBA, il fait partie des réservistes pour disputer le All Star Game, devenant le 1er Bull depuis Michael Jordan a faire partie du match des étoiles, ou il inscrira 8pts plus 4asts et 3stls en 15mins. Néanmoins les Bulls stagnent et doivent encore cravacher pour se qualifier pour les PO, il faudra un match à 39pts de Derrick Rose à Boston pour obtenir le succès qui les qualifie pour la post-season. Opposé aux Cavs de LeBron James, Chicago ne fait toutefois pas illusion et malgré 2 matchs à 31 unités de « Pooh », les Bulls s’inclinent rapidement 4-1. La saison reste positive pour Derrick avec des moyennes de 20.8pts et 6.0 asts, puis 26.8pts et 7.2asts lors des PO.

Lors de l’été il est titulaire avec Team USA lors des championnats du Monde en Turquie et remporte la médaille d’Or. Un trophée qui lui ouvre l’appétit : « Pourquoi je ne pourrais pas être MVP de cette ligue ? Je sais le travail que je fournis et les efforts que je fais et je pense que je peux l’être » déclare t’il à la reprise des entraînements, à quelques jours de ses 22 ans. Et pour prouver que ce ne sont pas des paroles en l’air, Rose laisse découvrir un bien meilleur shoot à 3pts, un leadership plus affirmé et un rôle de patron qui lui va à merveille. Dés le 2ème match de la saison, il claque 39pts, 6rbs, 7asts contre Detroit, avant de délivrer 14 passes (et 24pts) face aux Knicks puis 13 assists et 22pts face aux Warriors, il cartonne lors du traditionnel West Road Trip (2 soirs de suite à 33pts à Houston et San Antonio, 35pions à Phoenix où il arrache une 2ème prolongation avec un Reverse au buzzer et inscrit 11pts dans l’OT, 30pts à Sacramento, puis de retour à Chicago, 30pts/7rbs/11asts/5stls + un THREE au buzzer pour arracher l’OT face à Houston !! Et tout ça avant la mi-décembre !!

Il ne faiblira pas franchement pas la suite, signant 36 contre Boston puis 34 contre Miami avant de réussir son 1er Triple Double à Memphis lors du Martin Luther King Day (22pts, 10rbs, 12asts) puis de coller 33pts aux Bobcats le lendemain. Juste avant le All Star Game ou il sera un titulaire indiscutable, il colle 36 pts à Portland puis 42 contre les Spurs, son Career High, avec un récital de shoots. Des légendes telles que Michael Jordan, Scottie Pippen ou Charles Barkley en font leur MVP de la saison et Rose continue de leur donner raison soir après soir, avec encore 42pions à Indiana dont 3 lancés au buzzer pour arracher la prolongation, 36pts/10asts contre Toronto et 39pts à Orlando … Les Bulls signent leur meilleure saison depuis la fin de l’ère Jordan avec le meilleur bilan de la ligue (62-20) et Rose, leader indiscutable, devient logiquement le plus jeune MVP de l’histoire de la NBA avec des moyennes de 25.0pts, 4.1rbs, 7.7asts à 22ans et 212 jours !!

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Rose continue de s’affirmer comme le patron et veut mener les siens au titre, il débute les PO avec 39pts puis 36pts contre Indiana, que les Bulls éliminent difficilement malgré tout (4-1). Au tour suivant, face à Atlanta, les Hawks gagnent le G1 à Chicago mais Rose leur rend la pareille au G3 en Georgie avec 44pts à 16/27 puis 34pts au G4. Les Bulls finiront par se qualifier 4-2 et prendront le G1 face à Miami lors des finales de conférence. Hélas, le Heat remporte les 4 matchs suivants et va en finale, laissant Chicago et Rose dans le doute.

