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La saison 1975/76

L’inter-saison 75 figure parmi les plus désastreuses de l’histoire des Bulls. Déjà, la Draft n’apporte pas grand chose avec aucun choix au 1er tour et pas vraiment de potentiel intéressant au moment de choisir. Du coup la principale acquisition se nomme John Laskowski. Ensuite, les brouilles incessantes entre les joueurs et les dirigeants atteignent des sommets : Chet Walker, qui se voit refuser une augmentation pour passer de 165.000 à 200.000$ la saison car jugé trop vieux par Dick Motta (il a alors 35 ans), annonce son départ à la retraite et poursuivra les Bulls en justice. De plus, aucun Free Agent ne souhaite rejoindre Chicago, conscients que l’équipe est dans une mauvaise période et que les dirigeants ont des oursins dans les poches.

Et ça se confirme rapidement : après 3 victoires en 5 matchs, les Bulls vont vite déchanter et enchaîner 17 défaites en 19 rencontres ! Dans tout ce marasme, Nate Thurmond, dont le passage restera au final un échec, est tradé à Cleveland en compagnie de Rowland Garrett alors que ce dernier commençait à montrer de bons signes de progression. Matt Guokas est également tradé, à Kansas City, tandis que Jerry Sloan n’a pris part qu’à 7 matchs à cause de 2 blessures au genou. Pire, il aggrave sa blessure mi janvier et doit mettre fin à sa saison. De plus, si Bob Love continue de scorer à outrance (19.1pts en moyenne sur la saison), il le fait avec un pourcentage aux tirs indigne de sa carrière (39% seulement). A 33 ans, son déclin se fait de plus en plus visible.

Parmi les rares satisfactions, les progressions des jeunes Mickey Johnson et Cliff Pondexter sont remarquées tandis que Boerwinkle semble retrouver une certaine forme, de nouveau dominant aux rebonds et auteur d’un solide Triple Double face aux Lakers le 13 janvier (21pts, 18rbs, 11asts). Mais la principale attraction reste Norm Van Lier, de plus en plus dépositaire du jeu et toujours aussi énergique malgré l’absence de son compère favori Jerry Sloan. Il fêtera sa 2ème sélection All Star début février mais malgré tout ses efforts et son abnégation, Chicago continue de s’enliser (14-34 au moment du All Star Weekend).

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Et même si Van Lier offre un beau succès aux siens en scorant 26pts face aux Lakers au retour du All Star Game, ça ne permet pas à l’équipe de décoller, entre cadres déclinants et manque de vécu collectif. Les victoires se font rare et pourtant c’est là que Chicago signe le plus large succès de son histoire, passant un violent 130-74 aux Portland TrailBlazers, soit un écart final de 56pts ! Ce soir là Mickey Johnson inscrit 21pts et débute une belle série de performance. Les Bulls veulent le mettre en valeur car c’est un natif de la ville et ça peut faire revenir les fans au stade. Alors ils le responsabilise davantage en fin de saison, ou il n’y a plus rien à jouer depuis longtemps. Et Johnson se fait plaisir, démontrant de belles qualités athlétiques et un jeu agressif près du cercle. Après Portland, il enchaîne avec 25pts à Milwaukee, 30 face à Washington puis 2 fois 23 à Portland et Golden State.

Tout ça ne permet pas aux Bulls de gagner des matchs, avec une nouvelle série de 8 défaites de rang. Une victoire de 34pts (111-77) face à Milwaukee lors de la dernière journée permet à Chicago de conclure la saison avec un bilan de 24-58, la plus mauvaise saison de l’histoire du club et le pire bilan de la ligue cette saison là, avec également la plus mauvaise attaque (95.9PPG) et la pire adresse (41.4%). A part Van Lier (12.6pts, 5.4rbs, 6.6asts, 2.0stls) qui termine 4ème meilleur passeur et élu dans le meilleur 5 défensif, et le jeune Johnson (15.3pts à 46.3%, 9.4rbs), il n’y a pas grand chose de rassurant pour la suite. Pour une équipe qui est passée à quelques points d’une finale NBA 10 mois auparavant, la chute est catastrophique et ça ne s’arrête pas là … Jerry Sloan, usé et rincé, annonce sa retraite après n’avoir disputé que 22 matchs cette année là tandis que le Coach Dick Motta jette l’éponge, au grand soulagement des leaders du vestiaires qui n’en pouvaient plus de son autorité et son agressivité dans les négociations.

Chicago est en pleine reconstruction et les solutions ne sont pas nombreuses afin d’opérer un retour rapide vers les sommets. De plus, le public a quitté la salle (de 10700 spectateurs en moyenne la saison précédente à 6300 cette année là !). Tout est donc à refaire, comme en 1966 : conquérir puis fidéliser un public et fonder une équipe compétitive. Autant dire qu’il y a du pain sur la planche …

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Bilan : 24-58
Classement : 4ème de la Midwest Division, 9ème de la conférence Ouest
Attaque : 95.9PPG (18ème sur 18)
Défense : 98.8PPG (1er sur 18)
Meilleur marqueur : Bob Love (19.1)
Meilleur rebondeur : Tom Boerwinkle (10.7)
Meilleur passeur : Norm Van Lier (6.6)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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