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La saison 1990/91

L’été s’est déroulé de manière tranquille à Chicago, avec très peu de mouvements : seuls Scott Williams et Dennis Hopson font figures de petits nouveaux tandis que le choix de Draft, un certain Toni Kukoc, reste en Europe pour quelques années. Le noyau dur est donc de retour et après 2 échecs de rangs en finale de conférence, l’ambition est clairement d’aller au bout cette fois ci. Pourtant c’est par 3 défaites que la saison démarre, dont 2 au buzzer, à Washington et à domicile contre Boston ! La réaction de Jordan et des siens ne se fera pas attendre, avec 4 succès de rang, le dernier grâce à un Buzzer Beater signé His Airness à Utah pour le début d’un long Circus Trip qui s’avérera globalement positif (4-3).

Phil Jackson et ses assistants, Tex Winter et Johnny Bach en tête, tentent de convaincre Jordan d’être plus collectif et de plus impliquer ses partenaires, et notamment en début de match afin qu’ils prennent confiance et se montrent plus productifs par la suite. Une formule qui marche bien sur des joueurs comme BJ Armstrong. Le meneur remplaçant prend de plus en plus ses aises et apporte un bon grain de folie en venant du banc, dur au mal malgré son physique frêle, scoreur explosif et bon organisateur pour faire tourner la balle avec ses partenaires du banc, il implique beaucoup d’autres joueurs de compléments tels que Stacey King et même Cliff Levingston, 2 joueurs énergiques et efficaces pour faire le sale boulot.

Au retour de Road Trip, les Bulls alignent 5 succès d’envergure : (+24 vs Washington, +29 vs Indiana, +35 à Cleveland, +28 face à Phoenix et +10 contre New York) ! Face aux Suns, ils inscrivent 155pts avec 7 joueurs à 10pts minimum dont 25 d’Horace Grant ou 17 d’Armstrong. Ils avaient déjà inscrit 151pts chez les Nuggets à la fin du Road Trip avec 8 joueurs à au moins 10pts, dont Will Perdue, Scott Williams ou encore Craig Hodges. Jordan est toujours aussi efficace au scoring mais se mue régulièrement en distributeur, parfaitement relayé par Scottie Pippen, véritable chef d’orchestre capable d’assurer la remontée de balle, de placer les systèmes offensifs tout en éteignant la star adverse avec sa polyvalence défensive, son envergure et son intelligence de jeu.

Auteurs d’un 11-3 en décembre, en battant notamment les Pistons le soir de noël avec 37pts de Jordan devenu papa la veille, Chicago se lance enfin et enchaîne, débutant l’année 1991 avec un bilan de 20-9 et de plus en plus de certitudes. Janvier sera du même acabit, 9-4 dont une série de 7 succès en réponse à une défaite initiale à Houston. Un nouveau Road Trip de 5 matchs attend l’équipe juste avant le All Star Game et Chicago y obtient 3 succès, dont le dernier sur le parquet des Pistons (95-93). Un All Star Game ou Scottie Pippen est étrangement absent, malgré des stats et un impact supérieur à la saison précédente, ou il avait été appelé. Jordan y inscrira quand à lui 26pts avec 5rbs, 5asts mais aussi 10To’s, tandis que le Bull le plus en vue du weekend se nomme Craig Hodges. Déjà vainqueur du concours à 3pts l’année dernière, l’arrière de Chicago réalise le doublé en battant Terry Porter en finale, après avoir établi un record de 19 réussites consécutives en 1/2 finale !

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Juste après la coupure, les Bulls reprennent leur marche en avant avec 9 victoires de suite, dont 3 matchs consécutifs avec 129pts inscrits et un trio Jordan/Pippen/Grant de plus en plus cité autour de la ligue pour son efficacité offensive mais également pour son acharnement défensif ! Johnny Bach les surnomme les Doberman tant la pression qu’ils mettent sur leurs adversaires est étouffante. Il faudra qu’Indiana score 135pts dans un soir de folie (dont 40 de Reggie Miller) pour mettre fin à la série des Bulls, qui enchaînent avec 9 nouvelles victoires dont 3 de suite en encaissant moins de 90pts. Le 9ème et dernier succès de cette série est la 50ème victoire de la saison pour Chicago (129-107 contre Atlanta le 20 mars), en 65 rencontres !

