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La saison 1986/87

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A la surprise générale, l’intersaison des Bulls débute par le renvoi du coach Stan Albeck ! Un départ qui laisse vacant un siège de plus en plus convoité, beaucoup de monde souhaitant pouvoir diriger un joueur aussi prometteur que Michael Jordan. L’attente ne sera pas longue car à peine une semaine après l’annonce du départ d’Albeck, les Bulls officialisent l’arrivée de Doug Collins, qui devient, à 34 ans, non seulement le coach le plus jeune de la ligue mais aussi le 9ème coach de la Franchise en 10 ans ! Pour quelqu’un sans la moindre expérience d’head coach, la pression est énorme, mais il se montre très confiant pendant sa conférence de presse : « Des coachs comme Don Nelson ou Pat Riley sont arrivés sans grande expérience en NBA et regardez ce qu’ils font. Il y a beaucoup de jeunes coachs désormais en NBA. La seule façon de calmer les critiques est de gagner. Si votre équipe gagne, peu importe le nom de l’entraîneur, ça pourrait être Attila que ça ne changerait rien, il faut gagner. Et pour ça, mon idée est d’installer un style de jeu rapide. Les Bulls sont l’une des équipes les moins rapide de la ligue et il faut changer ça. On va se concentrer sur ça à la Draft. J’ai appelé Michael Jordan et je lui ai dis que je souhaitais remporter un titre ici et faire de lui le meilleur joueur de la ligue. Nous allons communiquer en permanence pour atteindre ces objectifs. »

Alors que Jordan et la plupart des joueurs de l’équipe veulent voir débarquer Johnny Dawkins lors de la Draft, Jerry Krause sélectionne l’ailier fort Brad Sellers et l’arrière Pete Myers puis débute les grandes manœuvres : Les Bulls laissent partir Dailey qui était en fin de contrat, envoient Sidney Green à Detroit et Kyle Macy à Indiana avant de matcher l’offre de New York pour conserver Jawann Oldham … et de le trader à ces mêmes Knicks contre un 1er choix de Draft ! Ensuite c’est Orlando Woolridge qui n’est pas conservé à la fin de son contrat. Beaucoup de changements mais malgré un Jordan en forme et un Charles Oakley prometteur, élu dans le meilleur 5 des Rookies la saison précédente, les observateurs ne sont pas optimistes sur les chances de Chicago de réaliser une grande saison.

Entouré de Steve Colter, Granville Waiters, Earl Cureton et Charles Oakley dans le 5 de départ, Michael Jordan inscrit 50pts lors de la soirée d’ouverture face aux Knicks pour une victoire 108-103 au Madison Square Garden, dont les 18 derniers points après avoir promis à Collins qu’il ne débuterait pas sa carrière de coach par une défaite. Le lendemain, il en claque 41 à Cleveland pour un nouveau succès. Il inscrit aussi le panier de la victoire dans les dernières secondes contre Atlanta pour offrir un départ canon aux siens et un bilan de 5-1, puis 6-3 après avoir inscrit 40pts dans une courte victoire contre les Knicks 101-99.

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Jordan s’épanouit avec le style de jeu rapide de Collins, dans lequel il peut exploiter ses énormes qualités athlétiques, aériennes et sa vitesse en plus d’une détente folle pour aller défier les intérieurs adverses. Lors d’un déplacement chez les Lakers le 28 novembre 1986, MJ démarre une série totalement folle de 9 matchs de suite à 40pts minimum : 41 face aux Lakers, 40 à Golden State et Seattle, 45 à Utah, 43 à Phoenix et San Antonio, 40 contre Denver puis 41 à Atlanta et Milwaukee ! La série prend fin quand Jordan n’inscrit que 11pts à 3/18 contre les Bucks au Chicago Stadium, mais enchaîne avec 2 matchs à 41pts juste derrière, contre New Jersey et à Indiana !

Il ne faiblit pas vraiment après le passage en 1987, avec 47pts contre Detroit, 53 face à Portland puis 43 et 47 contre Houston et Philadelphie, avant de finir janvier avec 49pts chez les 76ers. Malheureusement, tout ces exploits individuels ne remplissent pas la colonne W. Quand le All Star Game arrive, le 8 février, les Bulls affichent un bilan de 22-23 qui confirme les doutes des spécialistes sur le manque de profondeur d’un équipe décrite comme composée d’un artiste, qui va d’ailleurs remporter le concours de Dunk du All Star Weekend, et de 11 autres types présents pour faire le nombre. Il faut dire qu’à part les performances pleines d’énergie et la défense agressive de Charles Oakley, peu de monde se distingue franchement, sauf John Paxson.

