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La saison 1989/90

bulls 89-90

« Doug Collins nous a permis de réaliser un sacré chemin depuis son arrivée, on ne peut pas dire qu’il n’a rien apporté à cette franchise, mais nous pensons désormais avoir le coach capable de nous faire parcourir le reste du chemin. » C’est en ces mots que Jerry Krause présente (et met la pression) à Phil Jackson, qui a failli partir prendre le job de coach des New York Knicks pendant l’été ! L’effectif ne changera pas énormément si ce n’est le départ de Sam Vincent pour Orlando et les acquisitions via la Draft de l’intérieur Stacey King et du meneur BJ Armstrong pour compléter le banc, le noyau dur étant déjà constitué et sur une pente ascendante.

Jordan claque 54pts dés l’Opening Night face à Cleveland pour lancer un message à toute la ligue : cette fois, le titre est à nous ! Et pour légitimer tout ça, il signe 40pts contre l’ennemi numéro 1, les Champions en titre Detroit Pistons, dans une victoire 117-114 … et plante 45pts le lendemain contre les Minnesota TimberWolves, toute nouvelle franchise NBA ! Une série de 3 défaites mi novembre ramène Chicago sur terre (5-5) avant que la machine ne se remette en route, avec une dizaine de succès en 12 rencontres, dont un parfait 7/7 au Chicago Stadium sur la période. A ce moment là, sort de l’ombre un certain Scottie Pippen. Déjà réputé excellent défenseur et joueur complet au possible, « Da Pip » se mue de plus en plus en un finisseur de qualité. Sa puissance, son agilité et sa splendide vision du jeu en font un attaquant complet, capable de se démarquer et cuter au cercle ou de rentrer des Jumpers pour soulager Jordan offensivement. Ses stats (24pts, 13rbs, 8asts vs Atlanta, 23pts, 10rbs, 6asts, 4stsl, 5blks à Miami ou encore 20pts, 7asts, 8stls contre Orlando), ainsi que les résultats de Chicago en font un candidat très crédible à une possible participation à un 1er All Star Game !

NBA: Archive - Michael Jordan

L’autre bonne surprise vient du poste de meneur. Après des années d’essais infructueux entre Sam Vincent ou Rory Sparrow, la solution était finalement là dés le début : John Paxson est désormais un taulier de cette équipe, le 2ème plus ancien dans le vestiaire derrière MJ, et un modèle de régularité. Capable de faire tourner l’attaque tout en étant précieux par sa hargne défensive et ses qualité de leadership, prenant le jeune BJ Armstrong sous son aile, « Pax » démontre à Phil Jackson qu’il est celui qu’il lui faut, son intelligence tactique lui permettant de comprendre assez aisément la fameuse attaque en triangle que Jackson et son assistant Tex Winter veulent mettre en place.

Chicago éprouve des difficultés à se faire à cette nouvelle attaque au début mais au fil des semaines la mayonnaise prend et les victoires aidant, le groupe prend confiance dans cette stratégie, ou tout le monde est impliqué et les benchers se montrent efficaces en relais des titulaires, les Rookies Armstrong et King donnant un écho intéressant, tout comme Will Perdue et le shooteur Craig Hodges, qui libère énormément d’espace grâce à la qualité de son shoot longue distance. D’ailleurs, il remportera le concours de tirs à 3pts lors du All Star Weekend ou participaient également Larry Bird, 3 fois vainqueur l’épreuve, mais aussi Reggie Miller Craig Elho, Mark Price … et Michael Jordan, qui n’inscrira que 5pts, un record de maladresse dans ce concours ! Mais Jordan se rattrape le lendemain lors du match des étoiles, en compagnie de Scottie Pippen, mais aussi de 3 joueurs des Pistons, Isiah Thomas, Joe Dumars et .. Dennis Rodman !

Mais au moment de cette coupure, Chicago reste sur 4 défaites de rang, toutes à l’extérieur. Les Bulls s’imposent à Miami pour la reprise et se déplacent à Orlando le lendemain, un match qui restera dans l’histoire pour ce maillot de Jordan volé et dont on n’a jamais retrouvé la trace, obligeant His Airness à évoluer avec un maillot numéro 12, sans nom inscrit dessus, malgré un appel au public au cas ou quelqu’un aurait un maillot numéro 23 qui serait assez grand pour aller au leader des Bulls ! Jordan inscrira 49pts mais son équipe gâchera une grosse avance pour laisser le Magic revenir et arracher une prolongation, les Floridiens s’imposant finalement 135-129.

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Mais après cette péripétie en Floride, Chicago va passer la seconde et signer une série de 9 victoires, leur offrant un bilan de 38-20 début mars et leur permettant de lutter avec les Pistons, toujours eux, pour s’adjuger la tête de la conférence Est. Les 2 équipes s’affrontent d’ailleurs au Chicago Stadium mais ce sont encore les Champions en titre qui font la loi (106-81) et prennent une avance considérable (49-15 contre 40-22) ! Malgré tout les Bulls ne se laissent pas décourager et enchaînent 13 succès sur les 14 matchs suivants, dont 9 victoires de suite à nouveau. Sur cette série, Michael Jordan est tout à fait phénoménal, avec notamment son record absolu : 69pts sur le parquet des Cleveland Cavaliers, 23/37 aux tirs, 21/23 aux lancés francs, 18rbs (également son record), 6asts, 4stls ! 2 jours plus tard il inscrit 49pts, 12rbs, 5stls face aux Knicks puis 47pts et 7 passes contre Miami dans un match ou Pippen passe tout proche d’un Triple Double (20pts, 10rbs, 9asts, 5stls).

