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La saison 2013/2014

Les dossiers à gérer s’annoncent une nouvelle fois nombreux et varier pour Forman et Paxson, qui ont reçu pour ordre de la part du proprio Jerry Reinsdorf de ne pas payer la Luxury Tax comme la saison précédente. Dés lors, difficile d’attirer du beau monde pour faire progresser l’équipe, les dirigeants décidant de miser sur le retour de Rose en grande forme et la belle progression de Jimmy Butler pour former un backcourt capable de driver l’équipe. Après avoir drafté Tony Snell et Erik Murphy, ils signent Mike Dunleavy pour 2 ans et 6.5 millions afin d’ajouter une menace longue distance … mais laissent partir Nate Robinson et Marco Belinelli, pourtant auteurs à eux 2 de 49.6% des paniers à 3pts de l’équipe la saison précédente (220 sur 443) ! Reste d’autres dossiers épineux tel le cas Luol Deng, qui rentre dans sa dernière année de contrat et n’entend pas demander un salaire moins important, d’autant qu’il en veut à la Franchise pour la manière dont a été géré son passage à l’hôpital lors des derniers Play-Offs. Le torchon brûle entre le club et son agent, qui déclare que les négociations sont gelées jusqu’à nouvel ordre. De son côté Thibodeau n’est pas heureux non plus, il est même très énervé que les Bulls aient laissé partir Ron Adams, son assistant favori et l’un des plus réputé de la ligue, juste parce que Forman n’aurait pas apprécié l’un de ses commentaires sur le contrat d’un joueur …

Carlos Boozer est également un sujet chaud sur les bords du Lac Michigan. Ses performances restent très décevantes tout comme un leadership quasi inexistant. Son entente à l’intérieur avec Joakim Noah n’a jamais fonctionné comme attendu et sa fâcheuse tendance à disparaître dans les grands matchs fait jaser. Tout les fans attendent des dirigeants qu’ils activent l’amnistie sur le contrat de Boozer, une règle qui permet aux Bulls de couper le joueur tant en lui payant le reste de son contrat sans que ce salaire n’apparaisse dans les comptes du Salary Cap. Mais entre la somme que ça ferait débourser à Reinsdorf pour payer la fin du contrat de Boozer (encore 29 millions sur 2 ans) et les difficultés pour trouver un remplaçant de qualité disponible, les dirigeants décident de ne rien décider et laissent la situation comme elle est, espérant que le joueur prouve enfin à ses détracteurs qu’ils ont tord.

Pendant ce temps Derrick Rose retrouve petit à petit la compétition. Après avoir manqué l’intégralité de la saison précédente et géré de nombreuses polémiques et colères des fans qui questionnait son investissement, le natif de Chicago démontre tout au long de la pré-saison qu’il est en forme et n’a rien perdu de ses qualités athlétiques et de sa vitesse. Malgré des absences de Noah, Butler ou Hinrich au fil de la préparation pour des blessures diverses, Chicago termine sa pré-saison invaincu (8-0) et prend confiance pour débuter la saison régulière, dans le sillage d’un Rose qui compte bien prouver qu’il a eu raison d’attendre d’être en grande forme et ne pas précipiter son retour et subir une rechute lourde de conséquence … mais tout va rapidement s’effondrer à nouveau … Lors du déplacement à Portland le 22 novembre, Rose se blesse à l’autre genou sur une action anodine ! Une blessure au ménisque qui nécessite une nouvelle opération pour le meneur des Bulls, qui met fin à sa saison après 10 matchs disputés.

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Une blessure qui sonne comme un nouveau coup d’arrêt non seulement pour Rose mais aussi pour la franchise, qui avait signé 5 victoires consécutives avant de débuter le Circus Trip, en plus d’une autre victoire en début de saison contre les Knicks ou Rose avait inscrit le Floater de la victoire dans les ultimes secondes ! Mais cette nouvelle opération plombe rapidement les ambitions de l’équipe, car pas question cette fois de laisser planer le doute : Rose ne reviendra pas de la saison, pas la peine de l’attendre en vain. Perturbés, les Bulls prennent une volée chez les Clippers au match suivant (121-82) avant de s’incliner en prolongation à Utah le lendemain.