Pendant plusieurs jours, Rose déprime et ne sort pas de chez lui, dégoûté d’être passé si proche des Finals. Mais il se reprend vite et se met au boulot pour aborder la nouvelle saison, qui débutera avec du retard à cause du Lock-Out. Au final c’est le soir de Noël que le championnat reprend et les Bulls se déplacent chez les Lakers. Bien aidé par Deng, Rose offre la victoire aux siens d’un Floater à 4.8 secondes du terme. De quoi fêter dignement sa prolongation de contrat, à hauteur de 94 millions de dollars sur 5 ans !! On se dit alors que le MVP va poursuivre sur sa lancée, hélas des blessures à répétition vont perturber sa saison. Le cou, les chevilles, le poignet, le coude, l’épaule, Rose souffre de partout et manque des matchs par ci par là, ne disputant que 39 rencontres sur les 66 prévues cette saison là. Son principal sponsor, Adidas, ne s’en préoccupe pas trop et lui fait signer un contrat de 260 millions de Dollars sur 14 ans !! Pendant ce temps les Bulls signent tout de même une saison de très haute volée et possèdent encore le meilleur bilan de la ligue (50-16) au moment d’aborder les PO, avec Rose qui fait son grand retour. Opposé à Philadelphie lors du 1er tour, Chicago affiche sa supériorité et domine de bout en bout, avec un Rose excellent (23pts, 9rbs, 9asts), lorsqu’une simple montée au cercle va tout ruiner. A 1min23 de la fin du G1, Rose est dans la raquette et s’élève pour un Floater mais sent immédiatement que quelque chose ne va pas. Il se traine jusqu’en dehors du parquet et reste allongé là, dans un United Center silencieux. L’enfant du pays est touché, et salement. Rupture des ligaments croisées. Les rêves de titre des Bulls s’envolent, eux qui se feront finalement sortir par les 76ers 4-2, tandis que Rose débute son long chemin de croix.

Bulls' Rose Hurt during Playoff Game against 76ers in Chicago

Rose se fait opérer du genou quelques jours plus tard et bosse dur sa rééducation, les médias prédisent un retour aux alentours du All Star Game pour la star des Bulls, mais la franchise souhaite rester prudente et lui donner autant de temps que nécessaire. Seule la naissance de son fils, PJ, sonne comme une bonne nouvelle pour Rose à ce moment là, pendant que ses coéquipiers se démènent sur les parquets pour sauver ce qui peut l’être en attendant son retour. Mais c’est là que les premiers clashs vont avoir lieu et placer quelques zones d’ombres sur le joueur. Alors que les médecins déclarent Rose prêt à retourner sur les parquets, Derrick lui continue de ne faire que les entraînements et les échauffements d’avant match, ne souhaitant rien précipiter. Reggie, son frère et agent, déclare alors que les Bulls ne sont pas assez bons de toute façon et que Derrick n’a aucun intérêt de revenir puisque l’équipe ne pourra aller jusqu’au titre. Une déclaration malvenue qui met le feu aux poudres entre les dirigeants des Bulls et le « clan Rose », qui comporte aussi BJ Armstrong, ancien joueur de la franchise qui ne peut pas supporter John Paxson, GM du club. Rose se retrouve prisonnier entre ces querelles incessantes et ne fait pas grand chose pour calmer la situation. De plus en plus de fans pètent les plombs de le voir assis sur le banc sans réaction pendant que ses coéquipiers jouent chaque soir en se donnant à fond. Rose laisse passer l’orage et sait que lorsqu’il reviendra effectivement sur les parquets, tout rentrera dans l’ordre.

Ce retour sur les parquets, il aura lieu lors du Training Camp de la saison 2013/2014. Après une saison totalement blanche, Rose est de retour et comme prévu, toutes les tensions se calment avec le natif de la ville de nouveau aux commandes. Quelque peu ménagé au départ, il manque notamment le match de préparation face aux Wizards au Brésil, alors qu’il a fait le voyage avec l’équipe. Mais le soir de la reprise de la saison régulière, face au Miami Heat, il est là et bien là. Un retour tant attendu qui se solde par une défaite chez les doubles champions en titre et un pauvre 12pts à 4/15, mais on sait que Rose a besoin de temps pour retrouver le rythme et 2 jours plus tard face aux Knicks, il inscrit un Floater improbable dans les dernières secondes pour offrir la victoire aux siens malgré un vilain 7/23 aux tirs !!

