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La saison 1987/88

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La Draft 1987 restera comme l’une des plus réussie de l’histoire du club : Jerry Krause choisi Olden Polynice avec le pick 8 puis Horace Grant avec le pick 10, avant d’échanger Polynice à Seattle contre l’ailier Scottie Pippen, choisi par les Sonics en 5ème position ! 2 acquisitions dont on se rendra compte plus tard qu’elles seront primordiales mais ce ne sont pas les seules nouvelles figures dans le roster des Bulls : Chicago envoi un futur 2ème tour de Draft à San Antonio et récupère … Artis Gilmore, qui fait son retour au Chicago Stadium ! En plus de prolonger les contrats de Dave Corzine et Doug Collins, ils signent également un certain Phil Jackson en tant qu’assistant coach. Les dirigeants voulaient mieux entourer Jordan, c’est chose faite et la base Jordan, Oakley, Paxson, Gilmore, Corzine, Pippen, Grant, Seller et Collins parait des plus solide.

Et le début de saison confirme cette impression, les Bulls encaissant moins de 100pts lors de 6 des 8 premiers matchs de la saison régulière pour un bilan de 7-1, avant d’en prendre 144 lors d’une défaite en prolongation à la maison contre les Detroit Pistons. Dans ce match, Jordan (49pts, 6rbs, 8asts, 6stls) livre un splendide duel à Adrian Dantley (45pts à 13/17 et 19/22 aux lancés) mais celui qui fera la différence s’appelle Dennis Rodman, auteur de 25pts à 10/13 en sortie de banc ! Juste après ce match les Bulls démarrent un Road Trip de 8 matchs et en reviennent avec un bilan très positif (5-3, soit 12-5 au total) malgré avoir perdu les 2 derniers matchs à Denver et San Antonio. C’est lors de ce Road Trip que Jordan réalisera son fameux Dunk sur Mel Turpin : en déplacement à Utah, Jordan échappe à John Stockton et Dunk. Le proprio du Jazz lui lance alors depuis les tribunes de s’en prendre à quelqu’un de sa taille (MJ fait 1m98, Stockton 1m80). Sur l’action suivante, Jordan décolle et Dunk sur la tête de Mel Turpin, le pivot d’Utah (2m15). Il se retourne alors vers le proprio du Jazz et lui dit « il est assez grand celui ci ? ».

L’aventure n’ira pas beaucoup plus loin pour Artis Gilmore. A 38 ans, le légendaire pivot n’est plus que l’ombre de ce qu’il fût et ses genoux grincent de plus en plus. Plus vraiment rassurant défensivement car en retard, offensivement limité dans le jeu rapide imposé par Collins, il n’est d’aucune utilité et quelques jours avant noel, il est envoyé à Boston qui en fera la doublure de Robert Parish. Gilmore reste à ce jour le meilleur contreur de l’histoire de la Franchise et le joueur avec le meilleur pourcentage d’adresse de l’histoire de la NBA (59.9%).

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Un autre joueur qui souffre individuellement malgré les bons résultats, c’est John Paxson. Pourtant très bon et installé dans le 5 depuis plus d’un an, le meneur peine à retrouver ce niveau de jeu et perd des minutes petit à petit, au profit de Rory Sparrow, arrivé en début de saison et plus expérimenté. Sparrow va même prendre place dans le 5 de départ fin décembre, sans pour autant signer des performances fabuleuses mais les Bulls, qui venaient de perdre 5 matchs de suite, en gagnent 4 de rang après ce changement de meneur titulaire !

