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La saison 1985/86

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Sur une pente ascendante, les Bulls cherchent à apporter un peu plus d’expérience à ce groupe, histoire de franchir un palier supplémentaire. Dans ce sens, ils décident de changer de coach et signent Stan Albeck, un natif de l’Illinois qui possède une solide expérience et 5 saisons de suite avec un bilan positif, entre San Antonio et New Jersey. Il engage Tex Winter en tant qu’assistant puis utilise ses réseaux avec les Spurs pour trader Steve Johnson à San Antonio en échange de Gene Banks puis signe ensuite le meneur vétéran Kyle Macy pour 2 saisons. Ce dernier vient remplacer Ennis Whatley, inclut dans un trade le soir de la Draft pour que les Bulls puissent récupérer Charles Oakley, choisi par Cleveland. Mais surtout, la franchise annonce un trade conséquent à la veille de débuter la saison régulière : Chicago envoie Dave Greenwood à San Antonio en échange de George Gervin, véritable légende ABA et fort de 13 saisons NBA au compteur. Pourtant, Jordan s’annonce étonné et énervé par ce trade !

Le lendemain, les Bulls s’imposent pour l’ouverture de la saison face aux Cleveland Cavaliers, 116-115 en prolongation. Jordan est déjà en forme avec 29pts dont le lancé de la victoire à la dernière seconde tandis que Woolridge en ajoute 35 et Kyle Macy délivre 13 assists pour ses débuts. Après un 2ème succès à Detroit malgré une bagarre générale ou Bill Laimbeer s’en prend à Jordan, l’équipe débute un long Road Trip mais dés le 1er match, à Golden State, MJ se fait une grave blessure au pied gauche dans le 3ème quart-temps. Il a un os cassé et on lui annonce d’ores et déjà la fin de sa saison ! Les Bulls remporteront ce match face aux Warriors pour démarrer la saison à 3-0 mais ils vont ensuite s’écrouler sans leur jeune star malgré la signature d’un certain John Paxson pour le remplacer numériquement.

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De 3-0, les Bulls passent à 4-8, ne parvenant à battre qu’une faible équipe de New York au Madison Square Garden (les Knicks sont à 0-7 avant le match). George Gervin, qui était venu pour apporter son expérience et du scoring depuis le banc, se retrouve titulaire et doit parfois forcer un peu en soutient de Woolridge qui reste l’arme offensive numéro 1. Et tout ça sans Quintin Dailey ! A quelques jours de la reprise de la saison, l’arrière a supplier Jerry Reinsdorf de le placer dans un centre pour soigner son addiction à la drogue. Dailey a perdu ses 2 parents lorsqu’il avait 16 ans et peine toujours à faire avec ça. Le nouveau proprio des Bulls, ayant lui aussi perdu son père très jeune, le soutient comme il le peut et accepte donc de l’envoyer se faire soigner.

Coïncidence, c’est le jour du retour de Dailey sur les parquet, le 19 novembre contre Indiana, que les Bulls remportent enfin un match et stoppent une série de 8 défaites en 9 matchs, avec 34pts de Gervin. Après un large succès face aux Warriors (135-109), l’équipe part pour le plus long Road Trip de son histoire avec 9 déplacements de suite dont 8 à l’Ouest ! Seuls 2 succès arriveront durant ce trip, sur les parquets de Denver et San Antonio, ou Gervin score 21pts mais surtout Dailey en met 27 et ajoute 8 asts en 25mins.

Quand Dailey est concentré sur son jeu, il montre de vraie qualité de finisseur et apporte un gros scoring en sortie de banc même si ce rôle ne lui plait pas vraiment. Mais son inconstance mentale fait qu’Albeck hésite à s’en servir plus. Ainsi, une semaine après avoir claqué 38pts à 12/19 en 21 mins au Madison Square Garden de New York, il ne se présente pas lors d’un match contre les Pistons et Jerry Krause pète un câble dans la presse : « On va le dégager. J’en ai marre. Il nous à laissé tomber. Moi, l’équipe, les fans, tout le monde. Cette fois ça suffit, si la ligue nous y autorise, on le vire. » Krause a en effet besoin de l’aval de la NBA, qui a des règles strictes concernant le traitement à utiliser envers ceux qui ont utilisé leur Drug Program, comme Dailey l’a fait en début de saison. Les Bulls décideront quand même de le suspendre jusqu’à la fin de la saison.

Dailey n’est pas le seul à poser des soucis à sa direction. Orlando Woolridge, frusté de son temps de jeu en baisse au profit de Gene Banks, sèche un match et reçoit une forte amende, pour la 5ème fois de la saison, mais pas de suspension jusqu’à la fin de saison pour lui comme l’explique Jerry Krause : « Non, la situation est différente de celle de Quintin car on connait ses soucis de drogue ce qui n’est pas le cas d’Orlando, qui en plus ne m’a jamais menti. Je suis quand même très énervé car j’estime que si un joueur à un problème il doit en parler soit avec moi, soit avec son coach. »

A ce moment là, les Bulls sont au plus mal et enchaînent les soirées compliquées, ne remportant que 2 petits matchs (dont un large succès 133-114 contre Phoenix avec 44pts de Woolridge) entre le 14 janvier et le 17 février (2-15), avec des blowouts à Indiana (-25) ou Milwaukee (-20) ! George Gervin tente ce qu’il peut mais malgré de bonnes stats offensives, notamment un match à 45pts à Dallas, son impact reste limité. La véritable bonne surprise se nomme Charles Oakley, l’ailier fort monte en puissance au fil des semaines et s’impose avec un style rugueux et combatif au possible. En plus de s’arracher sur chaque rebond et de se montrer intraitable défensivement, Oakley possède un bon petit shoot mi distance qui fait mouche régulièrement. A force d’aligner les doubles doubles en sortie de banc, Stan Albeck fini par le placer dans le 5 et Big Charles ne faiblit pas : 19pts et 20rbs contre Seattle, 31pts/13 prises vs Philadelphie ou encore 17pts, 15rbs dont 10 offensifs contre New York.

