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La saison 1971/72

71-72

Les Bulls affichent une belle progression avec cette une 1ère saison à plus de 50 victoires et un effectif d’expérience qui commence à avoir un vécu commun important. De plus, la victoire des Milwaukee Bucks, champions NBA 1971 après seulement 3 ans d’existence, donne des idées à Chicago et de l’ambition, eux aussi veulent remporter le trophée et sentent qu’ils ne sont pas loin d’être de sérieux contenders. A la Draft, ils sélectionnent les pivots Clifford Ray et Artis Gilmore, mais ce dernier préfère signer aux Kentucky Colonnels, équipe du championnat ABA, ligue rivale de la NBA.

Chicago signe 5 victoires de suite après une défaite initiale contre Philadelphie mais souffre régulièrement d’un manque de vitesse et d’organisation dans le jeu. Les dirigeants se mettent à la recherche d’un meneur mais ça prend du temps et de lourdes défaites arrivent (130-99 à Buffalo, 109-122 face aux Lakers 3 jours plus tard). Mais ce même jour la solution est trouvée : le plan des Bulls est de faire revenir Norm Van Lier, qu’ils avaient drafté en 1969 avant de l’envoyer dans la foulée à Cincinnati. Mais avant de le faire revenir, ils demandent à Jerry Sloan ce qu’il en pense, lui qui s’était battu avec Van Lier lors d’un match de pré-saison en 69. La réponse de l’arrière des Bulls est claire : « Quiconque sait se battre comme Van Lier peut être dans mon équipe sans problème. »

Van Lier débarque et joue dés le lendemain à Baltimore, pour une victoire de sa nouvelle équipe 125-106, le début d’une série de 7 victoires qui va lancé la saison et crée un monstre à 2 têtes à l’arrière : Associés dans le backcourt, Van Lier et Sloan sont un mélange explosif d’agressivité pure et de combativité de tout les instants. Ils pressent full court, mettent des coups, se jettent sur tout les ballons, provoquent les passages en force et terrorisent les arrières adverses qui ont souvent exprimé dans les médias leur crainte d’affronter Chicago « Ces mecs sont des tarés » pestait Rick Barry, la star des Golden State Warriors. Même son de cloche chez l’arrière des Bucks Bob Dandridge « Quand on les voit arriver avec leurs bandages partout et leurs cicatrices, on se demande si on va jouer au Basket ou au Foot US, ces types vont foncent dessus, vous envoient dans le décor et adorent ça ». Le duo est surnommé les Bruise Brothers, car après avoir joué contre eux, on en ressent les effets et les hématomes poussent sur tout le corps.

Ces méthodes rugueuses ne sont pas appréciées par les pontes de la NBA, mais Chicago gagne (27-10 au réveillon 1972) et supporte la comparaison face aux meilleures équipes de la ligue. Mieux, le public tombe amoureux de cette équipe d’acharnés et commence petit à petit à bien garnir le Chicago Stadium, avec régulièrement plus de 10000 personnes qui viennent assister aux batailles farouches face aux Lakers et aux Bucks, les 2 principaux ogres de la conférence Ouest. Parfaitement adapté, Van Lier signe un Triple Double face aux Knicks en février (21pts, 11rbs, 14asts), tandis que le jeune Rookie Clifford Ray montre de bonnes choses en relais de Tom Boerwinkle au poste de pivot, tournant à 10.6rbs en sortie de banc. Pendant ce temps, le duo Walker et Love continue d’aligner les cartons offensifs avec une régularité étonnante. 23 matchs à 30 points ou plus pour Love, 10 pour Chet Walker qui va même établir un record de Franchise en collant pas moins de 56 pts lors d’une large victoire face à Cincinnati.

Chicago Bulls Norm Van Lier

L’ensemble est relativement épargné par les blessures et enchaîne les succès, terminant la saison régulière avec 13 victoires sur les 19 dernières journées pour afficher un bilan record pour le club de 57 victoires et 25 défaites, avec tout simplement la meilleure défense de la ligue (102.9pts encaissés par matchs). D’ailleurs Love et Sloan sont élus en All Defensive 1st Team, tandis que Van Lier est présent dans la seconde. De quoi se classer 3ème de la Conférence Ouest, derrière les intouchables Lakers et Bucks. Cette saison là, les 4 qualifiés de l’Ouest affichent tous un bilan au delà des 50 victoires, rendant les Play-Offs particulièrement savoureux.

Problème pour Chicago, ils retrouvent sur leur chemin les Los Angeles Lakers, qui les avaient déjà sortis la saison précédente et viennent de réaliser une saison record, avec un bilan pharaonique de 69 victoires pour seulement 13 défaites. Wilt Chamberlain est le meilleur rebondeur de la ligue, Jerry West est meilleur passeur, Bill Sharman est élu Coach of the Year et les Angelinos sont donc logiquement annoncés favoris.

D’ailleurs la logique est respectée avec 2 grosses victoires des Lakers sur leur parquet, malgré 26pts de Love et 21 de Clifford Ray lors du 2ème match. De retour à Chicago, les fans sont pourtant prêts à pousser derrière leurs favoris et remplissent le Chicago Stadium avec 17800 et 18800 spectateurs lors des matchs 3 et 4, qui se sont malheureusement soldés par 2 défaites des Bulls malgré encore un Clifford Ray solide, qui aura prouvé sa valeur, terminant dans le meilleur 5 des Rookies.

Ceci étant c’est la 2ème année de suite que les Los Angeles Lakers éliminent Chicago au 1er tour et même la 3ème fois en 4 ans. Malgré beaucoup de promesses, les Bulls n’ont toujours pas réussi à passer un tour de Play-Off mais les dirigeants continuent de faire confiance à Dick Motta et à ce groupe combatif qui a malgré tout démontré de bonnes choses tout au long de la saison régulière. Reste néanmoins à franchir enfin ce fameux palier …

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Bilan : 57-25
Classement : 2ème de la Midwest division, 3ème de la Conférence Ouest
Attaque : 111.2 PPG (6ème sur 17)
Défense : 102.9 PPG (1er sur 17)
Meilleur marqueur : Bob Love (25.8)
Meilleur rebondeur : Tom Boerwinkle (11.2)
Meilleur passeur : Norm Van Lier (7.1)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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