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La saison 2015/2016

15-16

Malgré un parcours en Play-Off supérieur à celui de la saison précédente, les Bulls savent que du changement est nécessaire pour avancer et ce qui était annoncé depuis des mois ne met pas longtemps à devenir officiel : Chicago se sépare de Tom Thibodeau ! Les trop nombreuses divergences d’opinion entre les dirigeants et le coaching staff auront eu raison de Thibs, qui part avec encore un an de contrat et surtout un bilan de 255-139, soit 64.7% de victoires, seul Phil Jackson a fait mieux avec la Franchise de l’Illinois ! Pour le remplacer, Gar Forman et John Paxson décident de faire confiance à Fred Hoiberg. Ancien joueur de la Franchise, cet ami proche des dirigeants est l’exact opposé de Thibodeau en terme de communication, de caractère et de philosophie Basket. Un virage à 360° totalement assumé de la part de « Gar/Pax », qui s’assure en premier lieu de ne plus avoir à subir des conflits au quotidien avec leur coach. Hoiberg signe un contrat de 5 ans et 25 millions de Dollars alors qu’il n’a encore jamais officié en NBA, puis construit son staff autour de Jim Boylen, Pete Myers ou encore un autre ex-Bull Randy Brown. Pendant ce temps, Taj Gibson subit une opération à la cheville qui le tiendra éloigné du Basket pour tout l’été, tandis que Kirk Hinrich est prolongé d’un an et que Chicago repart de la Draft avec l’intérieur Bobby Portis.

Portis sera la seule nouvelle tête dans le roster au moment de reprendre les entraînements fin septembre, car si les dirigeants ont prolongé Aaron Brooks et Moore pour un an, Dunleavy pour 3 ans et trouver un terrain d’entente avec Jimmy Butler pour un contrat à hauteur de 95 millions de Dollars sur 5 ans, soit le même contrat signé par Rose en 2011, aucune autre arrivée n’est à signaler, tandis que Mike Dunleavy annonce fin septembre qu’il doit subir une opération du dos et manquera une grande partie de la saison régulière ! Pas de quoi débuter dans les meilleurs conditions d’autant qu’au bout de 30 mins lors du 1er entraînement de la saison, Derrick Rose est au sol et se tord de douleur. Sur un pick’n’roll tout ce qu’il y a de plus banal, il prend le coude de Taj Gibson au visage et se fait une fracture de l’orbite gauche. L’opération est nécessaire et Rose va manquer la quasi totalité de la pré-saison, ne revenant que pour le dernier match avant le début de la saison régulière.

Une saison régulière qui démarre à domicile face à … Cleveland, le bourreau de la saison précédente ! Et comme lors des PO quelques mois plut tôt, l’opposition est équilibrée même si les Bulls font la course en tête pendant pratiquement toute la rencontre. Ils mènent encore de 8pts à l’entame de la dernière minute avant que Kevin Love ne rentre 2 paniers à 3pts pour relancer le match. LeBron James a la balle d’égalisation et file au cercle dans les dernières secondes mais se fait bâcher par Pau Gasol dans un vacarme fou au United Center ! Butler intercepte la remise en jeu avec 2 secondes au chrono et offre à Hoiberg son premier succès en NBA, qui sera enchaîné d’une victoire de 15pts sur le parquet des Nets, 115-100.

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Mais les premiers accrocs ne vont pas tarder à arriver. A Detroit, les Pistons s’imposent en prolongation grâce notamment aux 20pts et 20 rebonds dont 9 offensifs d’Andre Drummond. Ce soir là les locaux vont même capter 61 rebonds dont 20 offensifs devant des Bulls impuissants. Quelques jours plus tard, c’est à Charlotte que l’équipe prend l’eau : une défaite 130-105 avec encore une énorme différence aux rebonds (52 à 33) ! Débute alors une série assez invraisemblable ou Chicago est capable de battre Oklahoma City (avec notamment 29pts d’un Derrick Rose qui retrouve ses sensations malgré un masque qui gène encore sa vision), comme de perdre 2 jours plus tard contre Minnesota ! Les Bulls prennent leur revanche sur les Hornets au United Center avant de l’emporter face à Indiana grâce à un contre décisif de Butler sur Paul George au buzzer, puis de débuter leur traditionnel Circus Trip à l’Ouest en s’imposant sur les parquets de Phoenix et de Portland.