Au final Chicago (55-27) ne parviendra pas à rattraper les Pistons (59-23) et termine 2ème de la Central Division. Michael Jordan est encore une fois le meilleur scoreur de la ligue avec 33.6PPG à 52.6% et est également élu dans le meilleur 5 défensif de la ligue tandis que Stacey King termine dans le 2ème 5 des Rookies. Les Play-offs opposent Chicago à Milwaukee lors du 1er tour et Scottie Pippen signe un Triple Double (17pts, 10rbs, 13asts, 3stls, 3blks) qui affiche clairement les ambitions de ce groupe. Jordan passe proche d’imiter son coéquipier au Game 2 (36pts, 9rbs, 11asts, 5stls) mais ça n’empêche pas Chicago de remporter les 2 premiers matchs et se déplacer dans le Wisconsin avec l’ambition d’y conclure rapidement la série. Mais si Jordan signe 48pts au Game 3, Milwaukee s’impose 119-112 en durcissant le jeu avec plusieurs débuts de bagarres, Paxson prenant un violent coup de coude au visage. Au Game 4, on atteindra des records : 68 fautes, 6 techniques, 96 lancés francs ! Absent des 3 premiers matchs, Will Perdue assomme Alvin Robertson et signe 15pts en 16mins dans un succès de Chicago 110-86 dans un match que Phil Jackson qualifiera de guerre des tranchées, ce que la NBA n’appréciera que moyennement.

Au tour suivant, Chicago est opposé aux Philadelphie 76ers, qui a fini 2ème de la conférence Est devant les Bulls parce qu’ils ont gagné leur division, mais avec un moins bon bilan que Chitown, qui aura l’avantage du terrain. Jordan et Barkley se livrent un énorme duel à distance (39pts pour MJ contre 30pts/20rbs pour Sir Charles) au Game 1 et ce sont les locaux qui s’imposent au Chicago Stadium 96-85, tout comme au Game 2 (101-96 avec 45pts d’His Airness). Au Game 3, Philly mène 93-69 à 10mins de la fin mais Jordan tente tout pour ramener les siens dans le match, avec 24pts dans ces 10 dernières minutes (48 au total), mais les 76ers s’imposent 118-112. Pendant la journée de repos entre les matchs 3 et 4, Scottie Pippen apprend le décès de son père et doit quitter ses coéquipiers. Jordan signe de nouveau 45pts au Game 4 et assure la qualification des siens une fois revenu à Chicago pour le Game 5 (117-99 avec 37pts, 9rbs, 8asts, 6stls pour MJ).

Chicago Bulls v Sacramento Kings

Comme prévu depuis pratiquement le début de saison, les finales de conférence opposent encore une fois les Bulls aux Pistons, qui veulent aller chercher le back-to-back. C’est la 3ème année de suite que les 2 franchises s’affrontent en Play-Offs et la haine s’est intensifié au fil des ans et des bagarres successives. Detroit va imposer sa supériorité défensive pour prendre les 2 premiers matchs au Palace d’Auburn Hills. 2 défaites qui vont frustrer Jordan, qui ne dira pas le moindre mot jusqu’au coup d’envoi du Game 3, histoire de bien montrer sa frustration à ses coéquipiers. Il inscrira 47pts dans ce Game 3 puis 42 au Game 4 pour offrir 2 succès aux siens et égaliser dans la série, malgré les 20pts/20rbs de Dennis Rodman au G4. Cartwright et Grant ont du mal à exister face à la grosse défense et les ruses adverses, les Pistons étant toujours prêt à mettre quelques parpaings pour s’offrir l’avantage psychologique. Au Game 6 à Chicago, Laimbeer met Pippen KO sur un coup de coude et ce dernier souffre de commotions cérébrales. Chicago obtient quand même un Game 7, que Pippen veut jouer malgré l’avis contraire des médecins. Mais très perturbé, il shootera à 1/10 tandis que ses partenaires sont également éteints par la grosse défense de Detroit. Grant est à 3/17, Hodges 3/13, Cartwright 3/9 et Armtrong 1/8 … Au final les Bulls ne shootent qu’à 31.1% (28/90) et s’inclinent logiquement 93-74, une nouvelle fois …

Dans le vestiaire après ce Game 7 compliqué, Jerry Krause hausse le ton et tout le monde en prend pour son grade. Jordan fini même par fondre en larme une fois dans le bus et se jure de ne plus jamais revivre pareille humiliation …

Bilan : 55-27
Classement : 2ème de la Central Division, 3ème de la Conférence Est
Attaque : 109.5 PPG (9ème sur 27)
Défense : 106.2 PPG (12ème sur 27)
Meilleur marqueur : Michael Jordan (33.6)
Meilleur rebondeur : Horace Grant (7.9)
Meilleur passeur : Michael Jordan (6.3)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

BONUS TRACK : Un lien signé une nouvelle fois Oztrak (@Oztrak24), avec un résumé de 50 mins du fameux match à Orlando ou Jordan évolue avec le maillot numéro 12.

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