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La saison 2002/2003

Avec un Jalen Rose à l’aise dans son rôle de leader et les progressions attendues de Crawford, Curry et Chandler, Chicago sent que l’ambition est en train de revenir petit à petit. La Draft du meneur Jay Williams, très côté à sa sortie de Duke, fait l’unanimité chez les spécialistes et les Bulls veulent afficher leurs progrès aux yeux de tous, avec un effectif qui semble plus cohérent et complet que les années précédentes grâce aux arrivées de Donyell Marshall et de Corie Blount pour solidifier le secteur intérieur. D’ailleurs, c’est par 2 victoires que les hommes de Bill Cartwright démarrent leur saison, en s’imposant chez les Celtics 99-96 puis en battant les Hornets 84-79. C’est la 1ère fois depuis octobre 1996 que la franchise de l’Illinois remporte son match d’ouverture, c’était déjà à Boston à l’époque !

Mais ces débuts seront malheureusement sans lendemains, Chicago va subir 4 défaites de rang, avec des revers de 22 et 27 pts contre Boston et Dallas à domicile ! Jay Williams signe le 1er Triple Double d’un Bull depuis Jordan en avril 1997 (26pts à 10/22 dont 4/10 à 3pts, 14rbs et 13asts), ce qui permet de battre sa ville natale de New Jersey 100-93 et stopper cette série négative, mais un enchaînement de 10 déplacements en 12 matchs va s’avérer désastreux pour ce jeune groupe qui cherche encore des automatismes : 11 défaites au total dont un Circus Trip une nouvelle fois catastrophique (0/6 dont -13 à Sacramento et Dallas, -20 à Utah) ! La large victoire (111-93) sur Memphis, avec 31pts de Rose et de Marshall, apparaît assez anecdotique. Marshall va d’ailleurs petit à petit prendre la place d’Eddy Curry dans le 5 grâce à sa régularité pour grappiller des rebonds à la pelle et son adresse près du cercle. Après ses 31pts (et 17rbs) en sortie de banc contre Memphis, il monte en puissance en décembre avec 5 matchs de suite à plus de 57% aux tirs et de gros double doubles, notamment 18pts/18rbs contre Milwaukee.

Donyell Marshall dunks

Marshall n’est pas le seul à trouver son rythme en décembre : Jay Williams prend de plus en plus ses aises et dicte le rythme, étant bien plus organisateur que scoreur, au contraire de Jamal Crawford. Il égale son Career High de 13 assists contre Indiana puis inscrit 23pts à 5/7 à 3pts contre les Spurs la semaine suivante et avec des Bulls qui retrouvent des couleurs (un 7-8 plutôt encourageant, débuté par 3 défaites), Williams est désigné Rookie du mois. Le 31 décembre, Chicago bat Portland 102-87 avec 32pts, 6asts de Jalen Rose et un excellent Tyson Chandler (27pts à 9/16, 18rbs et 2 blks), histoire de conclure l’année en beauté avec un bilan qui, s’il n’est pas fameux, reste bien meilleur que les années précédentes à la même période (11-20).

Mais le moins de janvier sera plus compliqué. Entre un Williams qui manque quelques matchs et n’atteint à aucune occasion les 10pts sur ceux qu’ils jouent et un duo Chandler/Curry encore très inconstant et dont les progressions restent assez lentes, les motifs de satisfactions sont peu nombreux. Jalen Rose fait parler sa patte gauche et cartonne (31pts à 12/17 dont 4/5 à 3pts et 7asts contre Utah, 19pts, 12rbs, 6asts à Milwaukee, 28pts contre New York et à Orlando, 30pts à Miami puis 37pts à 15/21 dont 7/10 à 3pts à Atlanta), mais force beaucoup de tirs et son adresse n’est pas toujours aussi reluisante. Il inscrit encore 29pts contre Houston le 26 janvier pour une victoire 100-98 grâce à un buzzer beater de Marcus Fizer, qui ne fêtera pas ça très longtemps car 5 jours plus tard il se blesse au genou à Portland et met fin à sa saison !

