BullsFr

La saison 1991/92

Conserver le titre acquis quelques mois plus tôt est logiquement devenu l’objectif numéro 1 des Bulls même s’il s’annonce extrêmement compliqué. L’effectif est reconduit dans son ensemble et un trade qui envoie Dennis Hopson à Sacramento contre Bobby Hansen est le seul mouvement notable. Pour le reste, Jordan, Pippen, Grant, Paxson, Cartwright, Armstrong, King, Williams, Hodges, Perdue et Levingston sont tous là. Ils savent qu’ils sont attendus au tournant et vont découvrir que tout le monde veut se payer le Champion en titre, mais ils sont prêts pour le défi même si le fait d’être devenu champion a crée quelques tensions au sein du groupe, comme quand Horace Grant s’étonne publiquement de la non présence de Michael Jordan à la maison blanche pour fêter le titre !

La saison débute par une victoire de 20pts contre Philadelphie (110-90), puis 2 défaites de rang à Milwaukee et contre Golden State, mais derrière, c’est la déferlante Chicago comme l’appellera la presse : une série de 14 succès consécutifs, dont un parfait 6/6 lors du West Road Trip malgré une double prolongation à Portland en veille de back-to-back ! Des victoires qui font du bien et qui récompensent l’énorme travail de Phil Jackson pour maintenir son groupe uni et les protéger du cirque médiatique qui les entoure maintenant qu’ils dominent la NBA. Il n’a pas eu la tâche facile avec la sortie du livre de Sam Smith intitulé « The Jordan Rules », qui retrace la saison 90/91 des Bulls et ou Jordan est présenté comme quelqu’un de tyrannique et odieux envers ses partenaires, n’hésitant pas par exemple à balancer des ballons forts dans la tête de Cartwright ou priver Horace Grant de son plateau repas parce qu’il estime qu’il ne s’est pas donné à fond pendant le match ! Jordan réagit peu à ce livre mais Jerry Krause, le GM des Bulls, très affecté, passe de nombreuses semaines à essayer de trouver qui, en interne, a pu donner toutes ces infos à Sam Smith, ce qui aura comme conséquence d’installer un climat de méfiance malsain autour du groupe.

Lorsque Philadelphie crée l’exploit de briser la série de victoire des Bulls, ces derniers répliquent par 9 succès lors des 10 matchs suivants, ne s’inclinant qu’à la maison face aux Los Angeles Lakers dans un remake des dernières finales. Jordan continue d’affoler les compteurs et les défenses mais laisse de plus en plus de place à son « lieutenant » Scottie Pippen, qui organise parfaitement l’attaque avec son jeu plus dévoué au collectif et sa volonté d’impliquer tout le monde. Horace Grant fait merveille sous les 2 cercles avec énormément de combativité, les role players ont également quelques ballons à négocier, les Hansen, Armstrong ou Hodges ne se privant pas d’un 3pts par ci par là et Chicago l’emporte régulièrement avec plus de 10 pts d’avance. Ils terminent l’année 91 avec un bilan de 24-4 et c’est loin d’être fini …

Milwaukee s’offre une nouvelle fois le scalp des Bulls pour débuter 1992, mais MJ et sa bande répliquent à leur manière : un succès 140-96 le lendemain contre les pauvres Nets, avec 9 joueurs à au moins 8pts dont 5 du banc ! Cette victoire lance une nouvelle série folle de 13 W de suite, avec encore des adversaires régulièrement tenu à distance (+13 vs Washington, +15 vs Utah, +13 vs Philadelphie, +15 à Cleveland, +24 contre Detroit, +14 vs Houston …). Au 25 janvier l’équipe affiche un bilan faramineux de 37-5 avant un nouveau Road Trip à l’Ouest qui s’annonce ardue. Preuve en est, il débute par 2 défaites dans le Texas, ou San Antonio et Houston se vengent. 2 victoires contre Dallas et les Lakers équilibrent le bilan de Road Trip avant un match totalement fou à Utah : on dispute les dernières secondes de la 3ème prolongation, Jordan vient d’égaliser à 123 partout puis Jeff Malone obtient 2 lancés sur une faute de … Jordan, qui va s’expliquer de manière trop véhémente avec l’arbitre qui l’expulse. Malone rentre ses lancés pour une victoire 126-123 du Jazz. Suspendu le match suivant à Phoenix (défaite des Bulls 126-114), Jordan part directement à Orlando ou se tient le All Star Game, rejoint le lendemain par Scottie Pippen, Phil Jackson et Craig Hodges, qui remportera son 3ème titre de suite lors du concours à 3pts.