Seuls 2 succès de 20 points à Detroit et à domicile contre Miami permettent de remplir la colonne victoire jusqu’au 13 décembre ou Mike Dunleavy rentre un 3pts à la dernière secondes pour assurer la victoire sur le parquet des Bucks (91-90), le soir du 1er match du meneur DJ Augustin, signé par les Bulls pour combler l’absence de Rose. Mais dés le lendemain Toronto vient braquer le United Center (77-99) pour infliger à Chicago la 1ère de 4 nouvelles défaites consécutives. Une victoire de 17pts à Brooklyn le jour de noël ne change pas grand chose pour ce groupe irrégulier au possible, perdant le match suivant de 22pts à domicile contre les Dallas Mavericks ! Une nouvelle fois l’ambition et le moral du groupe en ont pris un coup et l’arrivée de DJ Augustin n’a pas permis de faire redécoller l’ensemble jusqu’ici.

Dés lors les dirigeants vont décider de faire une croix sur la saison et de faire des économies en se séparant de Luol Deng ! Au 6 janvier 2014, après 9 ans et demi au sein du club, Deng, meilleur scoreur des Bulls en ce début de saison (19.0pts à 45.2%), est expédié à Cleveland contre Andrew Bynum et plusieurs choix de Draft ! L’international Anglais quitte la Franchise aux 6 titres quelques semaines après avoir été le 5ème joueur de l’histoire du club à atteindre les 10.000 points inscrits sous ce maillot. Il a même dépassé Jerry Sloan pour quitter Chicago en étant 4ème meilleur scoreur du club (10.286pts), 8ème aux rebonds (4.078), 5ème aux interceptions (639) et 10ème aux contres (360) en plus de 2 sélections au All Star Game et 637 matchs disputés (5ème chez les Bulls). Bynum, blessé de longue date, est immédiatement coupé.

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Le départ du meilleur scoreur de l’équipe est révélateur des ambitions de la Franchise pour la fin de saison, à savoir laisser tomber et aller cherche un bon pick de Draft, même s’ils ne le déclarent pas officiellement. Seulement les joueurs ne l’entendent pas de cette oreille et Thibs non plus. Joakim Noah, très proche de Luol Deng, se mue pendant plusieurs jours dans le silence le plus total et passe plusieurs matchs à ne pas célébrer les victoires, ni ses actions pleines d’énergies qui électrisent habituellement la foule. Il continue de se battre sur chaque ballon mais n’affiche plus de sourire. Au contraire, il évacue toute sa frustration sur le parquet. Au lendemain du départ de Deng, qu’il considère comme son frère, il signe 14pts, 16rbs et 6asts dans une victoire contre Phoenix, puis 19pts, 14rbs, 4asts, 3blk contre Charlotte.

Il poursuit sur sa lancée en explosant les équipes adverses avec son énergie débordante : 26pts, 19rbs dont 7 offensifs, 6asts, 2stls, 2blks à Orlando dans une match en 3 prolongation, 21pts, 16rbs, 4blks face à Philadelphie ou encore 17pts, 21rbs dont 7 offensifs et 6asts contre les Lakers, pour autant de victoires pour les Bulls, qui font passer leur bilan en positif (21-20) lors d’une victoire le 22 janvier à … Cleveland, face à Luol Deng ! Ce soir là Noah signe encore 9pts, 18rbs, 6asts et 2blks !

A ce moment là Chicago n’a perdu que 2 rencontres en 2014, les 2 face à une jeune équipe de Washington qui monte en puissance. Les Clippers viendront s’imposer aisément au United Center pour briser cette série (95-112) avec Noah qui frôle le Triple Double (12pts, 13rbs dont 9 offensifs, 7asts), tout comme lors de ses 2 matchs suivants, à Charlotte (11pts, 10rbs, 8asts) puis à San Antonio (10pts, 10rbs, 8asts, 4blks). Des performances qui ne passent pas inaperçu et qui lui permettent d’obtenir une nouvelle invitation au All Star Game. Avant de s’y rendre, il pète un câble à Sacramento en insultant les arbitres, récoltant une grosse amende mais pas de suspension. Il en profite pour continuer d’empiler les performances monstrueuses : 20pts/13rbs/3asts/3blks chez les Lakers pour la 2.000ème victoire de l’histoire du club, un somptueux Triple Double face à Atlanta (19pts, 16rbs, 11asts, 3blks) ou encore 14pts, 13rbs, 7asts contre Brooklyn !