Malgré quelques défaites en prolongation à Boston ou contre Philadelphie, Chicago remporte la Central Division pour la 1ère fois de son histoire et termine même en tête de la Conférence Est, la aussi une première. Leur bilan de 61-21 est également un record pour la Franchise, le dernier succès de la saison ayant lieu face aux Detroit Pistons (108-100), avec 15pts, 10rbs de Will Perdue ! Les Bulls se retrouvent opposés aux New York Knicks et vont montrer d’entrée qu’ils ne sont pas la pour rire. Ils imposent un pressing défensif monstrueux aux New Yorkais et notamment Patrick Ewing, limité à 6pts et seulement 7 tirs tandis que Jordan inscrit 28pts, Pippen 25 (dont un Dunk stratosphérique sur Ewing) et BJ Armstrong signe 18pts/10asts en sortie de banc pour un carton (126-85) qui annonce la couleur !

Le Game 2 sera bien plus équilibré mais encore à l’avantage de Bulls déterminés (89-79), tandis que le Game 3 au Madison Square Garden verra Jordan réaliser l’un de ses Dunks les plus célèbre : Il déborde Starks, ralenti face à Charles Oakley avant de redémarrer en laissant les 2 sur place pour aller Dunker sur la tronche d’Ewing, impuissant ! Les Knicks s’inclineront 103-94 et les Bulls se retrouvent face à Philadelphie au second tour, comme l’année précédente.

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Et comme l’année précédente, Chicago ne fera qu’une bouchée des 76ers, avec le même scénario : 2 succès au Chicago Stadium, une courte défaite au Game 3 en Pennsylvanie puis 2 nouveaux succès pour se qualifier rapidement et sans grosse difficulté malgré les efforts de Charles Barkley et Rick Mahorn. Une fois de plus, les Bulls retrouvent sur leur route les Detroit Pistons ! C’est la 4ème année consécutive que les 2 franchises se retrouvent en Play-Offs et pour la 3ème fois de suite, le vainqueur de la série accédera aux NBA Finals. Detroit est le double champion en titre et a l’expérience de ces rendez vous, mais Chicago en a marre de subir leur loi année après année et compte bien en finir avec une équipe vieillissante, d’autant que cette fois, ils ont l’avantage du terrain.

Au Game 1, les Pistons reprennent leurs vieilles habitudes d’intimidations entre bousculade et trask talking mais lorsque Scottie Pippen éclate de rire après une menace de Mark Aguirre, Detroit comprend que Chicago n’a plus peur et va jouer les yeux dans les yeux avec eux ! Le banc apporte une contribution solide et permet aux Bulls de remporter les 2 premiers matchs avant d’aller dans le Michigan, ou Isiah Thomas les préviens « S’ils veulent gagner chez nous, ce sera une bagarre, une vraie bagarre, ils devront jouer le meilleur match de leur vie s’ils veulent s’en sortir ». Les Pistons appliquent leur plan à la lettre mais Chicago refuse de se laisser intimider et plutôt que répondre aux provocation, préfère en rire et rester concentré. Horace Grant prend un coup de coude et s’énerve mais Jordan vient rapidement lui dire de ne pas montrer de frustration sinon ils allaient recommencer. Grant repart au combat et aide les siens à obtenir un bon succès au Palace of Auburn Hills (113-107, Jordan termine à 33pts, 7rbs, 7asts, 3stls, 5blks). Au Game 4, lorsque Detroit réalise que le sweep devient inévitable, ils multiplient les coups bas : croque en jambe sur Jordan, Dennis Rodman balance Pippen dans le public, puis les joueurs quittent le parquet avant même la fin du match, refusant de serrer la main des Bulls ! Pas grave, Chicago a enfin exorcisé ses démons et s’apprête à disputer les 1ères finales NBA de son histoire …

Et pour ces 1ères finales, l’affiche est des plus somptueuse avec en face les Los Angeles Lakers d’un Magic Johnson souverain. La presse se régale d’ailleurs de ce duel des 2 « MJ ». Jordan récolte même le trophée de MVP de la saison régulière avant le Game 1, après avoir une nouvelle fois mené la ligue aux pts (31.5) et les Bulls aux sommets. Mais le début du Game 1 est difficile, avec des Air Balls et du déchet face à des Lakers plus expérimentés et mener par un Magic Johnson flamboyant. Les Bulls reviennent néanmoins et mènent 91-89 à 23 secondes du terme, mais Johnson trouve Perkins qui plante un 3pts assassin. Il reste 9 secondes, Jordan temporise et prend le dernier tir mais le ballon rebondit 2 fois sur le cercle et sort, 1-0 Lakers !

