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La saison 1984/85

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« With the 3rd pick of the 1984 NBA Draft, the Chicago Bulls picked … Michael Jordan, from the University of North Carolina ». A l’annonce de ces mots par David Stern, le grand patron de la NBA, tout Chicago se remet à rêver. Le GM Rod Thorn en tête, tout heureux d’avoir récupéré une telle pépite après que Portland ait choisi le pivot Sam Bowie avec le 2ème choix. Jordan signe un contrat de 5 ans pour 4 millions de Dollar et est présenté comme celui qui sortira l’équipe des bas fonds de la ligue. Pour l’anecdote, Chicago va également sélectionner … Carl Lewis (oui, LE Carl Lewis) avec le pick 208 au 10ème tour, alors qu’il ne jouait pas en Basket en Université mais un scout des Bulls voulait miser sur son potentiel athlétique pour en faire un Basketteur, la future icone mondiale de l’Athlétisme déclinera l’offre.

Mais niveau qualité athlétique, ils ont déjà de quoi faire avec Michael Jordan. Ils signent l’agent libre Wes Mathews pour en faire le remplaçant d’Ennis Whatley et malgré la perte de Mitchell Wiggins, si précieux en sortie de banc la saison précédente, l’ensemble apparaît plus cohérent. Après une belle victoire inaugurale 109-93 contre Washington (avec 28pts de Woolridge et 16 de Jordan), les Bulls affrontent Milwaukee 2 fois de suite. Dans le Wisconsin, Jordan a l’égalisation au bout des mains mais son tir au buzzer fait un Air Ball. Il se venge 2 jours plus tard quand les 2 équipes se retrouvent dans l’Illinois : 37pts à 13/24, dont 20 des 26 derniers pts de l’équipe et 6 interceptions pour une victoire 116-110.

L’équipe enchaîne sur une série de 4 victoires en 5 matchs à l’extérieur puis fête son retour au Chicago Stadium par un beau succès contre San Antonio ou Jordan signe 45pts et 10rbs, son 1er match à plus de 40 unités. Avec ce succès l’équipe est à 7-2 et affiche de belles choses dans le jeu et un bel équilibre. Le duo Jordan/Woolridge cartonne toutes les défense avec un style rapide, fluide et athlétique, tandis que Dailey semble bien s’acclimater à son nouveau rôle de 6ème homme de luxe, signant notamment un match à 30pts à 14/19 aux tirs à Indiana. Ennis Whatley continue de distribuer du caviar à la pelle, au point que l’équipe se sépare sans regret de Ronnie Lester. Seul le secteur intérieur semble avoir du mal à tenir la cadence, manquant de rotation avec encore Sidney Green et Caldwell Jones régulièrement absents pour suppléer Corzine et Steve Johnson.

Du coup l’équipe prend l’eau certains soirs et le manque d’expérience du groupe se fait ressentir (seuls 2 joueurs ont plus de 27 ans : Caldwell Jones 34 et Corzine 28). Il faudra un succès en double prolongation 132-129 à Atlanta puis une victoire de prestige de 25pts contre Boston (110-85 avec 32pts, 12rbs, 8asts de Jordan) pour atteindre noel avec un bilan positif (15-14). Face à Cleveland au match suivant, Jordan signe 45pts, 7rbs, 11asts et Woolridge ajoute 24pts à 12/14 aux tirs mais après ça les défaites vont s’accumuler et jusqu’à la coupure All Star, l’équipe cumule soirées frustrantes et performances intéressantes.

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Lors de cette coupure All Star, Michael Jordan fait déjà parti des favoris du public et est élu dans le 5 de départ à l’Est, aux côtés de son idole Julius Erving. Mais d’autres membres de l’équipe, Isiah Thomas en tête, n’apprécient pas ce Rookie qui leur fait de l’ombre et décident de le priver de ballon. Frustré, Jordan passe sa soirée à appeler des ballons qui ne viendront presque jamais. Il termine avec 2/9 aux tirs pour 7pts et jure de se venger. Hasard du calendrier, Chicago reçoit les Pistons de Thomas à la reprise. Jordan leur colle 49pts à 19/31, prend 15rbs et offre une belle victoire aux siens 139-126 en prolongation.