Et Jordan dans tout ça ? Il va bien, merci pour lui. Après avoir collé 52pts aux Cavaliers mi décembre, il a signé 2 triple doubles courant janvier (25pts, 10rbs, 10asts vs New Jersey, puis 36pts, 10rbs, 10asts plus 4stsl et 4blks contre les Pistons). Ce match contre Detroit marque un tournant dans la rivalité naissance entre les 2 franchises, depuis le clash Jordan/Thomas autour du All Star Game 85. Alors que Jordan file au panier, Rick Mahorn le saisit en l’air et le jette au sol, déclenchant une bagarre générale ou Charles Oakley et Doug Collins tentent d’étrangler Mahorn, qui balance Collins sur la table de marque ! Mahorn et Oakley seront exclus et le match ira à son terme mais les 2 équipes n’ont pas l’intention d’en rester là …

MJ est de nouveau parti pour s’adjuger haut la main le titre de meilleur marqueur de la ligue, tournant à plus de 33pts de moyenne, tandis que sa hargne défensive est le point de départ de l’équilibre défensif de l’équipe. Son sens de l’anticipation lui permet de voler énormément de ballons et pousser la balle en contre attaque. Il signe une série de 5 matchs à au moins 4 steals (5, 6, 4, 6, 4) début janvier. Il en réussi même 10 (record de franchise) le 29 janvier lors d’une victoire contre les Nets, à 1 unité du record NBA détenu par l’ex Bull Larry Kenon lorsqu’il jouait à San Antonio.

Il arrive donc en pleine confiance pour le All Star Game, qui se déroule … à Chicago, le 7 février 1988. A 10 jours de son anniversaire, MJ décide de s’offrir lui même des cadeaux, remportant un concours de Dunk qui restera dans l’histoire face à Dominique Wilkins et des réalisations extraordinaires de la part des 2 athlètes dans une finale inoubliable, puis en scorant 40pts le lendemain lors du match des étoiles, la 2ème meilleure marque du concours à l’époque derrière les 42 de Wilt Chamberlain en 1962. De quoi repartir avec le titre de MVP du match haut la main !

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Lorsque la saison régulière reprend, Jordan compte bien prolonger les festivités de son anniversaire, avec 32pts, 13rbs, 8asts, 5stls 2 jours avant, puis 49pts à 19/27, 3rbs, 3asts, 3stls, 3blks 2 jours après, pour 2 larges succès contre Atlanta et Sacramento. Juste après ça les Bulls officialisent l’arrivée d’un nouveau meneur, Sam Vincent, qui débarque en provenance de Seattle et échangé contre Sedale Threatt. Vincent prend immédiatement place dans le 5 de départ, l’expérience Rory Sparrow ayant tournée court. Dés son 2ème match, Vincent signe 9 assists puis réalise un double double avec 13pts et 10 passes au match suivant, signe d’une acclimatation rapide au jeu up-tempo de l’équipe.

Et peut être bien que c’est exactement ce qu’il fallait à l’équipe, car Chicago va signer une fin de saison spectaculaire, remportant 19 de ses 26 derniers matchs pour gratter de nombreuses places au classement ! Jordan n’est bien sur pas étranger à cette belle série, retrouvant un rythme offensif monumental sur la période : 50pts à 19/32, 9 passes contre Boston, 49pts à 20/35 et 13rbs chez les 76ers, ou encore 59pts avec les 2 lancés de la gagne dans les ultimes secondes sur le parquet des Pistons. Il dépassé même les 40pts à 3 reprises lors des 5 dernières journées (44 vs Milwaukee, 47 à 18/27 chez les Knicks et 46 lors du dernier match contre Boston), pour une victoire qui porte le bilan final de l’équipe à 50-32.

Une saison à 50 victoires, on n’avait plus vu ça à Chicago depuis le saison 1973/74 (54-28) ! Une performance absolument colossale qui offre aux Bulls la 3ème place de la conférence Est tandis que Jordan accumule les distinctions individuelles : meilleur défenseur, meilleur scoreur (35.0PPG) et intercepteur (3.16SPG) et le titre de MVP de la saison régulière, le 1er d’une belle série ! Jordan est au sommet de son art et les Bulls en reçoivent les dividendes, avec Jerry Krause qui est élu Executive of the Year et un Chicago Stadium de plus en plus rempli, avec plus de 18000 spectateurs de moyenne, soit la 2ème meilleure affluence de la NBA, pas mal pour une franchise au bord du gouffre 4 ans plus tôt !