Les résultats sont là avec même un beau succès face à San Antonio pour conclure novembre sur une bonne note et un bilan de 10-5, mais le manque de complémentarité et l’inconstance des cadres, notamment au niveau de l’état de santé, peine à en faire une équipe résolument capable de viser très haut. Rose manque 2 matchs à cause de douleurs à la cheville, Brooks et Hinrich connaissent eux aussi quelques passages à l’infirmerie tandis que les hésitations d’Hoiberg pour installer définitivement ses rotations laissent perplexes. Entre la titularisation surprise de Tony Snell depuis le début de saison et une association Gasol/Mirotic à l’intérieur qui laisse peu de marge d’erreur, beaucoup de questions se posent sur ce qu’Hoiberg cherche vraiment à mettre en place. Mais son plus gros changement aura été d’écarter Joakim Noah ! Ne souhaitant pas aligner la paire Gasol/Noah ensemble, ce qui est compréhensible vu leur incapacité à fonctionner correctement la saison précédente, le nouveau coach des Bulls a tranché et donné sa préférence à l’Espagnol, d’autant que le Français sort d’une saison pénible ou il s’est mal remis d’une opération à un genou. Celui qui aura été l’âme des Bulls pendant plusieurs saisons et leur leader charismatique est relégué à un rôle de second couteau qu’il a du mal à assumer, mais il n’est pas au bout de ses peines …

Le 21 décembre face à Brooklyn, Noah se disloque l’épaule sur une lutte au rebond et sort en se tordant de douleur. Il devra passer quelques semaines sur la touche, tandis que son équipe est en pleine déconfiture avec 3 défaites consécutives dont une après 4 prolongation contre les Pistons (!!) puis des déclarations polémiques de Jimmy Butler concernant Fred Hoiberg. Dans la presse, le All Star des Bulls déclare que son nouveau coach est « trop gentil et doit apprendre à nous coacher plus durement. Quand les gars ne font pas ce qu’ils sont supposés faire, il faut leur rentrer dedans, moi inclus ». Beaucoup plus relax que son prédécesseur Tom Thibodeau et ses méthodes quasi militaires, Hoiberg peine à faire passer ses idées. Son plan est de mettre en place un jeu résolument offensif avec des possessions rapides et carte blanche pour les shooteurs, le problème c’est que l’équilibre défensif devient quasi inexistant. Un succès à Oklahoma le soir de noël permet d’apaiser les tensions et de lancer une série de 7 victoires en 8 matchs, mais cette période restera comme le meilleur moment de la saison …

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Au 7 janvier les Bulls affichent un bilan plus qu’honnête, même si en trompe l’oeil, de 22-12. Mais 2 humiliations à Atlanta (-15, 120pts encaissés) puis à domicile contre Washington (-14, 114pts pris) vont mettre à mal le faible équilibre de ce groupe, tandis que seul un match exceptionnel de Jimmy Butler à Philadelphie permet à l’équipe de ne pas couler. Mené tout au long du match, Chicago, privé de Rose pour cause de tendinite, a toutes les peines du monde à revenir face à une formation remplie de blessés mais qui joue crânement sa chance. Au fil des minutes Butler prend les choses en main et multiplie les actions d’éclats, mais les 76ers comptent 14pts d’avance au milieu du 3ème quart et même encore 10 avec 10 minutes à jouer. Butler réveille les siens avec 4 paniers et 2 assists en 4 minutes pour réduire l’écart à 3pts. Il va même finir par mettre les siens devant sur un And One en force qui lui permet de dépasser les 50pts sur ce match, devenant le 4ème Bull de l’histoire à atteindre un tel chiffre ! Mais la rencontre n’est pas encore gagnée et Ish Smith arrache une OT dans laquelle E’Twaun Moore signe les 7 premiers points de son équipe avant que Butler ne finisse le travail. Score final 115-111 et Butler termine avec 53pts à 15/30 aux tirs, 2/4 à 3pts, 21/25 aux lancés, 10rbs, 6asts, 3stl !