Le Game 2 devient cruciale pour Chicago, le match le plus important de leurs 25 ans d’existence. Grant inscrit 10pts dés le 1er quart puis Jordan commet rapidement sa 3ème faute, ce qui va entraîner un changement tactique déterminant : Scottie Pippen se retrouve à défendre sur Magic Johnson et va lui infliger un défi physique permanent, ne lui laissant pas le moindre centimètre d’espace. Le meneur des Lakers termine à 4/13 aux tirs et Chicago s’impose largement pour égaliser (107-86 en shootant à 61.7%), avec en conclusion un panier ultra spectaculaire de Jordan, qui change de main dans les airs pour conclure main gauche un lay-up débuté main droite ! 1-1, la série part à LA …

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Au Game 3, Les Lakers prennent 13pts d’avance au 3ème quart mais le banc des Bulls aide à combler ce déficit, notamment Levingston auteur de 10pts à 5/5 et 3 contres ! Le match reste serré jusqu’à la fin et Divac réussi un And One ou il obtient aussi la 6ème faute de Pippen qui est exclu. Jordan égalise d’un Jumper à 3.4 secondes du terme et le match va en prolongation, ou MJ inscrit 6 nouveaux points et permet à son équipe de mener 2-1 dans ces finales (104-96). Los Angeles réplique avec plus d’agressivité au début du Game 4 mais Chicago évolue en confiance et trouve les ressources pour répondre, menant de 9pts à la mi-temps et appliquant un pression terrible pour conserver cette avance. Et malgré les exploits de Vlade Divac et Magic Johnson, les Californiens sont limités à 82pts à 36.6% aux tirs. Et surtout, ils sont menés 3-1 dans ces finales !

Malgré les absences de James Worthy et Byron Scott pour ce match 5 décisif, les Lakers n’abdiquent pas, surtout dans leur salle. Même si Chicago mène la plupart du match, les Californiens poussent, avec un Magic Johnson omniprésent (16pts, 11rbs, 20 asts) et Elden Campbell qui met 21pts à 9/12 en venant du banc. Chicago est mené au milieu du 4ème quart-temps et Phil Jackson prend un temps mort durant lequel il fixe Jordan dans les yeux et lui dit :
« Quand ils font les prises à 2 sur toi, tu sais qui est démarqué ? »
– MJ : « … »
– Jackson : « Michael »
– MJ : « … Paxson »
– Jackson : « Bien, file lui la balle alors »

Jordan s’exécute et Paxson se montre digne de confiance, comme toujours dans les moments chauds. Il inscrit 10pts de suite, dont 2 paniers primés et lance Chicago sur la voie du succès. Scottie Pippen remonte la balle le long de la ligne, le poing en l’air, et Chicago s’impose 108-101 pour remporter enfin le 1er titre NBA de ses 25 ans d’existence ! La fête est totale, les Bulls sont enfin au top de la ligue, après plusieurs années d’éliminations difficiles et frustrantes. Aux côtés de son père, Jordan est en pleur avec le trophée dans les bras.

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Lors de la fête avec les fans à Grant Park, Phil Jackson remercie les Detroit Pistons pour les avoir poussé à bosser autant, tandis que Pippen promet que les Bulls reviendront fêter d’autres titres. Il faut dire qu’avec un Jordan au sommet de son art, MVP de la saison, des Finals et présent dans la All Defensive 1st Team (Pippen est dans la 2ème), l’avenir s’annonce radieux !

NBA CHAMPION
Bilan : 61-21
Classement : Champions de la Central Division, vainqueurs de la Conférence Est
Attaque : 110.0 PPG (7ème sur 27)
Défense : 101.0 PPG (4ème sur 27)
Meilleur marqueur : Michael Jordan (31.5)
Meilleur rebondeur : Horace Grant (8.4)
Meilleur passeur : Scottie Pippen (6.2)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

BONUS TRACK : Grâce à Oztrak (@Oztra24), voici un lien pour télécharger le Game 5 des finales et savourer le 1er titre NBA de la Franchise :

https://mega.nz/#F!XRMk3YyA!PW9CHF3FspNxJmzKCWlnMQ

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