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La saison 1999

Tout au long de la saison précédente, l’incertitude régnait sur le futur de cette équipe et les dirigeants ne vont pas tarder à donner une réponse cinglante : fidèles à leur parole, les 2 Jerry, Krause et Reinsdorf, annoncent que Phil Jackson ne sera pas reconduit en tant que coach et signent Tim Floyd le 23 juillet 1998 ! Floyd est un coach réputé au niveau universitaire depuis plus de 10 ans et ne possède aucune expérience de la NBA, mais étant un ami proche de Krause avec qui il va souvent à la pêche, il hérite assez aisément du poste, sans réaliser dans quel situation il débarque.

Tout d’abord, la saison NBA ne débute pas fin octobre comme d’habitude à cause d’une grève des joueurs, en conflit avec la NBA sur le partage des revenus, qui mettra longtemps à se régler. Si bien qu’un accord est annoncé courant janvier avec une saison régulière d’une durée de 50 matchs, avec des séries de 3 matchs en 3 soirs, qui débutera en février ! Au final c’est presque un mal pour un bien pour des Bulls qui vont perdre la quasi totalité de leur effectif : lui aussi fidèle à sa parole, Jordan annonce sa retraite puisque Phil Jackson n’est plus le coach de l’équipe, une annonce qu’il tentera de faire passer avec un peu d’humour « Pas question de retourner au Baseball cette fois », mais la dépression guette les fans des Bulls car ce départ est le premier d’un engrenage qui semble sans fin : Pippen signe un gros contrat aux Houston Rockets, Dennis Rodman s’engage avec les Los Angeles Lakers, Luc Longley file à Phoenix, Steve Kerr signe aux Spurs de San Antonio et même des options du bout du banc comme Jud Buechler ou Scott Burrell s’en vont, respectivement à Detroit et New Jersey.

Des champions NBA 6 mois auparavant, il ne reste que Toni Kukoc, Ron Harper, Bill Wennington, Randy Brown, Dickey Simpkins et les assistants Tex Winter, Frank Hamblen et Bill Cartwright ! Niveau arrivées, à part Brent Barry qui déclare à sa présentation : « Floyd est taré d’avoir accepté ce poste, du coup je me devait de jouer pour lui ici. », il n’y a rien de bien fameux à se mettre sous la dent : Andrew Lang, Mark Bryant, Rusty LaRue, Cory Carr et le Hongrois Kornel David viennent pour le prestige de porter la fameuse tunique des Bulls, mais pas pour en faire une équipe compétitive.

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Toni Kukoc devient le leader de l’équipe, un rôle qu’il a toujours rêvé d’endosser, mais à 30 ans et de gros problèmes de dos et de hanches, il fait ce qu’il peut pour sauver ce qui peut l’être. De manière assez ironique, la saison régulière démarre par un déplacement à Utah. Kukoc signe 32pts dans la défaite puis passe proche du Triple Double 2 jours plus tard chez les Clippers (22pts à 9/19, 9rbs et 11asts) pour une victoire sans lendemain. Après ce match Chicago perd 7 rencontres de suite et subit les foudres des équipes adverses, qui ont tellement soufferts pendant des années qu’elles se vengent allègrement et cartonnent les Bulls en guise de revanche dés qu’elles le peuvent. Dans cette série, l’attaque des Bulls est limitée à 71 et 67pts contre Atlanta, 68 et 63 face aux Knicks ou encore 76 contre les Spurs, ou Kerr se rappelle aux souvenirs des fans avec un 3/3 à 3pts qu tuera le match dés le 3ème quart !

Il faudra attendre le 27 février pour voir Chicago remporter son 1er match à domicile, 94-77 face à Charlotte, avec un Randy Brown inspiré (14pts à 7/9, 7rbs, 5asts, 4stls), enchaîné par une victoire le lendemain à Toronto en prolongation avec 19pts de Barry et 17pts/10rbs de Simpkins. Le 9 mars, l’équipe atteint pour la 1ère fois les 100 fois dans une victoire 103-87 contre New Jersey, un exploit qu’ils renouvelleront une semaine plus tard contre ces mêmes Nets (104-95) !

Mais entre le manque de talent évident, les blessures de cadres comme Harper, Brown, Barry ou Wennington et un coaching totalement incohérent de Tim Floyd, qui tente de continuer l’attaque en triangle sans même en comprendre les préceptes, il était évident que la saison serait compliquée. Les défaites violentes s’enchaînent contre des équipes avides de revanche : Orlando vient gagner 115-68 au United Center, Indiana s’y impose 91-74 puis Miami vient aussi chercher une victoire historique puisqu’ils limitent Chicago à 49 petits points en 48 mins, soit le pire total de l’histoire de la ligue depuis l’installation de l’horloge des 24 secondes ! Les Bulls shootent ce soir là à 23.4% aux tirs (18/77 dont 0/9 à 3pts) et touchent le fond même s’ils perdront 9 des 11 matchs suivants.

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Au 1er mai, Chicago dépassera les 100pts pour la 3ème et dernière fois de la saison en s’imposant à Miami (101-86 derrière 25pts, 9rbs de Ron Harper puis 22pts, 9rbs, 12asts de Kukoc), mais ils vont enchaîner par 2 dernières défaites violentes pour conclure la saison : 71-115 contre Detroit puis 83-103 face à Orlando, les 2 dans un United Center qui reste néanmoins plein car beaucoup de gens avaient conservés leur abonnement à l’année en étant persuadé que Jackson, Jordan, Pippen et compagnie reviendraient pour une saison supplémentaire. Tout les matchs à la maison ont été joué à guichet fermé, portant la série de la franchise à 567 rencontres consécutives entre saison régulière et Play-offs, une série qui a démarrée en novembre 1987 ! Pour la 1ère fois depuis 1984, les Chicago Bulls ne participent pas aux Play-Offs, avec un bilan exécrable de 13 victoires et 37 défaites, une série de 14 ans de suite en PO qui prend donc fin de manière subite et violente, avec de nombreux GM des autres franchises qui n’hésitent pas à déclarer que l’équipe de Chicago ne possède que 3 joueurs de niveau NBA et le reste n’a aucun talent …

Le processus de reconstruction s’annonce long alors que Krause et Reinsdorf voulaient une reconstruction rapide pour éviter un trop grand délai entre le dernier titre et la prochaine équipe des Bulls qui pourra lutter pour un nouveau trophée. Kukoc a tenté de sauver les meubles au mieux mais n’est pas en pleine possession de ses moyens, Harper se fait vieux (35ans), l’attaque était de très loin la pire en NBA (81.9 PPG) et il est difficile de voir comment l’équipe va pouvoir relever la tête rapidement, même s’ils obtiennent un coup de pouce en héritant du 1er choix à la Draft 1999 …

Bilan : 13-37
Classement : 8ème de la Central Division, 15ème de la Conférence Est
Attaque : 81.9PPG (29ème sur 29)
Défense : 91.4PPG (14ème sur 29)
Meilleur marqueur : Toni Kukoc (18.8)
Meilleur rebondeur : Toni Kukoc (7.0)
Meilleur passeur : Toni Kukoc (5.3)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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