Joakim Noah rage 2 vs Heat

A la reprise Chicago s’impose 94-92 sur le parquet de Toronto avec un Jimmy Butler décisif en fin de match, avec un autre joueur qui se signale en la personne de DJ Augustin. Coupé par ces mêmes Raptors quelques mois plutôt après avoir ciré leur banc pendant des semaines, il réalise une véritable renaissance sur les bords du Lac Michigan, retrouvant toute sa confiance et son jeu dans une équipe qui lui offre l’opportunité de se montrer. Revanchard, Augustin saisit sa chance et n’est pas étranger aux bons résultats de sa nouvelle équipe en cartonnant soir après soir : 19pts, 8asts, 3stls contre les 76ers, 27pts à 10/16 dont 5/7 à 3pts face aux Lakers, 27pts à 8/14 dont 5/8 à 3pts, 7asts 2 jours plus tard contre Cleveland, 28pts à 6/12 à 3pts sur le parquet de Charlotte, 23pts et 7asts chez les Pelicans, 22pts à 5/7 à 3pts et 8 asts face à Denver … Lors de ce fameux match contre Toronto, il signe 19pts dont 13 dans les 10 dernières minutes pour assurer la victoire après qu’un fan des Raptors au bord du parquet l’ait chambré.

Noah ira même déclarer que c’est grâce à l’apport d’Augustin qu’il a été sélectionné au All Star Game ! DJ avait besoin de se relancer et les Bulls cherchaient un meneur après la blessure de Rose et le niveau de jeu épouvantable de Marquis Teague qui s’avère être une vraie erreur de casting et qui sera finalement expédié à Brooklyn courant janvier. Parfaitement intégré, Augustin relance sa carrière et enflamme le United Center, formant avec Joakim Noah la base qui permet à l’équipe de continuer à lutter pour les Play-Offs, avec 7 victoires sur les 9 matchs suivant la coupure All Star, ou Joakim Noah réalise notamment 2 nouveaux Triple Doubles retentissant (13pts, 12rbs et 14asts face aux Knicks et 10pts, 11rbs, 11asts à Detroit 3 jours plus tard). Après ce match dans le Michigan les Bulls affichent un bilan de 34-27 inespéré pour les dirigeants qui décident alors de déclarer qu’ils ne visaient jamais une fin de saison tronquée pour chercher un bon pick de Draft. Désormais c’est vers les Play-Offs que sont tournées toutes les têtes.

Néanmoins le mois de mars sera marqué par l’irrégularité de ce groupe dont on devine la fatigue à cause d’une énorme débauche d’énergie chaque soir et un effectif limité en nombre mais aussi parce que Thibodeau laisse souvent les mêmes joueurs sur le parquet et n’économise pas ses titulaires. Butler, qui est devenu le remplaçant de Luol Deng dans le coeur de Thibs, passe près de 38 mins par soir sur les parquets, dont un record de 60 mins lors du match en 3 OT à Orlando en janvier ! Forcément il a du mal à suivre physiquement, avec quelques pépins aux chevilles notamment. Du coup Chicago signe l’arrière Jimmer Fredette pour finir la saison. Après le succès à Detroit, Chicago signe 1 défaite, 1 victoire, 1 défaite, 2 victoires, 1 défaite, 1 victoire, 1 défaite, 2 victoires, 1 défaite, ne parvenant pas à afficher une régularité qui leur permettrait de se démarquer clairement pour la meilleure place possible au classement.

DJ Augustin drives @ Hawks

Pourtant les Bulls sont toujours à la lutte avec Toronto pour s’adjuger la 3ème place de la conférence Est. Avec 10 matchs à jouer, Chicago est à 40-32, Toronto est à 41-31 et c’est la que les Bulls font mettre les bouchées doubles, signant 7 succès consécutifs et 8 victoires au total sur les 10 derniers matchs pour terminer avec un bilan de 48-34, exactement le même que les Raptors, qui s’adjugent cette 3ème place parce qu’ils ont remporté leur division, au contraire des Bulls qui finissent 2ème dans la leur. Ils terminent tout de même avec l’avantage du terrain pour ce 1er tour ou ils doivent affronter les Washington Wizards.