Une ligne de stat historique qui lui permet de rejoindre Michael Jordan, Chet Walker et Jamal Crawford dans la liste des Bulls à 50 points ou plus, mais à peine le temps de fêter un tel exploit que la malédiction des Bulls va de nouveau frapper : Le 15 janvier, au lendemain de cette performance de choix, les Bulls s’inclinent à domicile contre Dallas mais vont surtout perdre Joakim Noah ! Revenu depuis 3 matchs seulement après son épaule disloquée en décembre, le pivot Français se fait cette fois une déchirure de cette même épaule sur un contact anodin. Cette fois, l’opération est nécessaire et sa saison est terminée ! Un coup dur pour l’équipe mais aussi pour le joueur, qui souhaitait réussir une grosse saison car en fin de contrat en juin. On ne le sait pas à ce moment là, mais ces images de Noah qui court au vestiaire en se tenant l’épaule et en grimaçant sont ses derniers moments avec un maillot des Bulls …

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Et ce n’est pas fini ! Le 27 janvier, Nikola Mirotic est opéré d’urgence d’une appendicite aiguë et son retour n’est pas prévu avant mars dans le meilleur des cas. Pire encore : le 6 février, alors qu’il se dirigeait aisément vers une nouvelle sélection au All Star Game, Butler se fait une entorse du genou gauche, l’envoyant à l’infirmerie pour un bon mois. Une blessure qui intervient le jour même du retour de Mike Dunleavy, qui n’avait pas encore joué de la saison … Privés de ces nombreuses options, plus Derrick Rose qui manque un match par ci par là à cause de ses genoux, l’équipe peine logiquement à afficher une régularité et une combativité de tout les instants ! Une défaite 120-93 sur le parquet des Clippers le 31 janvier débute une série de 16 rencontres consécutives ou les Bulls vont encaisser au moins 100pts, avec quelques cartons en route : 115 à Denver, 112 à Minnesota, 113 à Atlanta et même 129 à Miami, l’une des pires attaque de la ligue ! Bilan de ces 16 matchs ? 5-11, donc un succès face aux Rockets lors du dernier match de cette série, soir ou Jimmy Butler et Nikola Mirotic reviennent de blessure en même temps, mais l’ailier All Star revient trop tôt et son genou enfle dés le lendemain, le forçant à manquer 3 matchs supplémentaires.

Dans le même temps les dirigeants ont décidé de se séparer de tout ce qui représentait encore un peu d’histoire dans l’équipe, en tradant Kirk Hinrich à Atlanta contre Justin Holiday. Un trade que les autres joueurs ne vont pas digérer et des clans se forment dans le vestiaire, signant l’implosion définitive de ce groupe dont la chute semble ne plus avoir de fin. Une série de 3 succès mi mars est enchaînée par 4 défaites, dont 2 face à New York, qui font basculer le bilan en négatif pour la 1ère fois de la saison (36-37). 2 victoires sur les parquets d’Indiana et Houston permettent de mieux finir le mois de mars mais Taj Gibson se fracture une côte dans le Texas et met un terme à sa saison. Il est rejoint 4 jours plus tard par E’Twaun Moore, touché à la cuisse et qui avait déjà manqué des matchs en mars.