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2 séries de 3 victoires peinent à relancer l’équipe et les dirigeants commencent à se dire que les Play-Offs sont hors d’atteintes et que ça ne serait pas une mauvaise idée d’essayer d’obtenir le meilleur pick possible à la prochaine Draft. Mais Michael Jordan s’estime capable de revenir filer un coup de main, avec un mois de saison régulière à disputer. Les médecins ne sont pas très optimistes non plus et disent à Jordan qu’il a 10 à 20% de chances de se blesser à nouveau et plus gravement. MJ rétorque alors qu’il a donc 80 à 90% de chances de ne pas se blesser. Il fini par convaincre Jerry Krause de retrouver les parquets et revient le 15 mars à domicile contre Milwaukee. Charles Oakley fête ça avec une ligne de stats exceptionnelle : 35pts à 14/27, 26rbs dont 18 offensifs, 7 assists et 3 stls, mais les Bucks s’imposent en OT.

D’ailleurs, les Bulls enchaînent 5 défaites au retour de Jordan, qui débute les matchs sur le banc le temps de retrouver ses sensations. Malgré tout Chicago est encore à la lutte avec Cleveland pour la 8ème et dernière place qualificative pour les Play-offs. Jordan inscrit 2 fois 30pts contre Atlanta puis 31pts face à Washington pour une victoire qui qualifie les siens en PO avant un déplacement à Cleveland lors de la dernière journée. Stan Albeck en profitera pour reposer ses titulaires dans ce dernier match sans enjeu. Les Bulls affichent un bilan final de 30-52 et retrouveront Boston en postseason.

Les Celtics ont été battu lors des finales NBA l’année précédente et comptent bien aller jusqu’au bout cette fois avec un effectif absolument monstrueux : Larry Bird, Kevin McHale, Robert Parish, Danny Ainge, Dennis Johnson, Bill Walton … le talent est partout et ils sont logiquement favoris pour se débarrasser sans soucis de Chicago. Dés le Game 1, Boston fait parler son énorme collectif avec 4 titulaires à 23pts minimum pour s’imposer largement (123-104) tandis qu’en face Jordan livre une partition solo de haut niveau avec 49pts, dont 30 en 1ère mi-temps, à 18/36.

Interviewé juste avant le Game 2, toujours à Boston, MJ explique que personne n’est capable de battre individuellement les Boston Celtics. Pourtant il semble déterminé à vouloir prouver le contraire, avec 17pts dans un 1er quart-temps ou les Bulls prennent les devants (33-25). Totalement insaisissable pour les arrières adverses, pourtant des références défensives, Jordan multiplie les feintes, les shoots en sortie de dribbles, les provocations dans la raquette ou il aligne les lancés francs comme des perles. John Paxson explique : « Stan Albeck annonçait tout les systèmes pour Michael et Boston a tout essayé pour le stopper, des switch rapides, des gars costauds pour le bousculer, des prises à 2 voir 3, mais il était tout simplement impossible à arrêter. » Mais malgré ce récital du numéro 23 Chicagoan, Boston résiste avec un Larry Bird lui aussi souverain. Les 2 équipes vont en prolongation et après un And One en force, Jordan a le tir de la gagne ou bout des mains mais le manque, laissant place à une 2ème prolongation pendant laquelle Boston finira par s’imposer de 4 petits points : 135-131. Jordan termine la rencontre avec un total ahurissant de 63pts, la plus haute marque individuelle lors d’un match de Play-Off dans l’histoire de la NBA, avec 22/41 aux tirs, un somptueux 19/21 aux lancés francs, 5rbs, 6asts, 3stls, 2blks ! Une performance exceptionnelle qui fera dire à Larry Bird, pourtant pas le 1er à adresser des compliments et lui aussi auteur d’une excellente prestation (36pts à 14/27, 12rbs, 8asts) : « Ce soir, j’ai vu Dieu déguisé en Michael Jordan » !

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Près de 19000 personnes garnissent le Chicago Stadium lors du match 3, espérant voir Jordan et les Bulls entretenir le suspense, mais Boston a compris la leçon du Game 2 et ne fait pas de cadeau à l’équipe de Stan Albeck. Mieux contenu, Jordan peine à se montrer aussi fort que lors des 2 premiers matchs (19pts à 8/18) et surtout n’obtient que 3 lancés francs au total, après 36 tentatives sur les 2 matchs précédents. Il compense avec 10rbs et 9 asts mais malgré le gros double double de Dave Corzine (22pts/15rbs) et les 23pts en sortie de banc de John Paxson, Chicago s’incline 122-104 et subit un sweep somme toute logique. Malgré tout Jordan et les siens ont été capables d’inquiéter et poser des problèmes à Boston, qui remportera le titre quelques semaines plus tard. L’ambition est de retour du côté du Chicago Stadium, reste à s’installer sur la durée …

Bilan : 30-52
Classement : 4ème de la Central Division, 8ème de la Conférence Est
Attaque : 109.3 PPG (13ème sur 23)
Défense : 113.1 PPG (18ème sur 23)
Meilleur marqueur : Orlando Woolridge (20.7)
Meilleur rebondeur : Charles Oakley (8.6)
Meilleur passeur : Kyle Macy (5.4)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

CADEAU EXCEPTIONNEL : Grâce à l’ami Oztrak (@oztrak24), voici un lien qui vous permettra de télécharger le fameux match à 63pts de Jordan contre les Celtics :

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