Après la victoire face à Houston, les Bulls vont perdre 8 matchs de suite dont 3 en prolongation, avec 7 de ces rencontres à l’extérieur et un nouveau West Road Trip vierge de succès. Il faudra un match à 19pts et 22 rebonds de Chandler plus 27pts, 10rbs de Rose pour retrouver le chemin de la victoire en limitant Denver à 69pts, mais l’équipe continue d’afficher un manque de continuité flagrant qui l’empêche d’enchaîner les victoires, leur meilleure série de succès étant de 3 mi décembre ! Les nombreux jeunes de l’effectif progressent, mais connaissent encore pas mal de difficulté pour se montrer soir après soir malgré des systèmes résolument plus offensifs prônés par Cartwright, qui sort Jay Williams du 5 de départ au profit de Jamal Crawford qui apporte plus de vitesse, afin aussi de mieux éxécuter les pick’n’rolls et se servir de Chandler, Marshall et Curry comme points d’encrages Inside.

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Curry notamment, est surnommé Baby Shaq pour sa mobilité peu commune par rapport à son gabarit. Une mobilité qu’il a travaillé pendant de nombreuses années à faire de la gymnastique, souhaitant en faire son futur métier. A 2m11 et 135 kilos sur la balance, il est capable d’enchaîner des saltos avant et arrières sans élan ! Sa puissance en fait également une arme redoutable près du cercle, ou il s’impose de plus en plus en apprenant justement à ce servir de ces points forts.

Le déclic survient lors d’un match à Miami ou il inscrit 26pts à 10/14 et sortie de banc. Il retrouve sa place dans le 5 dés le match suivant et enchaîne les productions de qualité et une adresse folle, avec 24pts à 10/13 contre Toronto puis une série de 4 matchs de suite à plus de 60% aux tirs : 24pts à 10/16 contre Golden State, 26pts à 10/15 face aux Clippers, 20pts à 8/13 contre les Lakers de Shaq, puis 21pts à 9/14 à Memphis ! Un match à 6pts le 18 mars sera son dernier de la saison sous les 10 unités. Dés la rencontre suivante il signe 30pts à 12/17 face aux Knicks et dépasse les 50% aux tirs lors de 11 des 13 derniers matchs de la saison régulière, avec notamment 10/14 pour 24pts/14rbs contre Sacramento, 28pts à 12/16 et 15rbs face à Seattle, 20pts à 8/12 à Detroit et une fin de saison en apothéose avec un Career High de 31pts à 14/16 lors de la dernières journée de la saison régulière !

Au final Curry affiche un fabuleux 58.5% d’adresse sur la saison et termine largement en tête de la ligue dans ce classement. Sa fin de saison en boulet de canon est clairement encourageante pour le futur, tout comme le bilan final de l’équipe, qui atteint les 30 victoires et tourne à plus de 90pts en attaque pour la 1ère fois depuis les années Jordan (95.0PPG). Néanmoins le bilan aurait pu et du être plus reluisant encore si l’équipe avait su finir ses matchs serrés (un record de franchise de 9 prolongations disputés, pour 8 défaites) et n’avait pas été absolument exécrable à l’extérieur, n’y empochant que 3 petites victoires pour 38 défaites, l’un des pires bilan On The Road de l’histoire de la ligue (Cleveland signera aussi un ignoble 3-38 cette saison là hors de l’Ohio). L’une de ces défaites arrive fin mars sur le parquet des Pacers (140-89, 51pts d’écart) au lendemain d’une soirée arrosée chez Jalen Rose qui possède encore une maison à Indiana ! Mais ça signifie également que le bilan au United Center est autrement plus solide (27-14) et le public ne s’y trompe pas en revenant petit à petit garnir les tribunes, avec plusieurs matchs à guichets fermés au fil des semaines.

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De plus, Jerry Krause a décidé de quitter son poste de GM des Bulls. A 64 ans, il prend une retraire bien méritée et est remplacé par John Paxson, qui commentait les matchs des Bulls à la radio depuis 7 ans. Il connait donc l’effectif par coeur et sait quels ajustements faire pendant un été qui s’annonce sous le signe de l’ambition retrouvée …

Bilan : 30-52
Classement : 6èmes de la Central Division, 12èmes de la Conférence Est
Attaque : 95.0PPG (16ème sur 29)
Défense : 100.1PPG (26ème sur 29)
Meilleur marqueur : Jalen Rose (22.1)
Meilleur rebondeur : Donyell Marshall (9.0)
Meilleur passeur : Jalen Rose (4.8)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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