Mais ce succès ne permettra pas d’enchaîner. Le manque de profondeur et d’expérience va coûter quelques matchs en cours de route. Un bon succès 140-125 contre Golden State ou Whatley signe 21 assits (et Jordan 38pts à 15/20) permet de croire encore à un bilan équilibré et l’équipe s’en approche bien après une victoire face aux Bucks en prolongation pour afficher un bilan de 33-35. Quelques jours avant ce match l’annonce est faite que Jerry Reinsdorf, déjà propriétaire des Chicago White Sox en Baseball, devient le nouveau propriétaire de la Franchise. Sa 1ère décision est de se séparer de Rod Thorn et de nommer Jerry Krause comme nouveau General Manager.

Malgré 4 défaites lors des 5 derniers matchs, les Bulls célèbrent leur retour en Play-Offs avec une belle 7ème place dans la conférence Est même si le bilan n’est pas équilibré (38-44). Michael Jordan a déjà marquée la NBA de son empreinte : 3ème meilleur scoreur de la ligue avec 28.2pts à 51.5% aux tirs, 4ème meilleur intercepteur avec 2.4stls, plus 6.5rbs et 5.9asts ! De quoi en faire le 1er Rookie of the Year de l’histoire des Bulls et être élu dans le 2ème meilleur 5 de la ligue !

De quoi aborder les Play-Offs avec quelques éléments à faire valoir, même si Ennis Whatley se blesse lors du dernier match de saison régulière et manquera ce 1er tour face aux Milwaukee Bucks et ses stars Terry Cummings et Sidney Moncrief. Le duo signe d’ailleurs 52pts à 19/30 pour offrir le 1er match à l’équipe du Wisconsin. Jordan (30pts, 12asts) et Woolridge (26pts à 11/20) tentent de répliquer au Game 2 mais là encore les Bucks s’en sortent (122-115).

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Lorsque la série débarque dans l’Illinois, Jordan continue d’affoler les défenses (35pts, 8rbs, 7asts, 4stls) mais Cummings réplique (37pts à 15/20, 9rbs). Il faudra un apport solide du banc, avec un Sidney Green précieux (17pts, 9rbs en 28mins) et un panier décisif de Jordan à 22 secondes de la fin pour offrir aux Bulls un 1er succès en PO depuis 1981. Hélas, Milwaukee aura le dernier mot au Game 4, toujours au Chicago Stadium, malgré 29pts de Jordan et 17 de Dailey en sortie de banc. La logique aura été respecté et Milwaukee était au dessus de cette jeune meute de Bulls qui aura quand même affiché de belles promesses pour le futur, même si tout n’est pas rose à l’image des problèmes récurrents de Dailey, dont les frasques seront une sorte de fil rouge tout au long de l’année, entre alcool et comportement inadéquat : lors d’un match à San Antonio fin mars, il paye les Ball Boys pour qu’ils lui apporte du pop corn et des nachos !

Côté coulisses, l’arrivée de Jordan a engendré une belle augmentation au niveau de la fréquentation du Chicago Stadium, avec une affluence quasiment doublée (de 6300 à 11800 en saison régulière et même 17500 pendant les Play-Offs). Jerry Reinsdorf et Jerry Krause ont entre les mains la possibilité de faire quelque chose de grand et sont déterminés à tout mettre en oeuvre pour faire fructifier ce potentiel !

Bilan : 38-44
Classement : 3ème de Central Division, 7ème de la Conférence Est
Attaque : 108.7 PPG (15ème sur 23)
Défense : 109.6 PPG (11ème sur 23)
Meilleur marqueur : Michael Jordan (28.2)
Meilleur rebondeur : Michael Jordan (6.5)
Meilleur passeur : Michael Jordan (5.9)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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