Le groupe est au plus mal, physiquement et mentalement. Les quelques exploits de Butler et la bonne progression de Doug McDermott, chouchou d’Hoiberg qui aura vu son temps de jeu exploser et ses responsabilités accrues en attaque, ne suffisent pas à masquer toutes les carences de ce groupe, qui manque cruellement de ce qui faisait son succès les saisons précédentes : l’énergie, la combativité, la faim, la hargne, la volonté, l’état d’esprit collectif. Tout ceci a disparu et chacun semble rejeter la faute sur les autres sans assumer son rôle de leader. Il n’y a plus de cohésion dans ce groupe et le simple fait que Noah ait choisi de poursuivre sa rééducation loin de Chicago est un signe qui ne trompe pas. Après 2 nouvelles défaites à Memphis et Miami, les Bulls sont à 39-40 mais avec encore une infime chance de se qualifier pour les Play-Offs : ils doivent gagner leurs 3 matchs restants tout en comptant sur un effondrement des Pacers. Au matin d’un match contre Cleveland, Hoiberg décide d’inclure dans un montage vidéo des extraits du film Dumb & Dumber, le message étant que même s’il reste une chance, aussi petite soit elle, il faut y croire. Le soir même, Chicago bat une équipe de Cleveland qui reposait ses cadres en vue des Play-Offs, mais la victoire d’Indiana dans le même temps met rapidement un terme au suspense, les Bulls n’iront pas en PO pour la première fois depuis 2008 !

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Dés lors Rose et Gasol décident de ne pas jouer les 2 derniers matchs, au contraire de Butler qui insiste pour les disputer, signant un Triple Double lors du dernier match, un succès compliqué 115-105 à domicile contre Philadelphie qui porte le bilan final de la saison à 42-40. Dés le match terminé, Gar Forman et surtout John Paxson donnent une conférence de presse salée donc voici quelques extraits :

« Ce groupe qu’on a reconduit, nous pensions vraiment qu’il avait la possibilité de faire quelque chose de grand dans la conférence Est. Force est de constater que ça ne s’est pas déroulé comme ça et c’est notre plus gros regret. Je pense que tout ceux qui nous ont vu jouer cette saison ont observé une équipe qui n’avait pas cette dureté et cette force collective pour lutter face à l’adversité et c’est ce qui est le plus décevant pour moi. »

« Je ne pense pas que notre alchimie était bonne. Pour une raison ou une autre notre vestiaire n’était pas tel que nous le voulions. »

« Nous n’avons pas été bons défensivement, surtout sur le plan individuel. Nous n’arrivions pas à garder nos adversaires en face de nous et c’est important. Ça démarre par nos arrières et surtout notre meneur, qui doit donner le ton. »

« Nous avons besoin d’une meilleure mentalité et d’une identité forte en tant qu’équipe. Parfois c’est trop parti un peu dans tout les sens. Concernant le leadership, mon opinion est que si tu parles trop de leadership, tu n’obtiendras probablement pas ce que tu souhaites de tes coéquipiers. »

« Tout le monde sait que je serais toujours derrière un groupe qui se bat plutôt qu’un groupe passif. On a besoin de plus de gars comme ça. Il y a eu ce match contre les Clippers à la maison, ou Blake Griffin est éjecté pour une faute très dur sur Gibson qui reste au sol, et ce que j’ai vu ce soir la est une équipe qui n’est pas allée à sa défense. Personne n’est venu protéger Taj et c’est désolant. Puis il y a eu ces défaites à la maison ou on abandonne une bonne avance, le match contre Phoenix me vient en tête. »

« Il est évident que le roster sera différent lorsque nous reviendrons. »

Une dernière phrase qui en dit long sur l’été qui attend les Bulls, qui auront fêter leurs 50 ans d’existence de la pire des manières qui soit, entre l’absence de Play-Offs, le départ d’Hinrich et la perte de leur record historique de victoires en saison régulière (les Golden State Warriors signent un invraisemblable 73-9 pour effacer des tablettes le 72-10 historique de la saison 95/96), tout aura été contre Chicago, qui sait que l’heure est au grand chamboulement afin de repartir de l’avant !

Bilan : 42-40
Classement : 4èmes de la Central Division, 9èmes de la Conférence Est
Attaque : 101.6 PPG (21èmes sur 30)
Défense : 103.1 PPG (16èmes sur 30)
Meilleur marqueur : Jimmy Butler (20.9)
Meilleur rebondeur : Pau Gasol (11.0)
Meilleur passeur : Jimmy Butler (4.8)

Crédit Montage : Laurent Rullier (Basket Rétro)

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