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La saison 1994/95

Si l’été 93 avait été délicat, la version 94 sera tout aussi compliquée pour les Bulls, avec John Paxson et Bill Cartwright qui annoncent leur départ à la retraite, tout 2 à cause de blessures récurrentes en fin de carrière, même si on retrouvera Cartwright aux Sonics, qui proposaient un dernier défi au pivot de 37 ans. A Seattle, il a bien failli retrouver … Scottie Pippen, dont le nom à longtemps circuler dans des rumeurs de trade en échange de l’ailier Shawn Kemp ! Au final les dirigeants des Sonics renoncent à ce trade mais ces rumeurs rendent Pippen furieux et ses relations avec Jerry Krause ne s’améliorent pas. Dans le même temps, les Bulls s’affaiblissent à l’intérieur avec le départ du remplaçant Scott Williams pour les 76ers mais aussi d’Horace Grant, qui avait trouvé un accord avec Krause pour rester mais part finalement à Orlando contre un gros contrat.

Départ également de l’assistant coach Johnny Bach, qui était présent depuis 1988 ! Il est accusé par Jerry Krause d’être la fameuse « taupe » qui donnait à Sam Smith les infos qui lui ont permis de sortir son livre « The Jordan Rules » qui a tant secoué l’équipe. On lui reproche aussi d’avoir laissé fuiter des infos concernant un workout privé que les Bulls ont tenu avec le pivot Roumain Gheorghe Muresan, qui sera finalement drafté par Washington. Niveau arrivées, les Bulls signent l’arrière Ron Harper et l’ailier Jud Buechler en plus de choisir Dickey Simpkins lors de la Draft.

Un recrutement léger et le début de saison régulière sera en conséquence : victoire, défaite, victoire, défaite, victoire, défaite, victoire, défaite, puis 2 victoires … et 2 défaites, avant 2 nouvelles victoires et … 3 défaites de rang ! Pas franchement les débuts rêvés pour inaugurer la toute nouvelle salle des Bulls, le United Center, situé juste de l’autre côté de la route par rapport au Chicago Stadium, qui sera démoli quelques mois plus tard. Lors de l’inauguration de cette nouvelle salle, le maillot 23 de Michael Jordan a été retiré et une immense statue de bronze à son effigie prend place à l’extérieur de la nouvelle enceinte.

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Au 21 décembre, les Bulls sont à 11-12 et pataugent comme rarement, devant composer avec des blessés tandis que Phil Jackson a du mal à redonner du dynamisme à un groupe qui ne compte plus que 3 joueurs champions NBA 18 mois auparavant (Pippen, Armstrong et Perdue). Selon lui l’esprit de compétition n’est plus là et le départ de Bach a affecté le moral d’une équipe désunie et qui part plus souvent en guerre contre les dirigeants que contre les équipes adverses.

Pippen reste néanmoins la pièce maîtresse de l’équipe et quand il est en forme, il assure : 36pts et 16rbs contre les Knicks le soir de noel, un bon Triple Double le 10 janvier contre Orlando (26pts, 10rbs, 11asts, 6stls dans un victoire avec 32pts d’écart, qu’il enchaîne avec 21pts le lendemain lors d’un autre carton à Philadelphie (+38). Puis avec le All Star Game qui approche, il met les bouchées doubles : 27pts à 9/13, 11rbs, 8asts face aux Warriors, 34pts, 13rbs, 6asts, 4stls chez les Lakers, 22pts, 11rbs à Sacramento, 28pts, 11rbs, 7asts, 5stls à Phoenix, 35pts, 11rbs, 6asts sur le parquet de Golden State puis 26pts, 10rbs, 8asts à Portland. Il signe aussi 2 matchs à 6 interceptions juste après le All Star Game, mais hélas, les Bulls continuent d’être très inconstants et enchaînes victoires maîtrisées et défaites sans énergie.

Chicago est à 26-29 après un Road Trip mal négocié (1-4) et l’ensemble peine à se montrer cohérent, avec Harper qui à du mal à trouver son rythme, au point de perdre sa place de starter mi février au profit de Pete Myers. Jackson cherche comment relancer l’équipe quand on frappe à la porte de son bureau, à la salle d’entraînement des Bulls : Michael Jordan vient voir Jackson et lui fait part de son désir de quitter le Baseball et de revenir s’entraîner avec l’équipe avant d’éventuellement revenir au jeu. Jackson accepte et la nouvelle fait vite le tour du monde : Michael Jordan, le meilleur Basketteur de tout les temps, remet les sneakers et revient sur les parquets NBA, dans une euphorie générale !

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Le grand retour de Jordan sur les parquets se fait à Indiana, le 19 mars 1995, avec 17 rencontres à disputer pour Chicago, qui vient de remporter 8 de ses 10 derniers matchs et reste en course pour les Play-Offs. Lors de ce match, Jordan se fend de 19pts … à 7/28 aux tirs et les Bulls s’inclinent en prolongation. Forcément, après 1 an et demi sans compétition, le rythme n’est pas encore là mais à peine 3 jours plus tard il inscrit 27pts à 9/17 dans une large victoire 124-107. La plupart de l’effectif n’a jamais évolué avec Jordan et se bat chaque jour à l’entraînement pour impressionner MJ, dont la seule présence à fait grimper l’intensité des entraînements et la motivation des troupes de plusieurs niveaux, ce qui permet d’améliorer les automatismes d’un groupe qui se cherche encore et n’évolue pas ensemble depuis longtemps.