« Pax » est devenu titulaire au fil des matchs grâce à sa volonté défensive et sa capacité alors très recherchée de shooter de loin. Depuis l’instauration de la ligne à 3pts en 1979 en NBA, il est encore assez rare de voir les joueurs prendre régulièrement leur chance à cette distance et les seuls qui y parviennent deviennent des joueurs de plus en plus convoités. John Paxson est de ceux là et sa capacité à s’écarter pour offrir des solutions à Jordan quand il est bloqué par des prises à 2 ou 3 en a fait son partenaire attitré dans le backcourt des Bulls. C’est d’ailleurs après le All Star Game que Paxson fait parler le poudre longue distance : 2/4 face à Sacramento, 4/6 à New Jersey, 3/3 contre Detroit, 2/2 à Dallas, 2/4 chez les Clippers, 3/3 dans l’antre des Kings, 2/4 à la maison contre Boston, 3/5 face aux Knicks puis 2/2 contre les Pistons et 3/6 chez les 76ers. Des chiffres qui semblent presque anodins aujourd’hui mais qui avaient une vraie valeur à l’époque.

Chicago se maintient autour des 50% de victoires tout au long de la saison mais n’arrive jamais à franchir un palier et enchaîner les succès. A seulement 2 reprises dans la saison, ils parviendront à aligner 4 victoires, mais jamais mieux. Pourtant , on distingue clairement une amélioration dans le secteur défensif. Depuis l’arrivée de Collins, Chicago est bien plus solide pour protéger sa raquette et encaisse quasiment 10pts de moins en moyenne que la saison précédente, passant de 18ème défense de la ligue à 2ème !! Les efforts de Jordan, intercepteur hors pair et un duo Oakley/Corzine costaud sous les panneaux aident bien, Oakley étant un véritable aspirateur à rebonds.

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En cours de saison, les Bulls ont tradé Colter pour récupérer Sedale Threatt mais ce dernier s’est blessé après 10 jours, tandis qu’Earl Cureton est tradé courant février aux Clippers contre un futur choix de draft. Mais entre ces départs et les blessures récurrentes du Rookie Brad Sellers, qui n’aura jamais eu l’occasion de vraiment se montrer, l’effectif manque clairement de profondeur.

Pourtant Jordan continue sur son rythme absolument dantesque : 58pts contre les Nets le 26 février avec 26/27 aux lancés francs, 61pts face à Detroit le 4 mars, 49pts 8rbs 7asts sur le parquet de Philadelphie puis une nouvelle série de 5 matchs à 40pts minimum du 19 au 26 mars, avec 40 chez les Clippers puis les Kings, 46 à Portland, 56 contre les 76ers et 40 à New Jersey ! MJ approche des 3000 pts sur la saison régulière, un exploit plus réalisé depuis Wilt Chamberlain lors de la saison 1962/63. Alors pour y parvenir, il met les bouchées doubles sur les derniers matchs de la saison régulière : 53pts et 8 assts contre Indiana, 50pts avec 9rbs à Milwaukee et de nouveau 61pts lors de la réception d’Atlanta pour l’avant dernière rencontre de la saison, ou Paxson distille 14 passes. C’est dans ce match là que Jordan atteint cette barre symbolique malgré une défaite qui met fin aux chances des siens de finir avec un bilan équilibré.

Néanmoins, avec un total de 40 victoires et 42 défaites, les Bulls se qualifient de nouveau pour les Play-Offs, à la 8ème place comme la saison précédente. Michael Jordan est le meilleur scoreur de la ligue avec un total ahurissant de 37.1PPG, loin devant les 29.0PPG de Dominique Wilkins. Il établi également des records de franchise avec 1098 paniers inscrits, 833 lancés francs réussis et 236 interceptions. Il est logiquement élu dans la All NBA 1st team mais c’est Magic Johnson qui rafle le trophée de MVP. Pendant ce temps, Charles Oakley termine 1er de la NBA en total de rebonds défensifs (775) et rebonds tout court (1074) mais est 2ème à la moyenne (13.1RPG).

En Play-Offs, Chicago retrouve les Boston Celtics, comme la saison précédente. Mais le résultat sera le même, un sweep cinglant qui a mis en lumière le manque de soutien au duo Jordan (35.7pts, 7.0rbs, 6.0asts) et Oakley (20.0pts, 15.3rbs), d’autant qu’en face le danger venait de partout avec Bird, Parish, McHale, Ainge et Johnson tous à plus de 16PPG sur la série ! Ceci étant Chicago sait qu’il y a un fort potentiel à exploiter et Doug Collins comme les dirigeants ont retenu la leçon : il faut mieux entourer Jordan ! Ça tombe bien, Chicago bénéficie de 2 choix dans le Top 10 de la Draft 1987 …

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Bilan : 40-42
Classement : 5ème de la Central Division, 8ème de la Conférence Est
Attaque : 104.8 PPG (20ème sur 23)
Défense : 103.9 PPG (2ème sur 23)
Meilleur marqueur : Michael Jordan (37.1)
Meilleur rebondeur : Charles Oakley (13.1)
Meilleur passeur : John Paxson (5.7)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

BONUS TRACK : L’ami Oztrak (@oztrak24) est de retour et propose cette fois ci un lien pour télécharger la rencontre opposant les Bulls aux Hawks en fin de saison régulière, match ou Jordan signe 61pts et dépasse les 3000 points inscrits sur une saison régulière :

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