Mais dés la première action du Game 1 et un Dunk violent de Nené, on comprend que Washington arrive avec l’envie d’en découdre et d’imposer sa solidité physique à une équipe déjà sur les rotules après une fin de saison riche en débauche d’énergie. Chicago résiste et réussi même à prendre les devants à la pause (54-48), mais va craquer au fil des minutes, avec un DJ Augustin malmené par la défense adverse et surtout un duo Gortat/Nené qui aura énormément fait souffert le secteur intérieur adverse (39pts à 17/27, 21rbs pour la paire). Avec un 30-18 dans le dernier quart, Washington prend déjà l’avantage du terrain en menant 1-0.

Au Game 2, les Wizards prennent le meilleur départ mais dans un scénario inverse au 1er match, Chicago va cette fois prendre les devants et afficher plus de volonté pour accélérer le tempo et surprendre Washington. Un gros 3ème quart-temps permet aux Bulls, avec Augustin bien plus à l’aise pour imprimer le tempo et un Gibson excellent également en sortir de banc, de mener de 5pts. Mais alors qu’Hinrich met les siens à +6 à 3:53 de la fin, tout s’écroule et Chicago ne parvient plus à attaquer le cercle, ne prenant plus que des tirs lointains, sans réussite, pendant que Washington refait son retard et arrache une prolongation ou ils vont une nouvelle fois imposer leur puissance, Nené inscrivant 3 paniers de suite qui offrent une avance aux visiteurs que les Bulls ne pourront plus rattraper. La série part dans la capitale Américaine avec 2-0 en faveur des Wizards !

Mike Dunleavy Catch'n'Shoot @ Wizards G3

Il faudra un énorme Mike Dunleavy, auteur de 35pts avec un record de franchise de 8 paniers à 3pts inscrits (sur 10 tirs), pour permettre aux Bulls d’aller chercher une victoire précieuse à Washington au Game 3 (100-97), mais la réaction adverse va être trop forte pour Chicago, qui va passer le reste de la série à souffrir le martyr, entre une trop grosse fatigue mais aussi une équipe des Wizards qui a su appuyer sur les points faibles de Chicago en imposant le rythme et en attaquant le cercle à outrance pour toujours faire la différence. Washington prend le G4 à la maison malgré les 32 points à 13/16 de Taj Gibson (98-89), avant d’aller chercher sa qualification au United Center au Game 5 devant un public médusé, qui voit ses joueurs n’inscrire que 69 petits points à 33.3% dans un match ou il fallait tout donner pour ne pas se faire éliminer …

Une sortie prématurée accompagnée d’un niveau de jeu affligeant qui gâche la saison des Bulls, qui avaient réalisé un superbe parcours en 2014 pour aller chercher les Play-Offs contre la volonté de l’équipe dirigeante. De quoi gâcher aussi la splendide récompense obtenue par Joakim Noah, tout simplement désigné Defensive Player of the Year, devenant le 2ème joueur de l’histoire des Bulls à remporter ce titre après Jordan en 1988. Butler termine quand à lui dans le 2ème meilleur 5 défensif et ces 2 là ne sont pas étrangers au fait que Chicago n’aura encaissé que 91.8 points par match sur la saison régulière, soit la défense la plus hermétique de la ligue. Il fallait bien ça pour masquer la pire attaque de la NBA (30ème attaque et 30ème adresse, avec 93.7PPG à 43.2%) . Néanmoins la déception est de mise et la tension monte avec les fans qui, entre autre, réclament la tête d’un Boozer encore une fois transparent en Play-Off (9.6pts à 42.6%).

Aux dirigeants de toute faire également pour tenter de conserver DJ Augustin et éviter de faire une nouvelle Nate Robinson, ainsi que de trouver comment permettre à cette équipe de redevenir compétitive, en gardant à l’esprit qu’on ne peut deviner comment sera Derrick Rose quand il reviendra enfin. Beaucoup de données à étudier sérieusement pour ne pas, une nouvelle fois, se vautrer.

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Bilan : 48-34
Classement : 2èmes de la Central Division, 4èmes de la Conférence Est
Attaque : 93.7PPG (30èmes sur 30)
Défense : 91.8PPG (1ers sur 30)
Meilleur marqueur : DJ Augustin (14.9)
Meilleur rebondeur : Joakim Noah (11.3)
Meilleur passeur : Joakim Noah (5.4)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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