stacey_king_1991_11_29

Au moment de cette coupure, Chicago possède toujours un bilan fabuleux (39-9), mais vient de perdre autant de matchs en 10 jours que dans les 3 mois précédents. Ils vont arriver jusqu’à début mars sur un rythme bizarre mais régulier de 3 victoires, 1 défaite, 3 victoires, 1 défaite, 3 victoires, 1 défaite, avant de passer la seconde sur les 6 dernières semaines de la saison : 19 victoires et 3 petits revers permettent à Chicago de terminer la saison sur un bilan stratosphérique de 67-15, le meilleur de l’histoire de la Franchise et la 5ème meilleur marque NBA derrière le 69-13 des Los Angeles Lakers de 1971, les 68 victoires de Philadelphie en 1967 et de Boston en 1973, puis les 67 succès de ces mêmes Celtics en 86 ! Une performance en tout point remarquable qui voit Jordan, meilleur scoreur de la ligue, élu MVP pour la 3ème fois de sa carrière (30.1pts à 51.9%, 6.4rbs, 6.1asts, 2.3stls) et rejoint Scottie Pippen (21.0pts à 50.6%, 7.7rbs, 7.0asts, 1.9stl, 1.1blk) dans la All Defensive 1st Team. « Da Pip » sera également élu dans le 2ème meilleur 5 de la ligue. Ils sont prêts à en découdre lors des Play-Offs pour conserver leur titre !

La défense du trophée débute par une série au meilleur des 5 matchs contre les Miami Heat, jeune franchise qui dispute les 1ers Play-Offs de son histoire. Jordan frôle le Triple Double au Game 1 (46pts, 11rbs, 9asts) tandis que Will Perdue ajoute 16pts, 10rbs, 4blks en 18mins du banc pour un succès aisé (113-94), qui le sera encore plus au Game 2 (120-90), avec 33pts de Jordan et 30 de Pippen. Au Game 3 en Floride, pour le 1er match de PO de l’histoire du Heat à domicile, il est demandé aux fans de faire un maximum de bruit à chaque fois que Jordan touche la balle, pour le déstabiliser au maximum. Miami remporte le 1er Quart-temps 33-19 mais ça n’ira pas plus loin : Jordan répond au public en collant 56pts pour assurer la victoire 119-114 et le sweep des Floridiens. Au tout suivant, ce sera les New York Knicks, qui ont sorti Detroit en 5 matchs !

Avec Pat Riley en tant que Coach, New York a repris l’esprit Bad Boy des Detroit Pistons et compte en faire baver aux Bulls avec Patrick Ewing, Charles Oakley, Xavier McDaniel et Anthony Mason pour jouer des muscles et imposer un défi physique coriace. Riley met la pression sur les arbitres en disant que s’ils ne tombent pas amoureux de Jordan, alors ses Knicks ont une chance de passer. Et ça commence bien pour eux avec une victoire au United Center (94-89) qui leur permet de prendre l’avantage du terrain, avec Pippen qui se foule la cheville en 2ème mi-temps. Il faudra un BJ Armstrong décisif au Game 2 pour revenir dans la série, avec plusieurs paniers importants en fin de match. A New York Jordan signe 32pts au Game 3 pour reprendre l’avantage du terrain mais McDaniel assure la victoire des siens au Game 4 avec sa défense rugueuse et ses points en contre attaque. Exclu lors de ce Game 4, Phil Jackson déclare que la NBA doit se frotter les mains et choisi des arbitres pour envoyer la série au Game 7, Riley réplique que des champions affrontent leurs adversaires et ne passent pas leur temps à pleurer.

chi_91bulls02_340

Dans une série qui est une véritable opposition puissance contre vitesse, 37pts avec 15/17 aux lancés de Jordan offrent de nouveau l’avantage à Chicago mais là encore les Knicks répliquent, étant la 1ère équipe à atteindre les 100pts sur la série (100-86 au Game 6), pour obtenir un Game 7 décisif à Chicago. Les Bulls ont déjà perdus plus de match dans cette série que lors des Play-Offs précédents et doivent réagir. Quand McDaniel tente de s’en prendre à Pippen, Jordan vient le provoquer et lui fait baisser les yeux, devant un Phil Jackson admiratif. Dés lors, New York n’y est plus et Chicago fini le travail (110-81) et rejoint les finales de conférence.

Les Cleveland Cavaliers sont le dernier obstacle à une 2ème participation de suite aux NBA Finals. Chicago démarre mal avec un 0/11 aux tirs avant de passer la seconde sous l’impulsion de son banc pour s’emparer du Game 1. Les Cavs sont accrocheurs et prennent le match 2, emmenés par Daugherty et Mark Price, puis iront même prendre le Game 4 chez eux pour relancer de nouveau la série. Mais Chicago a décidé d’en finir. Au Game 5, Jordan inscrit 37pts, Pippen et Grant signent chacun un gros double double (respectivement 14pts, 15rbs et 13pts, 14rbs) puis 3 joueurs du banc (Williams, Armstrong, Levingston) plantent 12pts chacun. Les Bulls s’imposent aisément (112-89) et iront conclure la série dans l’Ohio pour atteindre de nouveau les NBA Finals.

