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La saison 1972/73

72-73

Les ambitions de réaliser une saison encore plus remarquable que la précédente prennent rapidement du plomb dans l’aile avec la grave blessure au genou du pivot vedette Tom Boerwinkle. Une blessure qui intervient dans les dernières minutes d’un déplacement à Boston le 14 octobre, lors du 3ème match de la saison. Le prometteur Clifford Ray, dans un registre plus complet et athlétique, devient titulaire et pour faire le nombre, Chicago fait venir Dennis Awtrey de Philadelphie en échange d’un tour de Draft, ainsi que Gar Heard en provenance de Seattle en échange de Kenny McIntosh. Ils disposent également de Garrett Rowland, drafté quelques mois plus tôt.

Après la blessure de Boerwinkle, Chicago enchaîne 6 déplacements à l’Ouest et débute par un succès retentissant à Houston (130-97), malgré Awtrey qui sort pour 6 fautes. Au final ce West Road Trip sera un succès, avec un bilan de 5-1 qui fait grimper la confiance dans les rangs. Les Bulls vont même prolonger leur série à 6 victoires de suite en disposant de Kansas City et Phoenix et revenant au Chicago Stadium, avec 34pts de Bob Love face aux Suns. Le groupe reste sur une belle dynamique avec des options offensives diverses et variées. Quand ce n’est pas Love (2 matchs de suite à 49 puis 44pts en février), c’est Heard (31pts vs Baltimore), ou Sloan (31pts au match suivant contre Houston) et l’inévitable Chet Walker (35pts face aux Warriors) qui font mal aux défenses adverses. Signe que ce groupe ne lâche jamais rien ? Lors d’un soir totalement fou, les Bulls signent le plus gros comeback de la franchise en rattrapant 26pts de retard sur les Knicks pour finalement l’emporter !

Et quid de Norm Van Lier ? Le meneur de poche profite des espaces que crée ses intérieurs pour s’infiltrer régulièrement dans les raquettes adverses et se frotter sans peur aux mastodontes d’en face. Formidable All Around player, il excelle aux rebonds par sa combativité et sa malice, tout en créant et distribuant le jeu avec bonheur, sans parler d’une défense toujours aussi intense et un binôme avec Jerry Sloan qui continue de marquer à la fois la ligue et les arrières adverses de leur empreinte. Un Jerry Sloan tellement combatif que même ses partenaires s’en plaignent ! Un jour, Norm Van Lier et Chet Walker demandent à Dick Motta de faire en sorte que Sloan soit introduit en 1er lors de la présentation des équipes lors des avant matchs, car en rentrant en dernier, il donne une tape tellement violente dans la main de ses coéquipiers qu’ils ont peur de se blesser !

Mais si l’équipe continue d’afficher un bilan plutôt correcte (29-19 au moment du All Star Game, qui se déroule au Chicago Stadium avec Chet Walker et Bob Love pour représenter les locaux), il y a toujours Milwaukee et les LA Lakers pour leur barrer la route de l’avantage de terrain en Play-Offs. D’ailleurs les confrontations directes sont toujours aussi animés et disputées, mais elles tournent encore régulièrement en faveur des Californiens et Bucks (3-9 en cumulé face à ces 2 équipes), qui batailleront toute la saison pour la 1ère place de la conférence Ouest.

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Au final, avec un bilan de 51-31, Chicago terminera pour la 4ème année de suite à la 3ème place de l’Ouest, laissant place à ce qu’on appelle désormais un classique : Ce sera Lakers/Bulls au 1er tour des Play-Offs pour la 3ème année de suite et la 4ème fois en 6 saisons. Pour l’occasion, Chicago espère que le retour de Tom Boerwinkle, revenu quelques matchs seulement avant la fin de la saison régulière, sera suffisant pour aider l’équipe à enfin passer ce 1er tout de PO qui marquerait enfin une progression pour ce groupe. Hélas, Boerwinkle rechute dés le 1er match, perdu en prolongation au Staples Center (107-104). Il y aura moins de suspense au Game 2, Los Angeles s’imposant de 15pts (108-93) malgré 32pts de Bob Love.

Comme 2 saisons auparavant, les Bulls remportent leurs 2 matchs de retour à la maison, avec 38 pions signés Love, avant de s’incliner à Los Angeles lors de la 5ème manche. Devant 18000 personnes, Norm Van Lier prend les choses en main au match 6 à Chicago : 27pts et une défense folle pour limiter Gail Goodrich à seulement 4pts et obtenir une 7ème et dernière manche, à Los Angeles. Et c’est encore Van Lier qui fait le show lors de ce match 7, attaquant le cercle adverse avec énergie, il ira même prendre 14 rebonds sur la tête des géants Californiens. Dans son sillage, Chicago fait la course en tête et possède même une avance de 7pts (90-83) à 3 minutes de la fin du match.

Les Bulls pensent alors que le plus dur est fait, mais la fin de match va s’avérer cauchemardesque, comme le raconte Norm Van Lier justement : « On pensait vraiment pouvoir les battre. Le fait d’avoir déjà battu LA 3 fois nous rendait confiant et on voulait tout donner sur ce match, même si c’était chez eux. A 3mins de la fin, on menait 90-83 et on commençait à se dire que c’était fait, enfin on allait remporter une série de Play-Off, contre les Lakers qui plus est. Mais on a commencé à jouer la montre et même si d’habitude on était bons à ce petit jeu, on a commis des erreurs terribles et on a encaissé un 12-2 fatal. Même quand on était mené 93-92 avec quelques secondes à jouer, je me disait qu’on pouvait encore le faire. Le Coach Dick Motta m’avait désigné pour prendre le dernier tir, celui de la gagne, avec un système pour me libérer. J’ai pris un bon tir, je savais qu’il allait rentrer, en retombant au sol je me suis dit que c’était bon, mais Wilt Chamberlain a surgi de nulle part et a contrer mon tir (aujourd’hui on aurait considéré ça comme un goaltending mais à l’époque ça n’existait pas en NBA), puis il a servi Goodrich qui a marqué le lay-up pour leur victoire. On est passé de potentiellement +1 à -3 en un éclair. »

Chicago s’incline de nouveau au Game 7 à Los Angeles et commence franchement à désespérer d’enfin passer un tour en post-season malgré des saisons régulières de qualité. Pourtant les dirigeants décident de faire confiance au noyau dur Boerwinkle, Love, Walker, Sloan, Van Lier et les saisons prometteuses de Clifford Ray et Gar Heard pour enfin franchir un cap.

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Bilan : 51-31
Classement : 2ème de la Midwest Division, 3ème de la Conférence Ouest
Attaque : 104.1 PPG (14ème sur 17)
Défense : 100.6 PPG (3ème sur 17)
Meilleur marqueur : Bob Love (23.1)
Meilleur rebondeur : Clifford Ray (10.9)
Meilleur passeur : Norm Van Lier (7.1)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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