Petit à petit Rose retrouve ses sensations mais un nouveau coup du sort va le stopper net dans son élan une fois de plus. Lors d’un match à Portland, il se fait mal tout seul sur un appui et quitte le parquet en boitant. Bien évidemment, dés que Rose montre un quelconque signe de douleur, l’affolement est général, alors quand Rose quitte la salle avec des béquilles, l’ambiance n’est pas au beau fixe chez les fans des Bulls, qui apprennent par la suite que Rose doit se faire opérer de son autre genou, cette fois à cause de son ménisque !! Le sort semble s’acharner sur Rose et les Bulls, son comeback n’aura duré que 10 petits matchs et le voilà de nouveau contraint à mettre un terme à sa saison !!

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Loin de se laisser abattre, Rose assure en conférence de presse que même s’il se blesse encore 10 fois il n’abandonnera pas et reviendra plus fort. Son absence entraîne le départ de Luol Deng et une reconstruction au sein de l’effectif, qui ira quand même en PO mais sortira dés le 1er tour face à Washington. Cette fois pas question de polémiquer et d’annoncer des comebacks qui n’auront pas lieu, Rose déclare d’entrée que c’est fini pour cette année et qu’il reviendra pour la saison suivante. La blessure et l’opération étant moins grave que la 1ère, Rose met moins de temps à bosser sa rééducation mais ne précipite rien et change ses habitudes, nouveau chef cuisinier personnel, meilleure approche des étirements, yoga, travail en piscine, Derrick se donne toutes les chances de retrouver son niveau d’antan et revenir aider sa ville à obtenir un titre. Sous la surveillance de Tom Thibodeau, il participe au Training Camp de Team USA à Las Vegas et fait partie des 12 joueurs qui iront disputer la Coupe du Monde en Espagne. Remplaçant, il montre par moments quelques flashs de son ancien niveau avec un ball handling et des accélérations supersoniques qui ont fait sa gloire, mais son shoot est catastrophique et rien ne semble rentrer. Mais la principale qualité de Rose reste une confiance en lui imperturbable. Il n’abandonne pas et pour tout le monde, le simple fait qu’il ait pu enchaîner les entraînements et les matchs tous les jours est un gros motif de satisfaction, même la médaille d’Or obtenue, sa 2ème, passe au second plan.

D Rose and Thibs Gold Medal

Désormais Derrick Rose apparaît plus mature, serein, calme, mais aussi plus affûté physiquement, il suffit de voir ses joues pour s’en convaincre. Toujours aussi impliqué dans la communauté, il a fait don la semaine dernière d’1 million de Dollar à un organisme qui propose des activités extra-scolaires aux jeunes défavorisés. A 2 jours de ses 26 ans, les doutes sont encore nombreux sur sa capacité à rester en bonne santé et retrouver son ancien niveau de jeu, mais s’il y parvient et que les Bulls réussissent à atteindre un jour le but ultime d’obtenir un 7ème titre avec Derrick Rose, l’histoire n’en sera que plus belle.

Stats en carrière :

Matchs : 289
Points : 6017
Rebonds : 1103
Assists : 1954

Palmarès :
– NBA MVP (2011)
– NBA Rookie of the Year (2009)
– Champion du Monde (2010, 2014)
– All Star (2010, 2011, 2012)
– Skills Challenge (2009)

Vidéos :

36pts pour son 1er match de PO :

Son Dunk sur Dragic :

Ses 42 pts contre San Antonio :

Ses 44 pts à Atlanta :

Son Floater pour la gagne à Noël chez les Lakers :

Son Floater pour la gagne contre New York :

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