Mais tout ceci doit être validé par un parcours de qualité en Play-Offs. Avec l’avantage du terrain pour la 1ère fois depuis avril 1975, les Bulls se montrent confiants au moment de recevoir les Cleveland Cavaliers. Chicago va aisément s’adjuger le Game 1 derrière les 50pts à 19/35 de Michael Jordan et les 15 rebonds de Charles Oakley. Absent de ce 1er affrontement, l’arrière des Cavs Ron Harper déclare que face à lui, Jordan n’aurait pas mis 50 pts. Une déclaration qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd : au Game 2, Harper est de retour et défend tout le match sur MJ, qui termine la rencontre avec 55pts à 24/45 et une 2ème victoire en poche ! Dans ce même match Sam Vincent signe 14 assists, un record de franchise pour un match de PO.

Avec 31pts de Mark Price au G3 et 30 de Ron Harper au G4, Cleveland égalise dans la série et obtient un Game 5 à Chicago. Souvent dépassé défensivement par la vivacité de Price, Brad Sellers est mis sur le banc pour ce match décisif, au profit du jeune Scottie Pippen, qui a démontré pendant son année Rookie qu’il était d’une polyvalence rare. Un choix judicieux : Pippen termine la rencontre avec 24pts à 10/20 aux tirs, 5rbs, 6asts, 3stls, tandis que les 39pts de Jordan et les 20 rebonds de Charles Oakley, dont 8 offensifs, concluent le travail pour une victoire 107-101 et une qualification au tour suivant. La 1ère série de PO remportée par Chicago depuis 1981.

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Le second tour s’annonce beaucoup moins sympathique avec les Detroit Pistons en face. Tout le monde a en tête les incidents de janvier et la haine qui grandit de plus en plus entre les 2 franchises. Bien décidés à mener la vie dure à Jordan, Thomas, Dumars et autres Mahorn, Rodman ou Laimbeer n’hésitent pas à jouer des coudes dés que possible, pour déstabiliser MJ et ses partenaires. Detroit limite Chicago à seulement 82pts au Game 1 dans un Pontiac Silverdome chauffé à blanc et s’impose facilement. Malgré tout, les Bulls prennent l’avantage du terrain en remportant le Game 2 derrière les 31 pts surprise de Sam Vincent, qui a profité des espaces libérés par Jordan, qui subit des prises à 2 ou 3 systématiques en plus d’encaisser des coups à chaque possession.

La méthode musclée des Pistons va finir par payer. Detroit vient gagner 2 fois à Chicago en y mettant la manière (+22 et +19, les Bulls scorant 79 et 77pts seulement) avant de finir le travail dans le Michigan (102-95) et se qualifier pour les finales de conférence. L’élimination fait mal côté Bulls mais elle est justifiée par une profondeur de banc plus conséquente et plus d’expérience et de malice côté Detroit. Néanmoins la saison est satisfaisante avec une vraie marche en avant, avec un groupe au fort potentiel, l’effectif le plus jeune de la ligue. Mais les dirigeants et Jordan en veulent plus !

Bilan : 50-32
Classement : 2ème de la Central Division, 3ème de la Conférence Est
Attaque : 105.0 PPG (19ème sur 23)
Défense : 101.6 PPG (1ers sur 23)
Meilleur marqueur : Michael Jordan (35.0)
Meilleur rebondeur : Charles Oakley (13.0)
Meilleur passeur : Sam Vincent (8.4)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

BONNUS TRACK : L’ami Oztrak (@oztrak24) vous propose cette fois un lien pour télécharger le Game 2 de la série contre Cleveland, avec les 55pts de Jordan :

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