Avec son numéro 45 sur le dos, celui qu’il avait lors de sa courte carrière au Baseball, Jordan reprend ses marques petit à petit. Pour son 4ème match, sur le parquet d’Atlanta, Jordan inscrit 32pts mais surtout, il inscrit le panier de la victoire au buzzer, une vieille habitude ! Le match suivant à lieu au Madison Square Garden, dans la ville natale de Jordan, qui a entendu les critiques de John Starks la veille, disant qu’il n’aurait pas du revenir au Basket car il est cuit et rouillé. Des paroles qui ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Jordan débute la partie avec énormément d’énergie et d’intensité, avec 20pts dés le 1er quart en multipliant les Jumpers en plus d’une bonne défense sur Starks !

Il continuera son festival tout au long de la partie, avec 35pts au compteur à la pause, 49 après 3 quarts puis 55 après avoir égalisé dans la dernière minute d’un nouveau Jumper mi distance. Mais les Knicks sont accrocheurs et le score est de parité, 111-111, lorsque Chicago a le dernier tir. Tout le monde sait que c’est Jordan qui aura la responsabilité de ce tir, encore plus après avoir réussi la même chose à Atlanta 3 jours plus tôt. Jordan pénètre dans la raquette, voit Ewing venir à lui pour la prise à 2 et trouve Bill Wennington seul sous le cercle pour un Dunk facile à 3 secondes du terme ! Chicago s’impose à New York, Jordan réalise le record de pts d’un adversaire au Madison Square Garden avec ses 55 unités, ce qui sera aussi le record de pts pour un joueur cette saison là, puis la confiance va grandir dans les rangs, au point que les Bulls signent 2 séries de 6 victoires pour terminer la saison sur un 12-2 et un bilan final de 47-35, mais ça ne leur offre pas mieux que la 3ème place de la division centrale et la 5ème place de l’Est.

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Ces Play-Offs semblent placées sous le signe des retrouvailles pour les Bulls, avec un premier tour contre les 4ème de la conférence, les Charlotte Hornets ou Johnny Bach officie en tant qu’assistant coach. Malgré l’avantage du terrain, les jeunes Hornets cèdent au Game 1, ou Jordan, motivé comme jamais, plante 48pts à 18/32 plus 9rbs et 8 asts pour une victoire 108-100 en prolongation. Charlotte va réagir avec la manière au Game 2 derrière les 23pts/20rbs d’Alonzo Mourning pour une large victoire (106-89) qui confirme l’inconstance de l’équipe. Le Game 3 sera marqué par les 22pts à 9/10 de Toni Kukoc, qui n’aura pas souvent eu l’occasion de se montrer pendant la saison régulière avec un temps de jeu irrégulier. Puis Chicago mettra un terme à la série lors du Game 4 au United Center sur un petit score de 85-84, dont 69 du trio Jordan, Pippen et Kukoc, avec respectivement 24, 24 et 21pts. A un moment, Jordan s’écarte du chemin de Tyrone « Mugsy » Bogues, meneur d’un mètre 60 de Charlotte et encore à ce jouer le plus petit joueur de l’histoire de la NBA, en lui disant : « Vas y le nain, je te laisse tirer, prend le shot ». Bogues tire et loupe. Il avouera des années plus tard que cette action l’a ruiné mentalement et a eu une incidence sur la suite de sa carrière …

Au tour suivant, l’équipe retrouve un autre visage familier avec Horace Grant, qui a rejoint le Magic d’Orlando pendant l’été pour former une véritable armada avec Shaquille O’Neal, Anfernee Hardaway, Dennis Scott ou encore Nick Anderson, natif de Chicago. Lors du Game 1 à Orlando, Chicago mène 91-90 avec une poignée de secondes à jouer quand Jordan perd bêtement le ballon face au pressing de … Nick Anderson ! Une perte de balle fatale, la 8ème de Jordan ce soir là, qui va coûter la victoire aux siens. Phil Jackson le console comme il peut après le match mais Jordan décide de revenir avec son numéro 23, sans prévenir la NBA, qui infligera une amende de 25.000$ à l’équipe. Jordan inscrit 38pts à 17/30 et assure le succès des siens 104-94 pour égaliser dans la série avec de revenir à Chicago.

Au United Center, Jordan plante 40pts mais Horace Grant pointe les faiblesses intérieures des Bulls en signant 18pts et 14rbs et prenant un malin plaisir à faire plier son ancienne formation ! Orlando reprend les commandes de la série et Grant continue de martyriser Chicago, avec 21pts, 13rbs et 3 contres mais cette fois les Bulls parviennent à s’en sortir, avec un jeu plus collectif ou Jordan concède plus de responsabilités à ses partenaires, pour un succès à la clé qui permet de revenir à 2-2.

Mais de retour à Orlando, le duo Shaq/Grant va finir de détruire le peu d’opposition intérieur que propose Chicago. 23pts, 22rbs, 5blks de Shaq, 24pts, 11rbs de Grant et voilà Orlando à une victoire d’éliminer les Bulls, ce qu’ils feront au Game 6, dans un United Center réduit au silence pendant que les jeunes joueurs du Magic fêtent Horace Grant en héros ! Les Bulls sont abattus et plein de doutes, le retour de Jordan n’aura pas été suffisant et l’équipe parait en perte de vitesse et en manque de repères. Phil Jackson a du pain sur la planche et sait qu’il doit apporter des modifications à son effectif, à commencer par solidifier son secteur intérieur …

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Bilan : 47-35
Classement : 3èmes de la Central Division, 5èmes de la conférence Est
Attaque : 101.5PPG (12èmes sur 27)
Défense : 96.7PPG (5èmes sur 27)
Meilleur marqueur : Scottie Pippen (21.4)
Meilleur rebondeur : Scottie Pippen (8.1)
Meilleur passeur : Scottie Pippen (5.2)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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