Cette finale se jouera face aux Portland Trail Blazers, l’équipe qui a raté Michael Jordan à la Draft 84, lui préférant Sam Bowie. Mais la franchise de l’Oregon aura atteint les NBA Finals avec les Bulls de Jordan, s’inclinant face aux Detroit Pistons en 1990. Avec Clyde Drexler que beaucoup comparent à Jordan, le duel est tout trouvé mais MJ ne l’entend pas de cette oreille et va démontrer qu’il est bien le meilleur. Dés le Game 1, il inscrit un nouveau chapitre de sa légende avec 35pts inscrit dans la 1ère mi-temps, dont 6 paniers à 3 points. Un fait tellement inhabituel que même lui est surpris et hausse les épaules l’air de dire « je ne sais pas ce qui m’arrive ». Chicago mènera 96-60 dans le 3ème quart avant de finalement s’imposer 122-89 et prendre l’ascendant dans cette série.

michael-jordan-the-shrug1

Mais au Game 2 ce sont les Blazers qui prennent les choses en main. Prises à 2 voir 3 sur Jordan, énergie défensive de tout les instants et attaque fulgurantes, ils font le show à l’image d’un Dunk stratosphérique de Drexler sur Cartwright. Mais Jordan joue les distributeurs et 3 paniers à 3 Points de Paxson (2) et Hansen remettent les Bulls sur les bons rails. Ils mènent 90-82 à 4:36 de la fin avec Drexler qui commet sa 6ème faute et est exclu. Chicago pense alors dérouler et l’emporter, mais Jordan prend une technique et Danny Ainge joue les sauveurs pour égaliser à 97-97. Jordan manque le tir de la gagne au buzzer et les 2 équipes vont en prolongation, ou 9pts signés Ainge offrent un incroyable succès aux Blazers qui égalisent à 1-1 avant d’aller dans l’Oregon !

Chicago construira une bonne avance dés le début du Game 3 et parviendra à la conserver malgré les assauts répétés de Portland, poussé par un public chaud qui espère un retour similaire au Game 2, mais ça ne sera pas le cas. Chicago mène 2-1 et cherche à rapidement se mettre à l’abri au Game 4, avec un excellent début mais au fil du match c’est Portland qui prend les choses en main et s’impose dans les derniers moments, 93-88 avec 17pts du banc de Cliff Robinson. Dans un Game 5 décisif, Jordan attaque le cercle sans relâche et enchaîne les lancés francs, mais se tord quelque peu la cheville gauche. Pendant qu’il se fait soigner sur le banc, il observe ses coéquipiers faire le job pour maintenir l’équipe en tête. Il revient pour les dernières minutes et assure la victoire, 119-106. La série repart à Chicago, les Bulls n’ont plus besoin que d’une victoire …

Les Bulls peuvent devenir la 1ère équipe de Chicago à gagner un titre à la maison depuis les Chicago Bears (NFL) en 1961 ! Mais ça ne se déroulera pas comme prévu, Portland imposant une défense solide pour couper Jordan du reste de ses partenaires, pousser la balle en contre attaque et faire douter les locaux. Les Blazers grimpent à +17 et mènent encore de 15pts à l’entame du dernier quart-temps (79-64). Tex Winter et Phil Jackson décident de laisser Jordan sur le banc pour aligner les remplaçants : BJ Armstrong, Stacey King, Bobby Hansen, Scott Williams débutent le quart en compagnie de Pippen. Hansen intercepte la balle et va marquer un 3pts, King provoque une faute flagrante de Kersey et ce sont désormais les Bulls qui ont tout le momentum, signant un 14-2 rapide avant que Jordan ne revienne sur le parquet pour finir le travail. 33-14 dans le dernier quart, Chicago s’impose 97-93 et remporte son 2ème titre NBA consécutif !

La remise du trophée a eu lieu dans les vestiaires mais les joueurs retournent vite sur le parquet avec le titre pour fêter avec un public en transe, qui explose quand Jordan, MVP des Finals, fait un signe de la main pour indiquer le conquête d’un 3ème titre dés l’an prochain. Ils deviennent la 4ème franchise de l’histoire à conserver leur titre, après les Lakers, Celtics et Pistons. Les Bulls sont au sommet de la NBA, Jordan et Pippen dans la force de l’age (29 et 27 ans) et Phil Jackson s’impose comme le meilleur coach de la ligue. La Franchise est sur un nuage et compte bien poursuivre sur cette lancée.

1992 NBA Finals:  Portland Trail Blazers vs. Chicago Bulls

NBA CHAMPION
Bilan : 67-15
Classement : Champions de la Central Division, vainqueurs de la Conférence Est
Attaque : 109.9 PPG (5ème sur 27)
Défense : 99.5 PPG (3ème sur 27)
Meilleur marqueur : Michael Jordan (30.1)
Meilleur rebondeur : Horace Grant (10.0)
Meilleur passeur : Scottie Pippen (7.0)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

BONUS TRACK : C’est désormais une habitude, Oztrak (@oztrak24) vous offre un lien pour télécharger un match de l’époque. Cette fois il s’agit du GGame 1 des NBA Finals et le « Shrug Game » de Jordan. Enjoy :

Lien

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *